04.06.2008

Girls in the city.

1709798963.jpgJe n'ai pas trop le temps ni l'envie de "bloguer" cette semaine, je suis trop occupée et accaparée par mes amies :

 

Dimanche : anniversaire de la fille d'une copine (j'ai été réquisitionnée pour cause d'affluence : 20 enfants qui ont hurlé et couru pendant trois heures !)

Lundi : paperasse, courses, maison et parc avec cinq copines et 9 gamins + 2 (2 sont encore dans le ventre de leur Maman, mais ça compte quand même car c'est à nous, les non-enceintes, que revient la pénible tâche de courir derrière les aînés quand ceux-ci ne sont pas sages, ce qui arrive relativement souvent.)

Mardi : café avec les copines le matin dans notre QG d'été (pour notre QG d'hiver, il suffit juste de traverser le carrefour) / parc l'après-midi. / Spectacle Fame au théâtre Comédia avec une amie. (sympa si on fait abstraction du côté Nouvelle Star. Mais on a quand même passé une bonne soirée.) / Dîner entre filles : qui dit dîner entre filles, dit papotage jusqu'à pas d'heure, dit picole l'air de rien, dit mercredi matin très très très difficile .

Mercredi : les enfants toute la journée ET comatage toute la journée. (et oui, tout se paie !) / Sex and the city au cinéma avec les copines, puis cocktail mais ce sera sans alcool cette fois (peux plus !).

Jeudi : soldes Presse chez Vanessa Bruno le matin / goûter et spectacle de magie à la Mairie du 5ème à l'occasion de la fête des Mères en fin d'après-midi : des gamins partout dans la salle des fêtes, heureusement qu'il y a quelque chose à boire pour les Mamans !

Vendredi : valises le matin car .... départ pour l'Ile de Ré l'après-midi.  Yes !!!! (Zut, car je râte l'anniversaire d'une amie. Mais en y réflêchissant bien, c'est sans doute mieux pour mon foie ? ).

 

Et oui, c'est un boulot à part entière Maman au foyer ! (pénible, difficile ... presqu'autant que de pousser des wagonnets au fond de la mine !)Au fait, quelqu'un pourrait-il m'indiquer le chemin qui mène à ma maison ? J'ai un peu tendance à l'oublier ces derniers temps ... Heureusement que le Papa fait moins de nuits ces temps-ci.

 Souhaitez-moi de bonnes vacances, j'ai vraiment besoin de me reposer.

17.05.2008

Fais gaffe !

850642947.jpgVendredi soir, Alex était invité à fêter l'anniversaire d'un établissement de striptease. Parfois je l'accompagne mais là, c'était professionnel. Oh oui, je vous entends tous vous gausser : " Ecoutez cette bonne Louise ! La pauvre, elle croit tout ce qu'on lui raconte."

-" Chérie, ce soir je vais dans une boîte à striptease, mais c'est pour le boulot, tu ne peux pas venir."

Je m'entends lui répondre :

- "Pas de souci, je m'occupe des enfants. Passe une bonne soirée."

Je devrais être canonisée pour cela. Mais, pour ceux d'entre vous qui ne le sauraient pas encore, mon mari travaille dans le milieu de la niiiiight et est en contact (pas trop prêt non plus, hein ?) avec des stripteaseuses chaque nuit. (Nan, ami lecteur, pas la peine de me demander des invitations, je ne veux pas être à l'origine de ton divorce) Alors, pour moi, les chaudes nuits de mon époux sont la routine.

 

Dans les dîners, inlassablement, on me demande :

-" Comment fais-tu pour supporter cela ? je refuserais que mon mari aille là toutes les nuits. Tu lui fais confiance ?"

Je réponds :

-" Bien sûr que je lui fais confiance. Comment font les gynécologues ? Ils ne sautent pas sur toutes leurs patientes ! Hé bien, Alex, c'est pareil. Et puis, regarde un peu ce qu'il a la maison : ni envie ni besoin d'aller voir ailleurs ! "

 

Mais voilà, je ments. Car la situation n'est pas des plus faciles à accepter. J'ai intérêt à me défendre bec et ongles si je ne veux pas que Monsieur aille voir sous les strings de ces Demoiselles à la poitrine agressive, à la fesse aguichante et à la jambe légère. J'ai posé mes conditions :

- Si jamais j'apprends que tu me trompes, je n'hésiterais pas une seule seconde à faire de même. D'ailleurs, il ne sera pas bien difficile de trouver un volontaire. Ton boss (canon qui pense avec sa b****) sera ravi de me rendre ce petit service. Après tu entendras dans les couloirs de ton bureau des paroles murmurées par tes collègues dès que tu auras le dos tourné : "il a trompé sa femme alors elle se tape le boss. "

Et ça, ce n'est jamais bon pour une petite promotion ...

 

Bah quoi, tous les moyens sont bons, non ?

16.05.2008

Pour Louise sonne le glas.

467795819.jpgChez moi, la mort tient une place importante en ce moment. Vous avez d'ailleurs pu le constater avec mes notes Cluedo qui relataient mon "assassinat" ou encore la fausse annonce concernant le vrai-faux décès de Pascal Sevran. De plus, nous avons décidé d'aller visiter les Catacombes à Paris (pas de chance, c'était exceptionnellement fermé ce dimanche) et nous n'avons de cesse de lire aux enfants des livres concernant les habitudes mortuaires des Egyptiens ou des Incas. Nous avons également une petite collection de crânes d'animaux trouvés ici ou là au gré de nos promenades. Ainsi que l'a fort bien dit Pierre Goubert dans son étude "Louis XIV et vingt millions de français", "le cimetière était au centre du village comme la mort était au centre de la vie", nous apprenons aux enfants que la mort fait partie de la vie, nous ne la cachons pas. Nous l'apprivoisons à notre manière, car, hélas, nous aurons affaire à elle un de ces jours. Je vous l'accorde, le plus tard sera le mieux.

