07.05.2008

Dur, dur d'être une Maman.

303898647.jpgSi je ne suis pas très présente sur la blogosphère, il y a deux raisons à cela. La première est la météo très clémente : je suis donc par monts et par vaux. Un blog, c'est bien en hiver quand il pleut ... La deuxième est un petit souci : les soucis bloquent totalement l'inspiration et ne donnent pas non plus l'envie d'aller voir chez les autres ce qui s'y passe.

 

Pendant les vacances, mon plus jeune fils, se met à boîter. Sans doute la croissance, pensai-je. Surtout que ce claudiquement diminue plus il marche et qu'il ne semble pas être douloureux pour Franz. Mais cette boiterie perdure et s'accentue. Mon petit garçon a de plus en plus de difficultés à monter et descendre les escaliers, bute dans toutes les aspérités du sol, devient pataud lorsqu'il marche : sa jambe droite le gêne de plus en plus. Mon coeur se serre à chaque fois que je le regarde avancer et je commence à m'inquiéter. Je pourrais aller chez un toubib sur mon lieu de  vacances mais je préfère attendre de voir le pédiatre des enfants en qui j'ai toute confiance.

Résultat, c'est l'angoisse totale pour moi, la Maman. J'imagine mon enfant immobilisé par des appareils effroyables afin de traiter sa maladie qui sera peut-être incurable. Comment gérer l'enfant malade sans que cela ne nuise au grand frère ? Comment expliquer à mes petits garçons cette maladie qui bouleverse l'équilibre familial et leur fait perdre tous leurs repères ? Comment, comment, comment ?

En attendant le rendez-vous chez le médecin, j'organise toute la maisonnée au cas ou Franz devrait être hospitalisé en urgence : les courses sont faites pour plusieurs jours, le linge est à jour, je commence même à noter des petits conseils sur des bouts de papier afin de faciliter la vie de ceux qui resteront à la maison. Et puis, la nuit, je cogite encore plus, si cela est possible. Angoisses nocturnes, cauchemards, insomnies. Mes bras me démangent, la faute au psoriasis. Ah non, je ne fais pas les choses à moitié quand je m'y mets !

Mardi, jour de la consultation. L'angoisse me tord le ventre. Par chance, les patients précédents ne se sont pas présentés, nous entrons directement dans le cabinet. Le verdict est sans appel : Franz s'est fait une entorse au genoux. Une semaine à mettre de la crême sur son petit genoux légèrement enflé suffira amplement à le remettre sur pieds, si je puis dire. Acheter de bonnes chaussures et éviter d'autres chutes.

 

Depuis, je respire à nouveau mais je cours comme un dératé derrière mon fils afin de prévenir les chutes et j'ai dépensé 80 Euros dans une paire de salomés blanches en taille 24 !    

16.04.2008

J'ai la pêche !

1328707475.jpgEn ce moment, j'ai une forme olympique. Je me lève de bonne humeur et c'est parti.

J'arrive à TOUT faire : courses, linge, ménage, paperasse et même le repassage, c'est dire ! A 9h30, tout est fait et après, je file me ballader dans Paris, je vois des amis, je trotte dans tous les sens à toute vitesse et je reviens, un peu essoufflée quand même, récupérer mon fils à la halte garderie trois fois par semaine. L'après midi, pendant la sieste du petit je blogue (écriture, réponses, commentaires) ; parfois, je vais déjeuner avec des amies ou je suis invitée. Ensuite, je vais chercher le grand à l'école puis nous filons au parc jusqu'à 18h30 : jeux, kangourous, biches, manège. Nous rentrons : bains, préparation du dîner (et en plus j'ai envie de cuisiner en ce moment : j'ai fait un roulé de saumon aux épinard et un vacherin au caramel, un koueglof, des rillettes de poisson ... ), dents, lecture, calins, couchage des enfants. Dîner en amoureux, film ou série, et ...... parce qu'après tout ça, je suis encore en super forme. (ce doit être ma cure de tardiféron qui me fait cet effet là ! Ou peut-être le soleil qui pointe le bout de son nez ?)

Les mercredi, on trotte à nouveau dans tous les sens : jeux du Luxembourg, promenade en poney au Luxembourg, canards toujours au Luxembourg. Un petit tour en bus. Un musée, l'exposition sur les abysses à la Galerie de minéralogie (trop complexe pour des petits !), une visite au Louvre avec un déjeuner à la cafétéria du Carroussel (dur avec un tout petit).

