30.09.2007
les receptions de Monsieur l'Ambassadeur.
Hier soir, Alex et moi étions invités à l'inauguration de la Maison Géorgienne, rue du Sabot, dans le 6ème. A l'angle de la rue du Four, trônait la Rolls Royce grise du propriétaire du restaurant, le tout dernier modèle (du meilleur goût !) et, tout autour on voyait des invités sirotant une coupe de champagne rosé (délicieux), des policiers veillant au bon déroulement de la soirée et des barrières empêchant les véhicules lambda de passer par là. De l'autre côté du cordon, des badauds tentaient de reconnaître telle ou telle personnalité. Mais peu de gens connus hier, surtout des ambassadeurs, des politiques et des géorgiens, venus admirer les lieux.
Vous vous demandez certainement comment je suis arrivée là. Je vous répondrai seulement qu'Alex travaille dans le milieu de la nuit. Et, à Paris, les gens qui bossent la nuit se connaissent tous.
Revenons à nos moutons. L'endroit est réussi, il faut le reconnaître. La façade est magnifique, tout en bois. Avant même d'être entré, on est dépaysé. Passée la porte, il faut descendre quelques marches pour découvrir l'accueil : un bar, des poutres sculptées, des briques roses, des vitraux, une fresque moyennageuse sur laquelle le patron est représenté (le petit détail kitch, il en faut !). Au dessus, deux étages géorgiens ou se restaurer, avec des boxes en bois ou en fer forgé, très jolis puis, encore un étage, français celui -là, très brillant si je puis dire, pour dépayser les géorgiens de passage à Paris. L'endroit est surprenant. Tous les matériaux utilisés ont été importés de Géorgie et le patron a fait venir des artisans locaux afin de réaliser ce décor. L'architecte a multiplié niveaux et recoins, ce qui apporte douceur, châleur et intimité. On s'y sent bien, on a envie d'y rester et d'y diner. On a envie de s'installer dans l'un des boxes pour prendre une boisson chaude avec des tas de pâtisseries au retour d'une promenade dans les rues de Saint-Germain des Prés par une froide après-midi d'hiver. Le décor invite à la détente et à la rêverie.
Au premier étage, un orchestre et des chanteurs géorgiens assuraient l'ambiance musicale. Le patron a su éviter le portrait du géorgien le plus célèbre à défaut d'être le plus fameux : Staline qui vous regarde, ça coupe l'appétit. En revanche, il a su choisir une gérante jeune (mon âge !), tout à fait charmante et parfaitement bilingue. Elle a beaucoup de classe et est adorable et drôle.
Remarquez, il en faut du second degré quand on dirige un établissement comme celui -ci. La soirée avait commencé comme un pince-fesse parisiens des plus classiques : ambassadeurs, politiciens, artistes, coquettes ; un florilège. En bas, au bar, deux jeunes fils à papa enchaînaient cul sec les verres de vodka. Ces deux là n'ont pas dû rester debout longtemps. Dans les escaliers, des semi call girls blondes aguichaient les jeunes conseillers de l'Elysée. Plus haut, les artistes sur le retour exhibaient à qui mieux mieux leurs très jeunes femelles vénales aux yeux bridés. De temps à autre, on apercevait un petit groupe de vieilles fausses blondes passées à de trop nombreuses reprises sous les doigts experts (?) de chirurgiens esthétiques peu scrupuleux.
En revanche, la fin de soirée a dû être difficile à la Maison Géorgienne. Au dernier étage, dans la clinquante salle française étaient rassemblés les géorgiens venus directement de leur Ambassade. Le champagne ou la vodka ayant déjà fait leur travail, les hommes (ou étaient les femmes, je n'en vis aucune dans cette salle ?) n'allaient pas tarder à chanter.Le géorgien, puisque de géorgienne il n'y avait point, a l'air viril, costaud et rougeaud. Avec son coup de taureau, il a le rire sonore, parle fort, doit chanter fort et a l'air de beaucoup s'amuser. Il tient bien l'alcool aussi.
Le géorgien est un sanguin, par le genre à manger des Ferrerro Rochers !
15:20 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Paris, journal intime, georgie, bla bla de fille