 

A ma mort, je n'arrive pas à me décider : crémation ou inhumation ?

La crémation ? Le fait qu'il ne reste plus rien me gêne. De plus, je trouve le cérémonial de la crémation fort pénible pour les proches : attendre que la dépouille brûle dans ces énormes machines me déplait fortement. Je passe rapidement sur le coup de vent impromptu qui envoie vos cendres dans la décharge située derrière la plage plutôt qu'en mer ou il était prévu qu'à l'origine elles terminent leur course : "Zut, Louise s'est envolée vers la déchetterie !" ; reconnaissez que ça fait désordre. 

Parlons alors de l'inhumation. Je déteste les cercueils clinquants avec du taffetas à l'intérieur, le plus simple sera le mieux. Jeter une poignée de terre sur le cercueil d'un membre de ma famille prêt à être enterré est impossible à faire pour moi. Quant à la pensée d'être bouffée lentement mais sûrement par les petites bêtes,  ça me chagrine un tantinet. Enfin, être enterrée dans les affreux cimetières français et lequel (grande question !), ne me convient pas et le fait que cela oblige mes proches à entretenir ma foutue tombe en marbre horrible et froid ne m'incite guère à choisir cette solution. Je préfère qu'on se souvienne de moi comme ça, de temps en temps, au gré de ses humeurs, pas uniquement à la Toussaint parce qu'il faut.

En fait, il y a une solution qui me plairait. Mais hélas, elle n'existe pas encore en France et fait hurler les fous de la dalle en marbre rose. C'est la transformation de mes cendres en une pierre qu'on peut ensuite faire monter en bijou. C'est kitsch mais ça me plait ! Ainsi, je serai toujours encore un peu avec ma famille. Certes, il faut que je passe d'abord par la crémation mais je veux bien faire une petit effort. Et puis cette transformation de mon corps en cailloux ne se pratiquant que de l'autre côté de l'Atlantique, ce sera l'occasion pour mes enfants et pour moi dans ma petite urne de faire un petit voyage. Toutes les occasions sont bonnes !

Le problème de ma dépouille est donc réglé. (il va quand même falloir que je me décide à aller consigner tout cela chez le notaire. A bientôt quarante ans il est temps, sinon on va m'enterrer de force dans un cimetière qui ne me plaira pas quand ce sera mon heure)

 

Maintenant, se pose la question de la cérémonie.

Tout d'abord, seuls mon mari, mes deux garçons, mon père et ma mère et mon frère seront autorisés à voir ma dépouille à la morgue. Les autres ? Dégagez, y a rien à voir. Pas question que toute la smala défile devant moi comme en Bretagne pour voir quelle tenue je porte, comment je suis coiffée et si l'on m'a bien maquillée : "Tu as vu sa tête ? Ils ont forcé sur le rouge à lèvres. Même que ça déborde ! "  Je porterai un pantalon cigarette noir parce que je suis plus à l'aise en pantalon qu'en jupe, un haut blanc sobre, une écharpe rouge parce que sinon j'ai toujours mal à la gorge et que le rouge est ma couleur préférée, des ballerines noires et basta. Alex aura récupéré mon alliance et ma montre. je tiendrai dans mes mains des dessins de Franz et Henri, un petit objet que chacun de mes enfants aura bien voulu me remettre au moment de nous dire au revoir, de même pour Alex. J'aurai aussi une vieille paire de pointes datant de ma vie de danseuse. Et c'est tout parce que le cercueil du troisième millénaire ce n'est pas non plus le tombeau de Touthankamon ! Maintenant, vous pouvez m'embrasser si vous faites partie des six personnes autorisées et fermer cette p***** de boite.

Pour l'Eglise, j'ai ce qu'il faut : Saint-Médard ou rien et à condition que ce soit jour de marché , donc pas un lundi. Les fleurs ? Pas de tombe, pas de fleurs. Juste un bouquet de fleurs blanches (des pivoines si c'est la saison) sur mon cercueil. La musique ? Des extraits de la Sylphide ou du Royaume des Ombres de la Bayadère me satisferont pleinement, hommage discret à mes années de danse. Pas de curé qui dise à l'assemblée que j'ai pêché ! Merci mais je n'ai tué personne, seulement eu l'envie d'assassiner belle-maman et même si j'étais passée à l'acte, cela aurait été rendre service à beaucoup de monde. Maintenant que tous les problèmes d'ordre religieux sont réglés, on ne va pas rester une éternité ici (quoique, moi, maintenant, je pourrais), on a autre chose de plus intéressant à faire.

En effet, il suffit de traverser la rue pour qu'on se retrouve tous, enfin vous parce que moi je suis dorénavant condamnée, non, ni aux Limbes, ni à l'Enfer, je vous vois venir avec vos gros sabots ! mais au Paradis, moi aussi j'y ai droit ! Revenons à nos moutons : vous traversez la route car vous avez rendez-vous à l'étage du Saint-Médard : plus l'Eglise, le bar ! Ah, je sens que le sourire revient. C'est le curé qui a parlé mais c 'est vous qui avez soif ! Tout le monde prend un bon remontant et y va de sa petite anecdote sur la défunte, en l'occurence moi. 

" Mais, chut ! Son mari va faire son éloge funèbre," entend-on dans les rangs. En effet, comme j'avais envie de savoir ce que dirait de moi Alex dans un moment pareil, je lui ai expressément demandé de faire, un peu en avance, mon oraison. Voici ce que ça donne :

"Elle ressemblait de plus en plus à sa mère...il valait mieux qu'elle parte....d'elle même.... allez les filles, on y retourne?"

 

Mon Dieu, j'aurais mieux fait d'attendre d'être morte !

15.05.2008

Tout juste levée, mais déjà ...