Samedi matin, ce sera carnaval à l'école, avec défilé rue Mouffetard et spectacle. Sans oublier les fêtes d'anniversaires chez les copains à droite à gauche l'après midi, pendant que le cadet court au parc.

Dimanche matin : les trois petits cochons au théâtre de marionnettes du Luxembourg, une fois de plus. Dimanche après midi : goûter avec des cousins et leurs enfants. (parce qu'en plus j'ai décidé de combler mon retard en ce qui concerne les invitations à dîner.)

 

C'est bien gentil, mais quand est-ce-que je me repose, moi ?

 

BIENTOT !

21.11.2007

Mon Papa Alex.

Bonjour, je suis Henri, j'ai quatre ans et c'est mon tour aujourd'hui d'écire sur notre Papa Alex. C'est moi qui ai pris l'habitude d'appeler mes parents ainsi. Non, nous ne formons pas une famille recomposée avec Maman n°1, Maman n°2, Maman n°3 et Papa n°1, Papa n°2, Papan°3. Mais comme il y avait Papy cailloux, Mamie cailloux, Papy bateau et Mamie bateau, il y a eu Papa Alex et Maman Louise.

Papa Alex est vraiment super chouette.

Tout d'abord, Papa travaille la nuit. Enfin, travaille est un bien grand mot. Disons qu'il quitte le domicile conjugal vers 23 heures, passe ses nuits avec des stripteaseuses et autres créatures de la nuit et revient au peit matin l'air de rien. Une petite parenthèse : je crains que ma Maman Louise ne soit limitée intellectuellement. Quelle femme censée laisserait son mari rejoindre tous les soirs des effeuilleuses et libertines ? Mais c'est leur problème après tout. Et puis moi je suis gagnant car dans la journée Papa est souvent à la maison. Le matin, il dort et l'après-midi, il vient me chercher à la sortie de l'école. Ensuite, nous filons en famille au parc et le soir, c'est lui qui me donne mon bain. Vous en connaissez beaucoup des papas disponibles comme ça en pleine semaine ?

Avec mon Papa, on fait plein de trucs sympas: on va à la forêt, dans les musées, pêcher des bigorneaux, à la piscine. Cet été on va même camper pour la première fois. Papa joue avec moi, passe trois heures à monter un camion Légo que je casse en une minute trente. J'adore quand il m'enmène avec lui et qu'on est tous les deux, sans Maman et sans Franz surtout. On est ainsi allés au cirque, à la fête forraine sous la verrière du Grand Palais, au POPB voir des courses de voitures. Des trucs de mecs entre mecs. On est même allés voir des stripteaseuses dans un bar. Nan, je rigole ... mais j'attends. Plus que treize ans, huit mois, un jour et trois heures !

Dans l'ensemble, il est plutôt sympa mais parfois, il s'énerve et ça me fait un petit peu peur. Dans ces cas là, je vais me cacher sous ma couette. Maman essaie de le tempérer mais n'y parvient pas toujours. Je pleure. Si je n'ai vraiment pas été sage, mes parents me laissent pleurer mais si Papa s'est laissé emporter (il s'énerve plus vite que Maman dans l'ensemble), Maman vient me consoler et me fait un gros calin.

Je l'aime ma Maman et lui dis que je suis son amoureux. Elle me réponds que ce n'est pas possible, que son amoureux c'est Papa et ça me rends triste. Je n'en crois rien : comment ma Maman si douce et si belle peut avoir épousé mon Papa alors que c'est moi qu'elle épousera quand je serai devenu grand ? Et puis elle n'a pas pu épouser un type qui passe ses nuits avec des effeuilleuses, des danseuses de cabaret, des meneuses de revue ou encore des libertines. Ah mais, j'oublie une donnée : Maman n'est pas très futée.

 

Mais quelle famille !

20.11.2007

Ma Maman Louise.

Bonjour, je suis Franz, le fis cadet de Louise, j'ai vingt deux mois et aujourd'hui, je troque ma tétine contre la plume. Vous ne me croyez pas ? C'est impossible, dites-vous ? C'est que vous ne venez pas souvent sur ce blog, sinon vous sauriez que tout est possible ici. Même les bancs parlent chez nous. Mon grand frère de quatre ans, Henri, est capable de lire les gros titres du magazine Entrevue et personne ne cille. 

