10.01.2008

Une semaine de décembre à Audierne.

Pendant ces vacances à Audierne, jai acheté un très joli petit livre à la couverture cartonnée imitant les livres anciens en cuir relié. Point de bandeau d'un rouge agressif sur le dessus afin d'attirer les lecteur, juste un titre noir sur fond beige. Un petit livre qu'on laisse traîner une fois lu, car il est joli, car il m'évoque les livres que ma grand-mère avait reçus à l'école et qu'elle m'avait offert par la suite et qui trônent toujours dans ma bibliothèque d'enfant (c'était l'oeuvre complète de la Comtesse de Ségur).

Bien sûr, pour l'acheter, il fallait que le titre et le résumé me séduisent. Pour le titre, cela n'a pas été trop difficile : "Une semaine de décembre à Audierne", c'était tout à fait approprié. Nous étions en décembre et nous étions à Audierne, un petit port de pêche finistérien à quinze kilomètres de la Pointe du Raz, pour une semaine. Cependant, la partie n'était toujours pas gagnée pour l'auteur Vincent Mével, un nom qui fleure bon la Bretagne : encore fallait-il que le résumé soit à la hauteur de mes espérances.

Le petit plus qui a fait que j'ai acheté ce livre a été cette phrase : "Qui n'a jamais rêvé de se retrouver, seul, une semaine, sans conjoint, sans enfant, libre de son temps, libre de ses rêveries dans la douceur inattendue d'un mois de décembre". Oh oui, je rêve de me retrouver seule pour non pas une mais deux semaines dans notre maison audiernaise. Je rêve d'être installée à un petit bureau qui ferait face à la mer. Je m'y installerais dès huit heures du matin pour écrire mille et une histoires puis, en fin d'après-midi, j'irais faire une longue promenade vivifiante sur la grêve avant de rentrer à la maison ou je lirais toute la soirée et une bonne partie de la nuit. Pas de mari, pas d'enfants qui m'interrompraient à tout propos. Juste la beauté du paysage, des livres, des feuilles et un stylo. C'est peu de choses, mais quand on a deux petits à élever c'est difficile, voire impossible d'avoir deux semaines pour soi.

Voilà comment Vincent Mével a gagné ! J'ai finalement acheté son bouquin.

Confortablement installée dans la véranda, face au môle d'Audierne, j'ai lu ou plutôt dévoré le livre. Pour qui connaît un tant soit peu Audierne et le Cap Sizun (le pays qui va de la commune de Plouhinec à la Pointe du Raz), tout y est : les paysages, la cuisine (l'auteur est un gourmet : entre deux mets délicats arrosés de vins fins, il écrit. Bon sang que ce livre donne faim. On a envie de se mettre à table à chaque page. Mais je m'inquiète pour l'auteur, il y a fort à parier qu'il fasse du cholestérol !), les histoires de bistrot et d'alcooliques notoires, les vieilles hsitoires datant de la Seconde Guerre Mondiale que tout habitant du coin se fera un devoir de vous conter, les problèmes de suicide, les ragots qui déferlent sur Audierne comme les vagues sur le Môle d'Audierne par jour de tempête, et puis les figures locales tels le cordonnier rock'n roll Gildas qui met un temps fou à ressemeler une paire de chaussures (sauf si, comme moi, vous lui faites votre plus beau sourire et plaisantez deux trois minutes avec lui : il a réparé mes escarpins en trois jours, un miracle !), le taxi Manu avec qui j'ai fait pas mal de fêtes quand j'étais jeune et que nous nous retrouvions tous à la Belle Epoque ou à La Casba, la discothèque du coin qui a fermé depuis) et même mon oncle que l'auteur nomme au début d'un chapitre.

Ce qui est très agréable avec ce livre, c'est qu'il mélange fiction et réalité, personnages sortis de l'imagination de l'auteur et personnes vivantes qu'on croise chaque jour sur les quais. un pur moment de délice.

J'aurais cependant une petite réserve à émettre : était-ce bien nécessaire de parler de bars de palaces et de Cristal Roederer ? Je trouve que ces petits "snobismes parisiens" n'avaient pas forcément lieu d'être dans ce livre sur Audierne.Mais c'est peut-être tout simplement parce qu'au Cristal Roederer que je trouve un tantinet trop sec et brut, je préfère un Deutz plus féminin et délicat. Enfin, je précise cela au cas ou Vincent Mével voudrait m'offrir une coupe de champagne le jour ou il me croisera sur le quai à Audierne !

 Très bonne lecture à tous. A déguster sans modération !

 

P.S. destiné à l'auteur s'il lui arrivait de lire cette note : le meilleur pâté de campagne n'est pas celui qu'on achète au marché le samedi matin, juste devant la Cambuse, mais celui du jeune charcutier Leborgne (face à la salle omnisport), un régal qu'on peut déguster avec une tranche de pain au sarrazin de chez Bourdon, même si, je vous l'accorde, ce n'est pas très conventionnel.

03.11.2007

Léger comme une bulle de Dompé, délicat comme un macaron à la rose de chez Ladurée.

Vous avez certainement entendu parler du premier roman de la bloggeuse Anne-Solange Tardy (son blog Cachemire et Soie figure parmi mes favoris) "La double vie de Pénélope B.", aux éditions First. Mais, l'avez-vous lu ?

Etant curieuse, je l'ai acheté. Oh, pas à sa sortie en aout, peu de libraires l'avaient fait venir dans leur magasin. J'ai attendu mon retour à Paris. Je suis allée à la FNAC mais il fallait le commander et ça m'ennuyait de devoir retourner le chercher quelques jours plus tard. Résultat, fin octobre, je ne l'avais toujours pas lu. Profitant d'un séjour de deux jours dans ma famille au Havre le week-end dernier, je me suis rendue à la Galerne (la meilleure librairie de la ville) dans l'espoir de le dénicher. Ils en avaient deux en rayon. je me suis saisie de l'un des exemplaires fort agréable à manier et à regarder avec sa couverture très girly. J'ai choisi d'attendre mon retour en train pour m'attaquer aux 342 pages (impressionnant pour une novice !).

Une fois installée dans le train, je commence à lire. J'entre très vite dans l'histoire. Le début me plait et, comme ça me plait, je décide de refermer le livre. Bah oui, c'est quand même plus agréable de lire dans le moelleux canapé de mon salon que dans la poisseuse banquette d'un train corail.

Arrivée à la maison, je m'installe donc confortablement et reprends ma lecture là ou je l'avais laissée. L'écriture est simple, fluide et raffinée. L'histoire est pleine de rebondissements. Soyons clairs, ça n'est pas du Amélie Nothomb mais ce n'est pas ce qu'on lui demande. Et puis moi, L'hygiène de l'assassin" me donne envie de me mettre à la diète illico presto tandis que là, c'est léger comme des bulles de champagne et cela m'incite à filer chez Fauchon m'offrir une tartelette au thé Darjeeling (je trouve que c'est encore meilleur que les macarons Ladurée que Pénélope dévore à longueur de blog). C'est pour les filles très filles : ça se lit comme on regarde Quand Harry rencontre Sally une après-midi de cocooning.

Peut-être ne suis-je pas très objective : ma grand-mère, une délicieuse vieille dame, s'appelle Solange comme la "moitié" de l'auteur, mon mari vient de Dinan comme la mère de l'héroine, enfin, Alex et moi avons effectué une partie de nos études à Rennes avant de rejoindre la capitale, comme Pénélope Beauchêne. Mais non, la lecture se poursuit et, en toute objectivité, c'est toujours aussi pétillant, féminin, délicat.

Un bonbon acidulé à déguster sans modération.