806361855.jpgNotre appartement donne sur une artère très passante, il y a donc toujours des piétons qui marchent au pied de l'immeuble. Ce matin, à 7 heures, je me lève, encore toute endormie. Je porte un ensemble short - caraco en soie crême, tout simple, sans même un centimètre carré de dentelle. Je vais à la fenêtre et ouvre les volets. Machinalement, je jette un oeil en bas. A ce moment, un homme me regarde avec un grand sourire et me siffle tout en faisant un geste appréciateur de la main.

Voilà un homme heureux pour la journée !!!! Espérons qu'il ne ramène pas ses copains demain matin ... Qui sait, j'aurais peut-être droit à la sérénade ?

07.05.2008

Dur, dur d'être une Maman.

303898647.jpgSi je ne suis pas très présente sur la blogosphère, il y a deux raisons à cela. La première est la météo très clémente : je suis donc par monts et par vaux. Un blog, c'est bien en hiver quand il pleut ... La deuxième est un petit souci : les soucis bloquent totalement l'inspiration et ne donnent pas non plus l'envie d'aller voir chez les autres ce qui s'y passe.

 

Pendant les vacances, mon plus jeune fils, se met à boîter. Sans doute la croissance, pensai-je. Surtout que ce claudiquement diminue plus il marche et qu'il ne semble pas être douloureux pour Franz. Mais cette boiterie perdure et s'accentue. Mon petit garçon a de plus en plus de difficultés à monter et descendre les escaliers, bute dans toutes les aspérités du sol, devient pataud lorsqu'il marche : sa jambe droite le gêne de plus en plus. Mon coeur se serre à chaque fois que je le regarde avancer et je commence à m'inquiéter. Je pourrais aller chez un toubib sur mon lieu de  vacances mais je préfère attendre de voir le pédiatre des enfants en qui j'ai toute confiance.

Résultat, c'est l'angoisse totale pour moi, la Maman. J'imagine mon enfant immobilisé par des appareils effroyables afin de traiter sa maladie qui sera peut-être incurable. Comment gérer l'enfant malade sans que cela ne nuise au grand frère ? Comment expliquer à mes petits garçons cette maladie qui bouleverse l'équilibre familial et leur fait perdre tous leurs repères ? Comment, comment, comment ?

En attendant le rendez-vous chez le médecin, j'organise toute la maisonnée au cas ou Franz devrait être hospitalisé en urgence : les courses sont faites pour plusieurs jours, le linge est à jour, je commence même à noter des petits conseils sur des bouts de papier afin de faciliter la vie de ceux qui resteront à la maison. Et puis, la nuit, je cogite encore plus, si cela est possible. Angoisses nocturnes, cauchemards, insomnies. Mes bras me démangent, la faute au psoriasis. Ah non, je ne fais pas les choses à moitié quand je m'y mets !

Mardi, jour de la consultation. L'angoisse me tord le ventre. Par chance, les patients précédents ne se sont pas présentés, nous entrons directement dans le cabinet. Le verdict est sans appel : Franz s'est fait une entorse au genoux. Une semaine à mettre de la crême sur son petit genoux légèrement enflé suffira amplement à le remettre sur pieds, si je puis dire. Acheter de bonnes chaussures et éviter d'autres chutes.

 

Depuis, je respire à nouveau mais je cours comme un dératé derrière mon fils afin de prévenir les chutes et j'ai dépensé 80 Euros dans une paire de salomés blanches en taille 24 !    

18.04.2008

Je vous quitte !

... quelques jours : je pars en vacances.

 A bientôt.

14.04.2008

Alors comme ça, vous ne faites rien !

1184505865.jpgA la fameuse question "et vous, qu'est-ce-que vous faites ?", je donne ma fameuse réponse : "je ne travaille pas, je m'occupe de mes enfants." De cette petite phrase d'apparence anodine, vont découler deux types de réactions violemment opposées, de la part des femmes (parce que les hommes, eux, s'en foutent royalement, et c'est très bien).

 

Le première, qui rend mon interlocutrice éminement sympathique, est une sorte de cri du coeur :

" Ah, vous avez beaucoup de chance de pouvoir le faire, j'en rêve "

Ces femmes ont l'honnêteté de reconnaître que jongler entre les enfants et le boulot, non, ce n'est pas facile. Et que, oui, pour les enfants, c'est difficile d'être levés aux aurores pour aller à la crêche jusque tard le soir et d'être récupérés par une baby-sitter qui va donner le bain, le dîner, faire le calin et les coucher parce que Maman et Papa ont une réunion ou sont en déplacement à l'étranger et que les grands-parents vivent en Province. Et, oui, parfois elles en ont marre que leur patron leur demande de faire des heures tard le soir, les envoie chaque semaine en Pologne, en Irlande ou aux USA, qu'on leur propose une super promotion qu'elles ne pourront pas refuser sous peine d'être virées :

" Vous êtes nommée responsable. Pour cela, vous allez devoir passer dix jours par mois en Amérique du Sud."

- Mais j'ai deux enfants en bas-âge !"

- Oui, moi aussi, et alors ? Ma femme s'en occupe. Pas vous ?

Elles en ont assez qu'on leur pourrisse la vie depuis qu'elles ont annoncé leur troisième grossesse. En dix ans de boulot dans la boite et deux enfants, elles n'ont jamais failli mais : 

" Trois enfants, ce n'est pas compatible avec notre entreprise. Vous rendez-vous compte de l'image que vous donnez à nos clients ? Si vous vous voulez conserver votre poste, il va falloir rester plus tard au bureau (ah, ce n'est pas ce qu'elles font déjà ?) et puis il va bien falloir que vous coupiez le cordon avec vos deux bébés un jour. Mais quelle femme aujourd'hui peut décider d'avoir trois enfants ?  (ces paroles ont été prononcées par ... une femme !!!)