Mais il faut dire que nous sommes des enfants précoces. Je sais ce que vous allez me répondre : "Tous les parents ont des enfants précoces. Actuellement, c'est à la mode." Et c'est vrai qu'on entend à la sortie de l'école : "Antoine a un QI bien supérieur à la moyenne." "Agathe  a une intelligence hors du commun." et les parents viennent harceler la directrice de l'école maternelle pour que leur rejeton, surdoué il va sans dire, saute une classe.  Mais vous en connaissez beaucoup des enfants de vingt deux moi et quatre ans qui tiennent un blog ? CQFD !

Donc, aujourd'hui, c'est moi qui écris sur ma Maman Louise et demain, ce sera au tour d'Henri de faire une note sur notre Papa Alex.

 

Ma Maman, vous pensez qu'elle est pleine d'énergie mais vous vous trompez. Bien que je sois le plus petit de la famille, c'est moi qui me lève le plus tôt, vers sept heures, prafois même six heures. Et bien Maman n'accourt pas pour me prendre dans ses bras, elle traîne des pieds, a les cheveux en bataille et l'air hagard, puis dans un soupir, me soulève péniblement alors que je ne pèse que douze malheureux kilos. Chaque matin, invariablement elle me dit : "Bonjour mon ange, mais pourquoi ne veux-tu pas faire la grasse matinée ? Elle me donne des baisers mais je sens bien qu'elle préfèrerait être dans son lit. Pour la forcer à se bouger les fesses (ce n'est pas parce qu'on est dimanche et qu'il est 6h30 qu'on a le droit de lézarder, est-ce-que je lézarde moi ?), je réclame mon biberon avec force cris et pleurs. Ca marche à tous les coups : elle s'active car elle a peur que je réveille toute la maisonnée et les voisins au passage. Ensuite, on déjeune tous les deux. C'est l'un des moments que je préfère car j'ai ma maman pour moi tout seul et puis, après avoir bu son thé bien chaud, elle semble apaisée et me fait plein de calins.

Sa douche achève de la réveiller totalement et là, attention, ça déménage. Elle bouge, court dans tous les sens, range, lave, nettoie. Un ouragan. Elle me fatigue ma mère ! Faudrait lui dire de se calmer, lui dire que les vrais problèmes sont à Bagdad. Elle est limite maniaco-dépressive et comme moi j'aime bien mettre le bazar dans la maison, parfois nos relations sont tendues. Il faut la voir hurler quand je renverse la boîte de Légo sur le tapis et qu'ensuite je shoote dans le tas. Elle vitupère, lève les bras, s'énerve. J'adore, ça m'amuse. J'ai remarqué que plus je rigole, plus elle s'énerve. Alors j'en profite, ça me fait marrer. Il faut l'entendre crier (ma mère crie beaucoup) "J'en ai marre !" tandis qu'elle est à quatre pattes en train de récupérer à l'aide d'un couteau les petits morceaux de Légo coincés entre les lattes du parquet. Je monte ensuite sur son dos pour faire du cheval mais ça l'amuse moyennement et elle se cabre.

Parfois, Maman me brime. Elle ne comprend pas mon goût prononcé pour la physique et les arts. C'est le problème majeur que rencontrent les parents d'enfants précoces : ils sont souvent dépassés par leur progéniture. Commençons par la physique : j'aime étudié la gravité. Pour cela, je jette tout ce qui me tombe sous la main (admirez au passage le jeu de mots d'un enfant de 22 mois !) depuis ma chaise haute. Mais Maman fait ses gros yeux noirs comme elle dit. Je n'ai pas osé lui dire que ses yeux n'ont jamais été de cette couleur puisqu'ils sont marron, mais Maman n'est pas à une contradiction près.  Idem pour mon sens créatif auquel elle n'est absolument pas réceptive. J'aime peindre. Enfin, peindre est une façon de parler car je n'utilise ni peinture, ni pinceau, ni toile. Moi, je projette, c'est plus conceptuel. En effet, je prends dans ma bouche quelques cuillérées de purée d'épinards que je projette donc, sur une surface humaine, en l'occurence ma mère. Elle devrait s'extasier devant mon sens artistique si développé, crier au génie. Au lieu de ça, elle hurle que son chemisier blanc est foutu : que des détails purement matériels quand je pense élévation spirituelle. Pathétique !

