30.05.2008
Le travail, c'est la santé !
Quand on fouille dans son passé, on se le remémorre par périodes. Certains ont eu leur période The Cure ou Indochine, au choix, avec maquillage blafard et cheveux noirs ébouriffés, d'autres leurs périodes Manu, Antoine, Fred ou Kevin du nom de leurs petits amis successifs.
Pour moi, rien de tout cela. J'ai eu ma période docker, ma période routier et ma période valse de Vienne. A la vue de ces périodes, vous vous dites, sans doute incrédule (du moins je l'espère !) Louise, dans sa jeunesse, se serait donc tapé Nanard le roi du 38 tonnes, Gégé le docker tatoué, puis Hanz le danseur autrichien. Vous y êtes presque.
Presque je vous dis, ce qui signifie "pas tout à fait" quand même.
Commençons par mes périodes docker et routier. Vous n'êtes pas sans savoir que Le Havre est un port de commerce. Par conséquent, il arrive souvent que les étudiants de la ville bossent dans des secteurs qui s'y rapportent. J'ai donc été "docker". C'est ainsi que je me suis retrouvée un lundi matin, envoyée par le transitaire qui m'employait, sur un bateau polonais : obligée de trinquer à la vodka avec le capitaine du navire à 9 heures du matin. Dur, mais il fallait bien ça pour me remettre de la visite du navire au milieu de mécaniciens polonais la bave au menton qui semblaient ne pas avoir vu un être de sexe féminin depuis au moins trois ans ! Quelques temps plus tard, le même Capitaine, de retour au Havre, a foncé dans la digue avec son navire (rien que ça), on a vaguement parlé d'ivresse dans Le Havre Libre...
Ensuite, j'ai été routier moi, Madame. J'ai même bossé au centre routier du Havre, sur la zone industrielle. Au rez de chaussée se trouvent la cafétéria et les douches. Mon patron a toujours refusé que j'aille à la Cafétéria. La secrétaire avait bien tenté l'expérience une fois mais elle avait eu droit à une main aux fesses. C'est donc le patron qui allait chercher les cafés pour les employées ! Même monter l'escalier pour venir bosser ou le descendre pour rejoindre le parking était une épreuve. Il fallait vérifier que l'affréteur voisin ne se trouvait pas dans le couloir à ce moment. Le type, obsédé de la petite culotte, pouvait rester des heures sous l'escalier afin de regarder sous les jupes des dames quand celles-ci descendaient les marches. Quand, par chance, je regagnais le parking sans heurt, je devais parfois croiser quelques routiers. L'un d'eux ouvrit grands ses bras et me dis : "Alors ma belle, c'est moi que tu viens voir ?"
- Ca me ferait mal, vous pourriez être mon grand-père ! lui répondis-je.
Mais il ne l'entendit pas de la sorte me rétorquant : "Espèce de petite salope !"
Si par malheur j'avais laissé la fenêtre entrouverte parce qu'il faisait chaud, je retrouvais systématiquement des magazines pornos sur les sièges.
Bref, une expérience professionnelle fort enrichissante !
Enfin, j'ai eu ma période Valse de Vienne. Un été, je suis allée travailler dans une société de fabrication de bouteilles en plastique à Bregenz, sur le Lac de Constance, côté Autriche. Je ne sais même plus ce que je faisais. Ah oui, ça me revient : rien ! mais j'étais super bien payée pour ce dur labeur. Il m'arrivait d'avoir à apporter des plans au responsable de la chaîne de fabrication. Je devais alors traverser tous les ateliers et, à chaque fois, j'avais le droit à un concert de sifflets de tous les ouvriers ( pourtant je n'ôtais pas mon tee-shirt comme le livreur de la pub Coca cola !) Si je réfléchis bien, devant faire cela plusieurs fois par jour, c'est sans doute pour cette raison que j'étais si bien payée ! Ca le méritait !!! Donc, voilà en quoi consistait mon boulot ...
Et puis, j'ai été invitée à la fête que donnait la boite pour les congés annuels. La fiesta a commencé l'après-midi au bar de l'entreprise. Bon sang, je n'ai jamais vu un bar pareil dans une entreprise française. Comme j'étais la petite étrangère, tout le monde a voulu trinquer avec moi. A 15 heures, j'avais déjà du mal à tenir debout sans l'aide du bar. Vers 18 heures, le big boss est arrivé au volant de ... son hélicoptère. La classe ! A 21 heures, Big Boss avait largement rattrapé son retard en matière d'alcoolémie. Je ne saurais vous dire à quel degré d'alcoolémie il est préférable de ne plus conduire son hélico ! Mais bon, Big Boss s'en foutait car il avait aussi un chauffeur pour sa Jaguar. Comme j'étais la petite étrangère, on m'a présentée à Big Boss et l'on m'a assise à sa droite : honneur suprême ! Et puis, musique il y eut. Tradition oblige, on mit les valses de Vienne. Comme j'étais la petite étrangère, Big Boss décréta que je devais ouvrir le bal en sa compagnie. Silence dans les rangs. On entendit les premières mesures de la Valse de l'Empereur, Big Boss m'enlaça puis nous nous élançames sur la piste pour finir, en moins de trois secondes, les quatre fers en l'air devant une assemblée médusée, Big Boos m'écrasant de tout son poids, sa tête entre mes seins. C'est le lendemain que j'ai reçu mon gros chèque ! Voilà pour ma période Valse de Vienne.
Alors maintenant, qui veut m'embaucher ?
07:00 Lien permanent | Commentaires (41) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, souvenirs, boulot