Alors, oui, bien qu'elles adorent leur job, parfois, elles aimeraient faire une pause dans ces emplois de temps de dingue et prendre le temps de s'occuper de leurs petits avant que ceux-ci ne grandissent. J'en profite pour poser une question : existe-t-il en France des boîtes qui autorisent les femmes à travailler ET à élever leurs enfants ? Parce qu'à Paris, c'est une denrée de plus en plus rare. " Si vous êtes à Paris, c'est pour faire carrière. Si vous voulez des enfants, allez en Province ! " Pourquoi est-ce si difficile en France de concilier les deux ?

 

La seconde réaction a le mérite de révéler au grand jour ses ennemis, j'ai nommé (vous la connaissez déjà tous et vous l'adorez !) : Bonnemine a une sale gueule ( avouez qu'elle vous avait manqué !). Bonnemine a une sale gueule vous assènera, si comme moi vous êtes une femme au foyer, un : " vous vous occupez de vos enfants parce que ce n'est pas rentable pour vous de faire garder vos enfants (sous-entendu : votre paye est tellement minable, que ça ne vaut pas le coup de bosser.) " frontal. Il existe une variante tout aussi diplomate et courtoise : " Vous vous occupez de vos enfants parce que vous êtes sous qualifiée ."

Le monologue se poursuit ( n'essayez même pas de répondre, vous parleriez dans le vide) généralement par ce genre de petites phrases :

"- Comme vous devez vous ennuyer chez vous."

- Ce doit être difficile de ne pas s'enrichir intellectuellement.

- Alors comme ça, vous ne faites rien ?

- Ca vous plait d'être la bonniche ?

- Moi, au bout de deux heures, vos gosses, je n'en pourrais plus.

- Et moi qui croyais que vous aviez fait des études ?

- Mais quel plaisir pouvez-vous trouver à discuter avec des gamins de deux ans toute la journée ?

- Le soir, vous arrivez à parler normalement avec votre mari ?

- Vous n'en avez pas marre de sentir le caca tout le temps ?

- Vous devez drôlement vous sentir diminuée intellectuellement.

 

Exceptionnellement, je vais répondre :

"- Bonnemine, t'as vraiment une sale gueule !!! "

04.04.2008

Cachez ce sein que je ne saurais voir.

Tandis que je surveillais mes enfants qui s'amusaient dans l'aire de jeux du Jardin des Plantes ou nous nous rendons pratiquement quotidiennement, la Maman d'un ami de mon fils Henri vint me saluer. Ayant accouché il y a deux mois, une de mes amies et moi-même nous extasiâmes, comme il est de bon ton de le faire en pareilles circonstances, sur la petite fille qui reposait dans les linges faisant office de porte-bébé. Alors que je m'inquiétais de savoir ou se trouvaient les bras et les jambes de l'enfant, la mère m'expliqua que le porte-bébé type Baby Bjorn (que j'ai utilisé ) n'était pas bon car il ne respectait pas la posture naturelle de l'enfant  ( ah ? je ne connaissais pas le porte-bébé bio ! - la différence entre le baby Bjorn et le Bio, c'est que dans le Baby Bjorn, l'enfant a le coup soutenu, tandis que dans le bio, l'enfant a les cervicales en vrac : ça c'est bio Madame !!! ) Louise 0 - Autre Maman 1.

Le sujet du porte-bébé ayant été " débattu" (pas par moi, je préfère toujours me taire dans un cas pareil. Une mère qui montre les dents est une tueuse ! et moi, je tiens à la vie.), je demandai à la Maman si le grand frère, âgé de quatre ans et demi, acceptait bien la venue de sa petite soeur. Elle me répondit : " Oui, cela se passe bien car mon fils s'est sevré tout juste un mois avant la naissance de ma fille "

Moi : .........................

Je tiquai, pensant avoir mal compris et ne réussis finalement qu'à annoner un banal "Pardon", mais la Maman confirma sa première version.

"J'ai allaité mon fils jusqu'à ses quatre ans et demi. Mon fils s'est sevré tout seul !" clama-t-elle fièrement. (encore une chance, à son âge, pensai-je).

Mon Dieu, bien qu'ayant allaité mes deux fils six mois chacun, je ne peux pas m'imaginer allaiter, non pas un bébé, mais un enfant qui va à l'école.

Moi : "Peut-on allaiter un enfant quand on est enceinte ?"

"Non, me dit la mère, je n'avais plus de lait mais mon fils avait seulement besoin de sucer mon sein. Peu importait pour lui qu'il n'y ait plus de lait."

Juste ciel ! Qu'on allaite un enfant tard dans un pays ou les carences sont encore hélas monnaie courante me semble une évidence mais que, dans un pays développé, une mère laisse son fils de quatre ans et demi aggrippé à son sein vide de lait tandis qu'elle est enceinte de son second enfant me parait ahurissant. Mais que fait le père ? Ou est-il ?

La Maman a dû apercevoir mon regard horrifié car elle est devenu un peu froide à mon égard.  Louise 0, Autre Maman 1 ? Mais, ne voulant pas râter la suite de la conversation, j'ai choisi de rester. A mon amie, elle a alors expliqué :

" Nous n'avons qu'une chambre à la maison, donc nous avons mis le lit de notre fils au bout du nôtre (moi, j'aurais laissé la chambre aux enfants et aurais dormis dans le canapé-lit du salon. Mais il ne s'agit pas de moi. Louise, boucle-la.). Mais mon fils escalade son lit et vient dormir entre nous. "

Mon amie : "Et ça ne vous empêche pas de dormir ?" (moi dans mon fort intérieur : En tout cas, ça ne les a pas empêchés de baisouiller puisque le deuxième est né !)

" Oh non, cela fait quatre ans que nous dormons tous les trois dans le même lit.  Mon fils se met entre son père et moi."

(je me demande bien comment ils ont réussi à concevoir leur fille. Mais chut Louise, écoute !)