Quand je sens qu'elle est vraiment à cran et que, du coup ça risque de chauffer pour mon postérieur (elle ne tient même pas compte des directives européennes qui proscrivent la fessée), je m'approche d'elle tout doucement, prends son visage entre mes mains, frotte mon nez contre le sien et  sens que ma punition s'envole. Elle se fait avoir à chaque fois. Elle est un peu naïve ma mère quand même.

Mais je lui pardonne car Maman prend ma défense quand des plus costauds que moi m'embêtent au parc, quand le voisin ouvre la fenêtre dans la cage d'escalier alors que c'est dangereux pour mon grand frère et moi, quand mes grands-parents maternels s'entêtent à m'appeler "Coco joli" et à me parler comme si j'étais un demeuré qui ne comprend rien. Le jour de ma naissance, Mamie et Papy sont venus me voir à la maternité et la première chose qu'ils aient trouvée à dire, je m'en souviens comme si c'était hier, a été : "Franz, ça n'est pas très joli comme prénom. On n'aime pas du tout." Ils avaient déjà fait le coup à mon frère Henri deux ans et demi plus tôt. Et mon arrière-grand-tante d'en rajouter : "C'est dur Franz pour un bébé." Et bien je peux vous dire que ça ne fait pas plaisir. Premièrement, on ne reste pas bébé longtemps. Deuxièmement, Coco joli c'est quand même beaucoup plus ridicule que Franz.  Troisièmement, ce n'est pas parce que je suis un bébé qu'il faut bêtifier : je peux dire jouet à la place de joujou, voiture à la place de vroum vroum et pompier à la place de pin pon. Et je ne parle même pas du ton employé ! "Non Mamie, je ne suis pas un crétin. Oui Mamie, tu peux me parler normalement."

Non mais, de quoi je me mèle ? Et même si ça ne leur plait pas, ils n'ont qu'à se taire, ce ne sont pas mes parents. Pour me venger, j'ai régurgité mon lait sur le chemisier de Mamie, bien fait ! Et moi, mon prénom je l'aime beaucoup parce que c'est ma Maman qui l'a choisi et ma Maman, c'est la meilleure. Na !

 

12.11.2007

Famille, je vous aime.

Certains disent "Je t'aime" à tout bout de champ, je n'en suis pas. Je fais partie de ces gens qui, à la mort de leurs parents, regretteront de ne pas le leur avoir dit, ne serait-ce qu'une fois. Est-ce de la froideur ? Plutôt de la pudeur. L'écrire est déjà plus facile, surtout pour moi qui manie avec plus de facilité la plume que la parole. Je me dis que peut-être un jour  ils liront ce petit texte et comprendront à quel point je les aime. Et en même temps, j'ai peur ; encore cette foutue pudeur.

Alex est le seul homme à qui j'ai dit "Je t'aime" et je peux compter sur les doigts de la main les fois ou je l'ai fait. Lui même ne me le dit pas souvent mais cela ne me gêne aucunement, ses regards et ses gestes sont autant de déclarations d'amour. Banaliser les "Je t'aime" reviendrait pour moi à les transformer en "J'adore". Ce "J'adore" qu'on emploie à tout propos, qu'on peut lire une ligne sur deux dans certains blogs, signifie actuellement : "Cette chose me plait, je la veux, je l'achète, je la possède". Mais je n'oublie pas pour autant les "J'adore quand tu te coiffes comme ça" ou encore "J'adore ta petite moue quand tu n'es pas content", toutes ces phrases qui donnent du sens à la vie de couple. Cependant, ce ne sont que des petits plus à un grand "Je t'aime" pesé et mûrement réfléchi. La sobriété et la simplicité d'un "Je t'aime" lui confèrent une certaine sacralisation. On n'est plus dans la consommation de masse ni dans la parole touchante et complice. On donne, on s'efface même pour donner sans condition, et ainsi l'on divinise l'objet de notre amour. Pas de méprise, on ne s'avilit pas en portant l'être aimé aux nues, simplement on le rend et on le sait digne de notre amour ; notre amour vaut bien ça lui qui n'a jamais été aussi fort.  Voilà pourquoi je préfère utiliser ces trois mots avec parcimonie, ils n'en auront que plus de valeur.

