11.12.2007

J'ai reçu un prix littéraire !

L'automne est LA saison des prix littéraires : Goncourt, Académie Française, Goncourt des lycéens, Fémina, etc ... Tout le monde y va de son petit prognostic et tout le monde essaie de gagner même si les moyens mis en place sont parfois contestables. Je pense à Amélie Nothomb pour le Goncourt ! Mais ce qui rassure, c'est qu'elle et son éditeur ne l'ont pas emporté au paradis. Cessons, je ne suis pas là pour discuter de la légitimité ou non de tel ou tel auteur primé.

Je suis là pour vous annoncer que moi aussi je suis un auteur au talent reconnu par la profession. Je ne sais pas d'ou je tiens mon talent. Peut-être de l'immeuble ou j'habite.

Vous n'êtes pas sans savoir que j'habite dans le Vème arrondissement de Paris, celui des intellos, celui des sciences, celui de la culture, celui des grandes écoles, celui des grandes facultés,  celui des grandes librairies, celui de la recherche. Je m'arrète là, vous avez compris. Cette concentration du savoir attire les intellectuels de toute la planète, d'ou un brassage important de gens venus de tous horizons. Ainsi, mon immeuble est tout à fait représentatif de la population du Vème. Au premier étage, deux chiliens professeurs chercheurs à l'UFR d'espagnol. Le deuxième étage est l'exception qui confirme la règle : pas un seul cerveau au dessus de la moyenne nationale (pfff !) puisque nous avons un représentant du monde de la comptabilité et un spécimen issu du merchandising (un mot à vomir). Au troisième : un médecin chercheur spécialisé dans le virus du Sida. Au quatrième (mon étage !), à ma droite un chercheur en géophysique collègue d'Allègre et à ma gauche un couple de chercheurs en philosophie médiévale allemande (si, si, ç'est possible ! Pour vous situer le niveau, lui vient de remporter le grand prix de philosophie de l'Académie Française, prix remis une fois tous les quatre ans, pour son ouvrage : "Le partage des idées. Etudes sur la forme des philosophies". Ne me demandez pas si je l'ai lu !). Entre les deux, il y a nous, Alex et moi même, un peu perdus mais nous amusant follement quand ma voisine géophysicienne vient me dire d'un air entendu que "les recherches de notre voisin philosophe sont d'un compliqué ! "  C'est sur que la géophysique c'est beaucoup plus simple !!!!! Au cinquième étage, des mathématiciens ouzbeks et des chimistes uruguayens, mais pas du mathématicien ou du chimiste de base, du chercheur, du vrai. Au sixième étage, un architecte : on se demande vraiment ce qu'il fait là lui. Tout cela pour vous dire que ma petite famille baigne dans un océan de connaissance qui influe certainement sur nous.

Dans notre appartement (quatrième étage, porte face), point de chercheurs, si ce n'est en pièces de Légo coincées entre deux lattes de parquet.  Ici vit, à priori, une famille lambda. Mais parfois les apparences sont trompeuses car derrière cette façade anodine se cache une intellectuelle aux talents reconnus depuis belle lurette, un écrivain, une poêtesse. J'ai nommé : Louise !!! Et oui, moi aussi j'ai eu un prix (y a pas de raison !) et pas n'importe lequel. J'ai reçu un premier prix de poésie.

Ce prix m'a été descerné il y a bien longtemps. Parce que vous croyez que le talent vient comme ça du jour au lendemain, à trente cinq ans, vous ? Non, le talent on l'a ou on ne l'a pas. Le talent, on nait avec. Puis on le travaille, sinon il disparait . De fait, j'ai commencé à écrire toute petite : au CP pour être précise. (ah bon, vous aussi ? ) J'ai travaillé, travaillé. Et un jour, un évènement majeur a révélé mon don. (Ca se passe toujours ainsi.) J'avais huit ans et comme chaque mercredi, ma mère nous enmenait mon frère et moi à la bibliothèque municipale du Havre. Au moment d'enregistrer les livres que nous avions choisis pour la semaine, Maman vit une petite affiche : "Grand concours de Poésie pour les enfants." Une fois rentrés à la maison, nous nous attelâmes à la tâche et rédigeames un poême. J'écrivis un texte qui parlait du printemps. Je me souviens encore de certaines phrases : "Les jonquilles font éclore leur bouton parmi l'herbe tendre et odorante."  "Les fleurs renaissent en choeur." La semaine suivante, nous déposames nos oeuvres à la bibliothèque. Les résultats seraient connus d'ici un mois. Le mois se passa, nous oubliames le concours. Mais un matin, un courrier dans la boite aux lettres m'informa que j'avais remporté le concours dans ma catégorie. Je reçus pour récompense le livre "La poésie égyptienne sous l'Antiquité " et un petit diplôme. (et oui, c'est le genre de cadeau que reçoivent les intellectuels de huit ans, vous ne pouvez pas comprendre !) J'étais très fière de moi et j'ai conservé ce poème.

Même Amélie Nothomb n'a pas eu de prix à huit ans ! Alors je ne désespère pas un jour d'en gagner un autre. N'importe lequel, je ne suis pas bégueule. Qu'ils me décernent le prix du meilleur roman de gare me conviendrait tout à fait. Ou alors le prix Harlequin. Ecrire comme Barbara Cartland me satisferait pleinement, surtout au vu du compte en banque de la rose dame de son vivant.

Et vous, quel prix me décerneriez-vous donc ? (Le prix de la mégalomanie, je l'ai déjà reçu !)

 

PS : quand je retournerai chez mes parents, je chercherai ce poême pour vous le faire lire surr mon blog ensuite.