Mon amie : " Comment allez-vous faire quand votre fille va grandir ?"

" Et bien nous dormirons à quatre dans le grand lit ! " s'est exclamé la Maman en riant.

 

Suis-je la seule a trouvé cela bizarre et pas très sain ? Ce doit être bio ... Louise : 0 0 0 !

 

02.04.2008

Cluedo VI.

Sixième partie : Tout ça pour ça.

 

Le Commandant Lefront, que cette histoire de meurtre commençait à agacer compte tenu du nombre important de suspects, gara la vieille Clio au blanc douteux sur le parking de l'Institut Médico Légal, au 2 quai de la Rapée. Il était venu tant de fois ici tout au long de sa carrière qu'il ne prêtait même plus attention aux familles éplorées attendant le corps autopsié d'un proche. Il contourna la voiture et avança de quelques pas le long de la Seine : à chaque fois qu'il contemplait le fleuve depuis l'IML, il pensait aux nombres de corps que la Seine rejetait et qui finissaient irrémédiablement sur les tables d'autopsie juste derrière lui, derrière ce mur de briques rouges qu'il longea avant de pousser une lourde porte grise, le Lieutenant Stan sur ses talons.

L'intérieur de l'Institut était vieillot, rien à voir avec les laboratoires ultra sophistiqués des séries télévisées américaines. Les couloirs ressemblaient davantage à ceux aux peintures décrépies et jaunies du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris.  Point d'ordinateur ultra puissant, ni d'espace ouvert accueillant des hordes de chercheurs et professeurs tous plus sexys les uns que les autres. Seulement de minuscules bureaux individuels et des salles d'autopsie aseptisées dans lesquels travaillaient, dans un silence religieux, des médecins qu'on souhaiterait ne jamais rencontrer.

Les deux flics frappèrent à la porte du toubib. Une voix enjouée les pria d'entrer. Le médecin était d'humeur joyeuse ce matin. Sans doute les deux autopsies qu'elle avaient déjà pratiquées ce matin (un dealer tué à l'arme blanche et un alcoolique ayant fait un malaise sur la voie publique) l'avaient mise en joie ; elle préférait toujours autopsier des hommes même fauchés dans la force de l'âge plutôt que des enfants morts des suites des coups assénés par leurs parents.

- Messieurs, bonjour. Asseyez-vous, je vous en prie. Nous allons faire vite, j'ai beaucoup de travail qui m'attend. Si je vous ai fait venir, c'est pour vous faire part de mes dernières découvertes quant à l'autopsie de la victime. Je vous rappelle que la victime semblait avoir été étouffée, mais sans souffrir et je n'avais trouvé aucune trace d'un quelconque morceau de tissus ou d'une lutte avec un éventuel agresseur. Ces constatations m'ont beaucoup troublée alors j'ai décidé de procéder à un deuxième examen de la trachée de la victime, tandis que, dans le même temps, le laboratoire étudiait le contenu de son estomac.  Ce n'est qu'au bout de la quatrième inspection de la trachée de cette femme que j'ai découvert, caché dans un recoin, une jambe de N. J'ai poursuivi mes recherches et ai découvert un A. J'ai retiré les deux lettres délicatement avec une pince à épiler et les ai observées au microscope : elles étaient recouvertes de substances gastriques. Une idée m'est alors venue à l'esprit mais j'ai dû rongé mon frein en attendant les résultats concernant l'estomac de cette Louise. Vous savez comme nos labos sont débordés. Finalement, mon collègue m'a apporté ses conclusions que nous avons recoupées avec les miennes et nous sommes tombés d'accord. Voici ce qu'il en est exactement :

La victime a subi, par le biais de chercheurs en psychologie aux méthodes plus que douteuses, des pertes irrémédiables : ils ont pénétré dans le cerveau de la malheureuse afin de lui piquer ses idées, ce qui explique l'état de friche dans lequel était l'intérieur de son crâne. Suite à ces ponctions répétées, cette jeune femme a perdu doucement son inspiration. Elle a alors été confrontée à l'angoisse de la page blanche. Elle avait beau se mettre plusieurs heures devant son ordinateur, tout espoir de pondre une note digne de ce nom pour son blog s'était envolé. Chaque jour elle peinait et ce dur labeur commença même à avoir des répercussions sur sa santé mentale. Elle prit des médicaments afin de stimuler son imagination mais sans succès. Elle décida alors de cracher des mots, mais seules quelques lettres franchirent sa bouche. Elle choisit donc de vomir du texte mais c'est hélas cela qui causa sa perte : les mots ne réussirent guère à aller jusqu'à sa bouche. Seules quelques lettres (les jambes du N et le A) remontèrent dans sa gorge, les autres lettres restant bloquées dans son estomac (c'est ce que les laborantins ont retrouvé en étudiant le contenu de l'estomac : il était plein de lettres). Les lettres qui ont réussi à remonter ont finalement étouffé Louise S.

Messieurs, votre cliente est décédée suite à un manque total d'inspiration. Même si les psy sont responsables de la pénurie d'idée de la victime, vous ne pourrez jamais le prouver. On peut donc dire que c'est son blog qui l'a tuée. Louise l'avait très bien compris qui avait écrit sur l'écran de son ordinateur : "Tu m'as tuée." Je crois que vous pouvez clore l'affaire.

 

Les deux flics saluèrent le médecin légiste et quittèrent l'IML en silence. Il ne leur restait plus qu'à exposer aux proches de la victimes les causes exactes de la mort et à relâcher les suspects. Dans quelques jours, ils assisteraient à la messe donnée pour Louise en l'Eglise Saint-Médard, celle ou elle aimait tant aller faire un tour avec ses deux enfants pour y déposer un cierge. Sans doute que ses fils diraient : "Dis Papa, on allume une bougie pour Maman ?"