Finalement, c'est avec mes enfants que je suis la moins avare de "Je t'aime" et je me contredis effrontément avec ce que j'ai écrit précédemment. Avec eux, j'abandonne la pudeur que connaissent mes relations avec mes parents. A mes enfants je dis tous les jours "Je vous aime", je veux qu'ils grandissent bien. Parfois, ils s'arrêtent dans leurs jeux, le plus grand me répond : "Moi aussi Maman je t'aime", le plus petit blottit sa tête dans mes jambes à défaut de pouvoir l'exprimer oralement. Nous nous étreignons.

Je me souviendrai de ces étreintes quand je serai vieille et que mes fils auront à leur tour perdu cette spontanéité à me dire leur amour. Je les regarderai couvrir leur femme du regard et dire à leurs enfants : "Papa t'aime très fort mon ange."

10.11.2007

Je suis une mère parfaite !

Si la note d'hier vous a beaucoup fait parler, elle m'a fait réflêchir à ma propre relation avec mes deux garçons. L'une des craintes qui m'ont assaillies à la naissance de mes fils était d'être trop possessive, j'avais peur d'être de ces mères qui étouffent leurs enfants, de ces mères castratrices qui, sous couvert d'amour (?), font de leurs enfants des êtres névrosés à quinze ans et des adultes dépendants, fades et soumis. Je crois que c'est la plus grande peur que j'avais.

Je veux des enfants bien dans leur peau, volontaires, déterminés, plein de caractère et de personnalité. (Bon, question caractère et détermination, on a été gâtés au delà de nos espérances et c'est dur parfois !!!). Je ne veux pas que mes enfants me reprochent plus tard (ils me feront assez de reproches comme ça : "l'éducation que tu nous a donnée est nulle ", "tu ne nous aimes pas", et autres fadaises que tout enfant se doit de débiter à ses parents lors de la sacro-sainte crise d'adolescence) de les avoir castrés.  Le problème est : comment faire pour que je ne sois pas cette mère là ?

Je n'ai aucune réponse à vous donner, je ne sais pas du tout ce qu'il faut faire. Pourtant, l'autre jour je suis allée chez le pédiatre avec toute la smala. C'est un médecin proche de la retraite, imposant par sa stature, avec des mains comme des battoirs. On sent qu'il est pédiatre par vocation. Quand votre enfant est malade, il pose un diagnostic clair et net. Il ne tourne pas autour du pot en disant : "c'est viral, ça va passer." Quand vous sortez de son cabinet, vous savez exactement ce qu'a votre enfant, ce qui est de plus en plus rare !!! J'ai la plus grande confiance en ce toubib et l'écoute religieusement. Et savez vous ce qu'il ma dit ?

Il m'a dit, ouvrez grand vos oreilles !

" Madame, vous entretenez une relation très saine avec vos enfants !"

Alors là, moi qui quelques instants plus tôt avait bien envie de les jeter par la fenêtre (j'habite au quatrième étage), qui voulait les vendre au plus offrants, ou même les abandonner à la DASS pour pas un rond, je suis soudain devenue LA mère parfaite ! Celle qu'on prend en modèle, celle qu'on cite dans les magazines Parents, Enfants, etc, celle qui a lu tout Dolto (vous avez le droit d'y croire) et Freud , celle qui énerve les autres mères parce que ses enfants sont parfaitements équilibrés, celle à qui les pédopsychiatres demandent conseil. Et oui, c'est bien moi.

De retour à la maison, j'ai  appelé Belle-maman pour lui annoncer la bonne nouvelle. "Belle-maman ? Allo ? Allo ? ..." Bip,bip,bip ... Oh ? Elle m'a raccroché au nez !

25.10.2007

J'aurais envie.

Il est huit heures, je me réveille et je réfléchis. J'aurais envie de

  • faire la grasse matinée.
  • lire une pile de magazines confortablement installée dans mon canapé.
  • prendre un grand bain.
  • lire une journée entière dans mon lit tout en buvant du bon thé chaud.
  • regarder des émissions idiotes à la télévision.
  • révasser.
  • paraisser.
  • traîner en pyjama dans la maison.
  • ne rien faire.
  • m'ennuyer.

Mais Henri et Franz se réveillent à leur tour.

"Maman, qu'est-ce-qu'on fait aujourd'hui ?"

La journée ne fait que commencer mais déjà c'est rapé.

15.10.2007

" Un gôuter d'enfants."

