07.07.2008

Mon fonds de commerce.

images.jpgEn ce moment, j'ai des soucis.

Hé ho, parlez plus bas, j'entends vos commentaires désobligeants :

- Pauvre petite Louise, elle n'a pas été invitée à boire le champagne dans un établissement parisien depuis au moins deux semaines ?

- Ses escarpins Céline ont été rayés par inadvertance ?

 

Certes, ça aussi ce sont des gros soucis, mais le problème n'est pas là. Ce qui me préoccupe, c'est la répertorisation de mon blog. Vous comprenez maintenant le stress qui m'habite !!!

 

Dans quelle catégorie le ranger ?

 

Un blog de fille, un blog de mode ?

Je ne suis pas une fille, je suis une femme de trente-cinq ans (même si j'en parais vingt !!! et que je suis restée hyper jeune dans ma tête) avec un mari et deux enfants. La mode  et la beauté ? Certes j'en parle, mais ce n'est pas mon fonds de commerce. De plus, j'ai pratiquement autant de lecteurs que de lectrices.

 

Mais alors, c'est quoi mon fonds de commerce au juste ?

Du sérieux ? A doser quand même le sérieux, sinon vous allez tous ficher le camp chez des blogueurs plus amusants. Une nouvelle de temps à autre, un peu d'Histoire de France à ma sauce, une promenade par ci par là, quelques contes. Ho la, ça suffit comme ça pour le sérieux.

Des histoires de famille, de couple, de copines ? Seulement à la condition qu'elles soient déculpabilisantes : pas de mère parfaite ici, pas d'enfants super sages et pas de mari employé de banque qui rentre à la maison tous les soirs à 17h30 et puis regarde son match de foot en se curant le nez. Ici, c'est un mari proxénète, des enfants habitués aux urgences de Trousseau, Saint-Vincent de Paul et Necker, et enfin, une Maman qui parfois pète un cable parce qu'elle n'en peut plus de ses monstres, de ses copines alcooliques et des strip-teaseuses de son mari. Bref, une famille tout ce qu'il ya de plus normal : consternante de banalité.

Quelques conseils ? Comment divorcer pour une durée déterminée, comment tromper son mari grâce à Alibila ou à Meetic, comment gérer son mariage, comment gérer ses charmants enfants, comment gérer la garderie ou l'école, comment préparer un bon dîner de Noël, comment gérer sa mère ET sa belle-mère, etc ... Je tiens à préciser aux nouveaux venus, que tous ces conseils ne doivent absolument pas être suivis au pied de la lettre, sous peine de divorcer, voir vos enfants partir pour la DASS, empoisonner vos invités ou encore être assassinée par belle-maman.

Quelques textes qui je l'espère sont drôles ? Ici, mes lecteurs fidèles semblent les apprécier. Publiés sur d'autres sites, il arrive fréquemment qu'ils m'attirent des menaces de mort. On a voulu plusieurs fois me décapiter. Si vous n'aimez pas les sales petites bourgeoises, merci de quitter ce site avant tout geste qui pourrait se révéler fatal.

Un faible pour la petite noblesse  et la bourgeoisie de Province ? Familles Cyrillus, je vous aime !!! J'avoue, j'aurais quelques difficultés à parler du 93 ...  en plus, je n'en ai aucune envie. C'est dit. Et comme je serais l'image de la décadence de la noblesse française (?) ...

Ma vie ? Encore une qui parle de sa vie, dites-vous. Hé oui, parce que ma vie je la trouve formidable, sympa et qu'elle me plait. Pas comme la vôtre ...

Quelques affabulations ? Evidemment, vous êtes sur un blog là, pas à confesse !

Paris, Le Havre, Audierne ? Paris parce que j'y vis et plus précisément dans le Vème arrondissement( nous ne pensiez tout de même pas que je me serais abaissée à vivre Rive Droite ?), le Havre-Sainte-Adresse parce que j'y ai passé mon enfance et mon adolescence, Audierne parce que j'y passe mes vacances depuis que je suis née. Une vraie parisienne de province !!!

Des bêtises ?  Oh, si peu.

 

Si l'on additionne tous ces critères, je ne vois qu'une catégorie possible : "Le blog de Louise, inclassable !" ou alors peut-être dans "j'ai les chevilles qui enflent" ?

08.01.2008

Par une nuit de tempête.

En ce mois de février, la tempête faisait rage sur les côtes normandes. La plage du Havre-Sainte-Adresse était recouverte d'écume. Les galets étaient roulés par les vagues puissantes dans un bruit assourdissant. Le boulevard maritime qui longe la plage et sert habituellement de promenade dominicale était pratiquement désert ce jour là. Seuls quelques badauds arpentaient le bitume afin d'admirer les véliplanchistes bravant les éléments.

L'un de ces funboarders était un ami de mon frère. Ce copain, que j'appellerai Antoine, avait acheté une 4L pour transporter son matériel de planche à voile jusqu'au Cap de la Héve. C'est de cet endroit, au pied de la falaise, que les surfeurs s'élancent pour naviguer. Il faut emprunter une sorte de route qui surplombe légèrement la plage de galets puis s'arrête net. On ne peut pas aller plus loin car les éboulis de falaise empêchent toute progression. L'endroit est désert hormis les jours de tempête et certains soirs puisque c'est le lieux de rendez-vous des gays du coin, des amoureux et autres couples illégitimes.

Mais revenons à la 4L : Antoine l'avait peinte en vert fluorescent et y avait dessiné sur les côtés deux énormes requins, emblême de la marque de windsurf Mauï and Song. La voiture était ainsi reconnaissable entre toutes. Il arrivait qu'un de mes oncles nous dise : "Tiens, hier, j'ai vu la voiture de ton copain Antoine à tel ou tel endroit !"  On pouvait ainsi facilement reconstituer l'emploi du temps d'Antoine : untel l'avait vu au News, un autre à la plage, un troisième à la fac ...

Mais ce soir de février, la voiture  d'Antoine n'a pas été vue devant chez lui. Après avoir navigué, Antoine retrouva sa dernière conquête féminine, espérant bien conclure : le repos du guerrier après une bonne session de vent. Ne pouvant ramener la jeune fille chez lui et encore moins chez elle, les amoureux décidèrent de trouver un petit coin tranquille ou l'on ne les dérangerait pas. La 4L prit tout naturellement le chemin de la petite jetée au pied de la falaise. Antoine gara la 4L face à la mer. Les vagues venaient se briser sur le rebord de la jetée. Antoine entreprit alors son affaire. Il déshabilla conscienseusement la jeune fille qui en fit autant avec son amant. Mais alors que le jeune homme allait et venait, son genoux rencontra malheureusement le frein à main de la 4L. La voiture commença à avancer et glissa de la jetée dans la mer qui atteignait un mètre de profondeur à cet endroit du fait de la tempête. Les jeunes gens sortirent précipitamment et se retrouvèrent nus comme des vers dans une mer froide par une nuit de février ! Les pompiers furent appelés. La voiture serait récupérée par une dépanneuse le lendemain. Personne n'en saurait rien étant donné que le lieu était désert. 

Mais c'était sans compter sur la promenade matinale quotidienne de mon oncle. Sîtôt rentré chez lui, vers neuf heures, il nous appella à la maison : "J'ai vu la 4L d'Antoine dans la mer sous La Hève ! J'espère qu'il ne lui est rien arrivé ? "  Une heure plus tard, tout Le Havre était au courant des exploits d'Antoine et de sa douce qui, en plus d'avoir eu une peur bleue, avait perdu sa petite culotte dans l'affaire !