 

 

 

PS : Si l'envie vous prenez de venir à mon enterrement, mettez des cierges pour moi : il va m'en falloir plus d'un si je veux aller au Paradis ; pour l'instant, ce n'est pas gagné ! Et amenez des pivoines, c'est la saison en ce moment. Et avec un peu de chance, si le cercueil n'est pas encore fermé, vous verrez peut-être ma tête. Il se pourrait que je vous fasse un clin d'oeil ...

30.03.2008

Cluedo V.

Cinquième partie : Petit meurtre entre amis.

 

Le Commandant Lefront fit entrer les suspects dans son bureau, situé au quatrième étage du 36, quai des Orfèvres. La plupart d'entre eux fut surpris de découvrir des bureaux minuscules aux murs gris et aux fenêtres grillagées donnant sur une cour servant de parking aux véhicules banalisés. Ils pensaient sans doute qu'ils allaient être reçus dans une vaste bibliothèque en bois d'acajou, être assis dans de confortables sofas recouverts de tissus Laura Ashley, tout en sirotant un Glenmorangie vingt ans d'âge ou un thé Darjeeling accompagnés de scones sortant tout droit des fours de chez Fortnum and Mason. Mais le Commandant Lefront clarifia immédiatement les choses : "Vous n'êtes pas les personnages d'un roman d'Agatha Christie ! Vous êtes ici parce que vous êtes tous, je dis bien tous, suspectés d'avoir assassiné, de sang froid, Louise S., une mère de famille. Vous aviez tous une bonne raison de la tuer. "

- Commençons par vous, Barbie !

 

Barbie, vêtue d'un nouveau manteau, se tortilla sur son siège. Elle portait autour du cou un boa de plumes roses qu'elle tripota nerveusement.

- Vous avez déclaré, sur votre blog, qu'on vous avait volé votre manteau alors que vous étiez passablement émêchée dans un bar louche du centre de Rouen. Vous en vouliez à la terre entière d'être ainsi dépossédée d'un bien qui vous était cher. Vous avez pensé que cette Louise avait le même. Alors, vous avez demandé à votre voisin Thibault, militaire, de tuer cette femme et de vous ramener son manteau. Thibault a accepté pour vos beaux yeux !

Barbie se leva d'un bond pour arracher les yeux au Commandant, mais le lieutenant Stan para à toute tentative de Barbie, qui, une fois dans les bras du charmant flic se calma aussitôt et s'empressa de lui faire les yeux doux.

 

Le Commandant Le Front passa au suspect suivant.

 

- A vous Jeanne, la Madame SPA de la Mayenne. Vous n'avez pas digéré le fait que Louise ait voulu faire un civet de votre lapin géant puis récupère la peau de la pauvre bête pour s'en faire une étole. Alors que votre mari vous croyait tranquillement occupée à créer des bijoux dans votre véranda, vous aviez largement le temps de vous rendre à Paris en TGV afin d'assassiner Louise.

Jeanne respira profondément. Cependant, elle ne put s'empêcher de pleurer en pensant à la pauvre bête qui avait fini en cocotte.

 

Alors que Gwen se demandait comment elle ferait dorénavant pour transporter ses crottins de Chavignol à la fête paroissiale de Chevaize une fois la vente de son 4X4 conclue, le Commandant Lefront se tourna vers elle, ce qui eut le don de l'agacer. Elle repoussa nerveusement l'une de ses mêches rousses et fixa ce flic qui commençait à lui donner des boutons.

- Gwen ! Je sais que vous n'avez pas bougé de chez vous au moment de la mort de Louise, mais vous auriez très bien pu demander à la Birette,  de le faire pour vous. je précise, pour les autres suspects, que la Birette est une sorcière démoniaque qui sévit dans le Berry.

- Et pour quelle raison aurais-je eu envie de tuer Louise, Commandant Lefront ?

-  Il se murmure que votre fille Lilith aurait entretenu une liaison avec son fils Henri. Est-ce-que je me trompe ? Et puis, vous avouerez qu'appeler sa fille Lilith quand on vit au pays de la Birette, c'est suspect.  

Gwen marmonna.

 

Mlféeclochette, que cette histoire de sorcellerie intéressait au plus haut point, sembla se refermer comme une huitre bretonne quand le Commandant Lefront parla de son cas.

- Mlféeclochette, en perquisitionnant à votre domicile, nous avons retrouvé une petite poupée en lin brodée au point de croix, portant le nom de Louise et piquée d'une multitude d'aiguilles. Le lieutenant Stan a enquêté et, avec l'aide du rebouteux de Plouginec dans les Monts d'Arrée, a découvert que vous vous adonnez à un rite vaudou implanté en Pays Bigouden par les premiers druides. Vous avez piqué cette poupée à l'effigie de la victime car vous n'avez pas supporté qu'elle préfère vivre à Paris plutôt qu'en terre celte. Et ne me dites pas que vous n'aviez pas le temps de l'assassiner puisque vous êtes passée à Paris lors d'un déplacement vers l'est de la France. 

 

- Vous aussi Cécile, vous étiez à Paris au moment du meurtre : vous étiez chez votre belle-mère. On a ainsi appris que vous aviez rencontré la victime le jour de sa mort afin de fomenter une rébellion contre vos belles-mères respectives. Que s'est-il passé pour que votre complicité vole en éclat ? Un différent quant à la manière d'assassiner vos belles-mères ? Louise voulait faire souffrir la sienne atrocement et vous la tuer rapidement et proprement ?

- Je vous en prie Commandant, s'écria Cécile, n'en parlez, ni à mon mari, ni à ma belle-mère !

- Madame, je vous laisse le plaisir d'annoncer à Belle-maman, lors du prochain repas de famille, que vous voulez lui faire la peau ... Entre le fromage et le dessert, je suis sûre qu'elle appréciera.

 

Tandis que les conseils avisés du Commandant Lefront à Cécile amusaient encore Le Chat, le vieux flic attaqua. 