Ne vous attendez pas à ce que je vous raconte par le menu les gôuters auxquels sont conviés mes enfants. Non, aujourd'hui je ne ferai que vous conseiller de lire la nouvelle de F. Scott Fitzgerald qui porte ce titre. Un petit bijou de comédie domestique, comme on disait à l'époque.  En quelques lignes, tout est dit : les relations parents -enfants, les relations mari -femme, les relations entre "amis", les relations entre enfants.

Rapide, efficace, très drôle et tellement vrai. Et puis, reconnaissons -le, ça fait plaisir de constater qu'il y a des familles encore plus déjantées que la mienne !

Bonne lecture.

" Un gôuter d'enfants." de F. Scott Fitzgerald, Le garçon riche (Un diamant gros comme le Ritz /2), Classiques pavillons, Robert Laffont.

12.10.2007

Dimanche matin au Luxembourg.

Dimanche matin 7 octobre, le temps des plus cléments se prête à merveille à une petite promenade en famille aux jeux du Jardin du Luxembourg. Monsieur et Madame Branchouille-Chic-Ultra-Friqué du 6ème arrondissement décident donc de se lever de bonne heure pour profiter de cette belle journée avec leurs deux enfants Branchouille-Chic-Ultra-Friqué.

Monsieur et Madame BCUF quittent leur vaste appartement familial de la rue du Bac et rejoignent d'abord le Lutétia pour leur traditionnel café -crême -thé -viennoiserie dominical. Le serveur attitré s'enquièrt de la bonne santé de la petite famille et gratifie les enfants Charles -Emmanuel et Anne -Charlotte d'une tape amicale sur le front.

Puis, toute la famille quitte le Lutétia afin de poursuivre la promenade qui passe obligatoirement par le marché bio du boulevard Raspail ou Madame BCUF fait la queue aux étals coincée entre la très maigre Sandrine Kiberlain et la très cracra Isabelle Adjani qui porte ses lunettes noires dès 9 heures du matin afin qu'elle soit sûre qu'on la reconnaisse. Mais ce petit marché est tellement authentique qu'il serait tout bonnement impensable de ne pas y passer. Maintenant que Madame BCUF a fait toutes ses provisions, direction le Jardin du Luxembourg ou les enfants vont enfin pouvoir jouer. Ils commencent à s'impatienter.

Déjà une petite queue s'est formée à la caisse. A la caisse ? me direz -vous ? Et oui, à la caisse. Ce n'est pas parce que vous êtes dans les jardins du Sénat que tout le monde peut  profiter des jeux. Ici, la démocratie ne passe pas les portes du Palais du Luxembourg. Pour jouer, on paie. Oh, ne vous révoltez pas trop vite ! Cela tient à une vieille tradition instaurée en 1872 : la première concession fût mise en place, puis d'autres dans les années qui suivirent. Alors quand vous venez au Luxembourg, vous payez à des commerçants le théàtre de marionnettes, les promenades en poney, le manège, mais aussi les jeux et les balançoires. Pour les jeux, il faut débourser 2€60 pour un enfant et 1€60 pour un adulte (sinon, l'adulte reste dehors), le ticket reste quand même valable pour la journée (ouf !). Attention, à ce prix là, il n'y a pas qu'un seul tobbogan (quand même !), il y a des jeux pour les tout petits, des jeux pour les plus grands jusqu'à 9 - 10 ans et un bac à sable. Monsieur et Madame BCUF ont donc payé leurs 8€40. 

Pour l'occasion, Monsieur BCUF porte une chemise à fines rayures bleu ciel, un jean ou un pantalon de toile beige, des mocassins Tod's et une écharpe en cachemire. Il a passé une heure trente dans sa salle de bain ce matin, on n'arrive pas à un tel résultat sans effort. Alors, Monsieur remet sa petite mèche et se dandine ou bien parade (au choix) au milieu des autres familles BCUF tout en surveillant sa progéniture toute de Bonton vêtue (plus casual que Bonpoint qu'on réserve pour la semaine pour aller à l'Ecole Alsacienne). Quant à Madame BCUF, elle porte un legging noir, un sweat en cachemire Lucien Pellat-Finet, des ballerines Roger Vivier et des lunettes du soleil noires Chanel ou Prada. Les rayons de soleil sont arrétés par les arbres, mais qu'importe, les lunettes noires sont indispensables en cette heure matinale.