 

- Le Chat, qui êtes-vous ? Avec vous, nous sommes un peu perdus et, j'avoue, vous nous avez donné du fil à retordre. Vous habitez dans le Vème arrondissement, comme la victime ; vous avez le même âge que la victime ; vous tenez un blog, comme la victime. Pourquoi, quand on a tant de points communs, en vouloir à Louise ? Nous avons une ébauche de réponse : parce que Louise aime bien faire la cuisine. Or, vous, la cuisine, ça vous met dans tous vos états. N'avez-vous pas dernièrement assassiné un homme à coups de rouleaux à pâtisserie juste parce qu'il vous avait demandé de vous mettre au fourneau ? Votre casier judiciaire ne vous rend pas service et vous met parmi les suspects les plus probables. Quand vous purgerez votre peine pour le crime au rouleau à pâtisserie, demandez à suivre une psychothérapie afin de réussir à déterminer votre appartenance sexuelle : ça m'a l'air un peu compliqué de ce côté-là.

 

- Oh, MissBrownie, ne vous réjouissez pas trop vite ! Vous n'êtes pas totalement innocente, même si vous, au contraire, adorez cuisiner. Ce n'est pas parce qu'on sait faire des petits gâteaux au chocolat qu'on est incapable de tuer. Au contraire ! Parfois, il est utile de savoir manier le couteau de cuisine quand on veut tuer quelqu'un puis le désosser, ne trouvez-vous pas ? Et le gaz, MissBrownie ? Que pensez-vous du gaz ? Vous vous entraînez à assassiner au gaz en ce moment, n'est-ce-pas ? Et Louise aurait été parfaite comme cobaye ! Avouez que vous y avez pensé.  

 

Alors que Missbrownie baissait les yeux, penaude. Le Commandant Lefront prit Cigale à partie.

 

- Et vous Cigale ? Rien à vous reprocher ? Pas même une petite envie de tuer Louise qui vous démangeait ces temps-ci ? Juste une petite, le jour ou elle a commenté une photo sur votre blog. Vous vous souvenez de cette photo de vos amis écossais en kilt. Reconnaissant les fesses d'un des hommes photographiés - n'avait-elle pas écrit " Mais je les connais ces fesses-là, moi !" ? Cette déclaration de Louise vous a mise hors de vous. Car cet homme, qui avait été votre amant, avait donc couché auparavant avec la victime. La jalousie fait alors faire bien des choses répréhensibles, comme tuer sa rivale par exemple ...

 

L'indignation se lut sur le visage de Cigale mais laissa de marbre le Commandant Lefront ; il en avait vu d'autres. 

 

- El Ultimo, vous êtes bien silencieux ! On a découvert que la victime et vous aviez organisé un petit trafic fort lucratif de poudre blanche et de feuilles d'érable entre le Canada et la France.

El Ultimo, abattu, baissa la tête, exhibant à la vue de tous son crâne luisant. Le Commandant Lefront, compatissant, se dit qu'il fallait être un peu fou pour choisir de vivre au Canada quand on n'a pas un cheveux sur le cailloux. Le policier, par réflexe, se caressa la tête en frissonnant.

- D'autre part, vous avez évoqué sur votre blog des recherches effectuées par des psychologues afin d'étudier la partie du cerveau appelée amygdale. Après vérifications, ce sont bien ces recherches qui ont laissés des traces dans le cerveau de la victime. C'est vous qui avez mis Louise en relation avec ces chercheurs. Entre nous, elle ne devait vraiment pas être finaude cette Louise pour gober ces conneries de chercheurs. Tout le monde sait que les amygdales sont au fond de la gorge ! Mais, pourquoi la tuer, au risque de cesser votre trafic peu recommandable ? Parce qu'elle en savait plus qu'elle n'aurait du ? (elle avait démasqué les véritables intentions des chercheurs : lui piquer ses idées en piochant directement dans son cerveau.) Parce qu'elle faisait plus de bénéfices que vous avec la vente des feuilles d'érable ? Faites gaffe, mon vieux, vous êtes dans le collimateur des Stup's !

 

Il y avait un silence de mort dans le bureau surchauffé du commandant Lefront. Celui-ci essuya son front à l'aide d'un mouchoir écossais puis se tourna vers Ju' qui agitait devant son visage une feuille en papier afin de se rafraîchir.

 

- Mademoiselle Ju', à votre tour de passer à la casserole, si vous me permettez cette petite familiarité ! Vous aviez rendez-vous avec la victime, mais vous avez déclaré : "j'ai eu un empêchement de dernière minute. Notre rendez-vous a été annulé."  En êtes-vous bien sûre ?

Ju' jeta un regard noir au policier, mais ne répondit pas. Celui-ci continua son monologue.

- En fait, vous vous êtes débrouillée pour connaître son adresse via son mail. Vous vouliez savoir à quoi elle ressemblait. N'aviez-vous pas insisté pour qu'elle montre son visage sur son blog, à l'époque ou elle s'était fait faire une frange ? Mais, lorsque vous l'avez vue, en vrai, vous n'avez pas supporté cette femme à l'air pas toujours très sympathique. Franchement, elle avait une sale gueule ! Ne serait-ce pas vous l'assassin Mademoiselle ?

 

Les autres suspects s'arrêtèrent de respirer. La tension était palpable. Le Commandant Lefront, maitrisant parfaitement l'exercice, laissa quelques instants avant de s'attaquer au suspect suivant. Il se délectait toujours de ce genre de situation, se plaisant à étudier les réactions des uns et des autres. Imperturbable, il se concentra alors sur Fanette.

  

Fanette faisait partie du clan des parisiennes. Pas les vraies, nées à Paris, mais les provinciales devenues parisiennes, comme la victime. On sentait qu'avec le temps elle avait pris de l'assurance, jusqu'à maitriser parfaitement les codes et usages de sa ville d'adoption : démarche nerveuse adaptée aux entrailles du métro parisien et garde-robe de la parfaite citadine. De l'eau était passée sous le Pont-Neuf depuis que Fanette avait débarqué à la fac ; elle en avait fait du chemin depuis qu'elle avait troqué ses mocassins bleu marine contre des bottes à la dernière mode.

- Mademoiselle Fanette, lors de l'une de vos promenades nocturnes dans Paris, n'auriez-vous pas rencontré Louise ? Oh, vous ne saviez pas que c'était elle, elle ne vous a pas dit son prénom. Mais vous vous êtes parlé une nuit que vous rentriez chez vous après avoir passé une agréable soirée dans un café avec votre bande d'amis. Elle vous a entretenu d'un évènement auquel elle avait été témoin. Souvenez-vous du jour ou vous avez voulu acheter des chaussures avec votre petit ami. L'échange verbal qui avait eu lieu entre la vendeuse, la patronne, votre ami et vous, avait été suivi par Louise. Cette dernière, vous reconnaissant dans le métro, vous a alors abordée puis a voulu vous faire chanter. Comment se débarasse-t-on d'un maitre chanteur Mademoiselle Fanette ?

Fanette leva les yeux au ciel d'un air blasé.

 

La voisine de Fanette, Milla, que ses Dim'Up semblaient gêner - une fois de plus elle avait oublié qu'il ne faut jamais mettre de crême hydratante sur ses jambes avant d'enfiler des bas - se redressa brusquement. Elle fronça les sourcils : ce n'était pas cet arrogant Commnandant Lefront qui allait l'enquiquiner. Elle aurait bien appâter le Lieutenant Stan, mais celui-ci semblait toujours aussi captivé par Barbie. Qu'importe, elle avait ce qu'il faut à la maison.    

- Milla, vous aussi avez rencontré Louise dans le métro. C'était un matin, alors que vous vous rendiez au bureau. La rame était bondée et un enfant hurlait. Vous lui avez donné un chewing-gum à la menthe. Mais le gôut du bonbon était si fort que le petit graçon a pleuré, vous attirant ainsi les reproches de sa mère. Cette mère, c'était Louise. Vous avez alors voulu arracher les yeux à cette femme qui vous rendait responsable de la crise de larmes de son rejeton. A quel point est-ce agaçant un gamin qui braille dans le métro, Milla ? Au point de tuer sa mère ?

Milla remonta son Dim'Up, parti en accordéon sur sa cheville gauche suite à l'attaque du Commandant Lefront. Le flic, après avoir apprécié en connaisseur le galbe du mollet de la jeune femme, reporta son attention sur la non moins jolie Oopsgal.

 

Oopsgal, toujours tirée à quatre épingle, était accrochée à l'anse de son sac Gérard Darel, cadeau de Noël de son ami. L'inquiétude semblait ne pas avoir prise sur elle ; sans doute se considérait-elle à l'abri des représailles de la Police française du fait de sa liaison avec un jeune avocat plein d'avenir. 

- Oopsgal, quelle a été votre réaction quand votre ami a appris l'existence de votre blog suite à un message de Louise ? Votre ami n'a-t-il pas hurlé à la duperie ?

Oopsgal chercha une aide du regard, mais elle était bien seule à cet instant. Pas même un pompier pour voler à son secours.

- N'est-il pas vrai que vous avez songé à vous débarrasser de Louise puisqu'elle était le seul témoin gênant dans cette affaire ?

Oopsgal ne répondit pas, préférant se concentrer sur sa liste de courses : c'était le jour de sa visite hebdomadaire au Monoprix du Boulevard Saint-Michel.

 

Sarmentanne sut que c'était son tour de subir les foudres du policier de la Crim'.

 

- Sarmentanne, chacun sait ici que vous détestez les magasins de bricolage. C'est pourtant dans l'un d'eux que vous avez rencontré Louise un dimanche matin. Vous faisiez la queue juste derrière la victime afin d'acheter un nouveau marteau. En réclamant un échange, elle vous a obligée à rester quinze minutes de plus que prévu. Vous n'avez pas supporté et avez pensé à tuer cette cliente pénible en utilisant votre marteau flambant neuf. Est-ce exact Sarmentanne ?

- Ce qui est exact Commandant, c'est que si je tenais ce marteau en main, je vous en assénerais volontiers un coup sur la tête.

 

Le Commandant, que ce genre de menace ne semblait absolument pas impressionner, se contenta d'esquisser un sourire et de s'adresser au dernier suspect, Jean-Pierre.

 

- Jean-Pierre, il ne reste plus que vous. On sait que vous vous êtes rendu au Havre, ville de naissance de la victime. Vous êtes allé visiter le musée André Malraux afin, non pas d'y admirer quelques toiles des plus fameux peintres cauchois, mais pour essayer de faire connaissances avec quelques célibataires du coin. Cependant, vous semblez avoir été déçu : il n'y avait que des boudins. Vous ne saviez donc pas que le musée détenait l'un des plus importants fonds de toiles d'Eugène Boudin ? Lorsque vous avez dit à Louise que sa ville natale était le pays des boudins, cette dernière, complètement inculte, l'a pris pour elle et s'est promis de se venger. Crayant son courroux, vous auriez pu préférer attaquer en premier. L'idée vous a d'ailleurs traversé l'esprit. 

Jean-Pierre ne put s'empêcher de faire un petit jeu de mots : "cette histoire est vraiment en train de virer en eau de boudin !" qui eut le mérite de détendre l'atmosphère.

 

Soudain, le téléphone retentit dans le bureau du Commandant Lefront. Le Lieutenant Stan répondit : "Brigade Criminelle de Paris, bureau du Commandant Lefront !"

 

"Bonjour Lieutenant, c'est le médecin légiste. Je vous appelle pour vous donner les résultats définitifs de l'autopsie de Louise S.".