Monsieur se repose de sa semaine éreintante, il est patron d'une grosse entreprise, cardiologue ou banquier ; Madame, si elle travaille, est attachée de presse chez Vuitton, avocate dans un cabinet d'affaire ou tient une agence immobilière. Monsieur lit le Journal du Dimanche sur un banc tandis que Madame pense avec effroi qu'elle va devoir aller sur la rive droite cette semaine pour commander un nouveau sac Kelly chez Hermès et trouver un cadeau chez Colette pour sa copine qui fête ses trente cinq ans.

Les enfants, eux, jouent tranquillement dans le bac à sable. De temps à autre, Anne - Charlotte vient voir son Papa, mais sa Maman veille :

" Anne -Charlotte, combien de fois vais -je devoir te dire de ne pas poser tes mains sales sur le pantalon de Papa. Tu sais bien qu'il déteste ça. Retourne jouer avec ton frère. Papa et Maman se reposent.  Et toi, Charles -Emmanuel, ne touche pas les marrons, et les feuilles non plus, c'est sale ! " 

Et ainsi passent les dimanches matins de Monsieur et Madame Branchouille -Chic -Ultra -Friqué accompagnés de leurs deux enfants Branchouille - Chic -Ultra -Friqué ... quand ils ne vont pas à la messe !

15.09.2007

samedi matin : drague.

Quand on est enceinte, on se dit avec un petit pincement au coeur, il faut bien le reconnaitre, que jamais plus on ne se fera draguer.

Soyons réaliste, la drague pendant la grossesse ça n'est pas possible, à moins bien sûr, de tomber sur un tordu et là, je ne suis pas sûre que cela fasse vraiment plaisir (il paraît qu'il existe des films pornographiques avec des femmes enceintes !).

Passons donc directement à la période post naissance, ou plutôt aux périodes post naissance. Encore une peu de franchise, n'en déplaise à certaines de mes lectrices : juste après l'arrivée de bébé - chéri, la drague ne sera toujours pas pour vous. Bah oui, qu'est-ce-que vous croyez ? Vous pensez vraiment que le beau brun là-bas va s'intéresser à votre petite personne alors que vous avez un porte -bébé avec un truc qui dort dedans, que vous avez un ventre qui ressemble à une énorme pâte à pizza et que vos cernes rejoignent votre menton ? Soyons lucides, vous ne plaisez qu'à bébé chéri et seulement parce que vous le laissez téter. Attention, si un homme demande à téter vos seins, c'est encore un tordu !

Non, la période qui nous intéresse, c'est celle ou vous avez retrouvé votre ligne et votre sommeil. Vous êtes épanouie, vous êtes belle, vous êtes à nouveau une femme et pas seulement une vache laitière. Et bien, c'est à ce moment de votre vie que vous vous ferez le plus draguer.

J' apporte ici quelques conseils suplémentaires afin d'appuyer mes dires. Si vous voulez vous faire draguer, promenez - vous dans les espaces jeux des parcs et des squares, de préférence le samedi matin, avec un ou deux enfants ( louez pour l'occasion les enfants de votre soeur ou de votre meilleure amie si vous en êtes dépourvue.)

Pourquoi ? Parce qu'aborder une femme avec des enfants, il n'y a pas plus simple :

  • Il est à vous ce ravissant bébé ?
  • Comment faites - vous avec vos enfants ? Moi, je n'y arrive pas.
  • Comme ils sont sages ces enfants.

Et hop, la discussion est amorcée. Puis, tout doucement, le mâle vous demande : "Je ne connais pas bien le zoo, vos enfants pourraient peut-être le faire découvrir aux miens ?"

Le second point très important est le jour ou l'on drague : pourquoi le samedi matin précisément ? Parce que le samedi matin :

  • si Monsieur est marié, Madame prend son bain ou fait les courses.
  • si Monsieur est divorcé, c'est son week- end de garde. Il ne manque alors pas de vous dire avec son plus beau sourire : "la semaine prochaine, je serai libre comme l'air, c'est mon ex-femme qui s'occupera des enfants."
  • si Monsieur est célibataire sans enfants, méfiez - vous, Monsieur est un pro de la drague et, comme vous peut - être, il a loué les deux chérubins à son meilleur pote !

 

N.B. Moi qui pense à rechercher du boulot, une idée m'est venue en rédigeant cette note : pourquoi ne pas ouvrir une agence de location d'enfants à l'entrée des parcs ? Je ne bosserais que le samedi !