20.02.2008

Pourquoi n'était-ce pas écrit dans le Pernoud ?

Neuf mois à grossir. Neuf mois à rêver de lui. Neuf mois à l'imaginer.

Et puis ................ la claque !

 

1) Le physique d'un Ange :

Je me souviens qu'aux cours de préparation à l'accouchement, la sage-femme nous avait demandé une représentation de notre enfant à naître, type dessein, collage, etc ... Jusqu'alors je la trouvais très bien cette sage-femme, mais là elle m'avait prise de cours. J'aurais pu découper la photo d'un bébé dans La Redoute, comme l'ont fait certaines futures Mamans, mais cela m'a semblé tellement aberrant que j'ai préféré m'abstenir. D'autres avaient dessiné au feutre ou peint des enfants : mais ils étaient si laids que même Picasso les aurait abandonnés à la DASS ! Quand ce fût mon tour de présenter mon chef d'oeuvre, les autres mères m'ont regardé d'un sale oeil puisque je n'avais absolument aucune toile, aucun bébé en papier mâché, aucun avorton en pâte à modeler bleue à exiber fièrement à toute l'assemblée.

"Madame, toute mère se représente son enfant d'une façon ou d'une autre !" m'a dit la sage-femme.

"Certes, mais je ne suis pas sûre que montrer un bébé décapité aux futures accouchées serait du meilleur gout ?"

Silence dans la sale.

"Mais pourquoi décapité ?"

"Tout simplement parce que je suis parfaitement incapable de m'imaginer la tête de ce bébé. En fait, quand j'imagine mon enfant, c'est un corps et uniquement un corps que je vois."

Comment voulez-vous leur dire que je n'ai absolument aucune envie que mon bébé ressemble à ces horreurs peinturlurées ? Comment leur expliquer qu'un nouveau-né n'est ni orange, ni vert ?

Mon cas ayant été débattu, (Les Freud ET Dolto en puissance ne sont décidément pas mes copines) on a pu passer à la future maman suivante (vous savez, celle qui vient toujours avec le Papa. Papa qui aimerait bien être la Maman, Papa qui fait la couvade, Papa qui demande : "qu'est-ce-que je fais quand ma femme allaite ? " Je lui aurais bien répondu : "tu bois une bière en regardant un match de foot" mais je ne suis pas sûre que l'assemblée aurait été une nouvelle fois sensible à mon humour. Bon, là, c'était juste pour l'anecdote)

Donc, sur le physique, je n'étais pas très forte. Tout ce que je voulais moi, c'était un bébé en bonne santé, bien rond et chauve. J'avoue, je n'aime pas les bébés avec des cheveux. Le jour de l'accouchement, la sage-femme me dit :

"Encore un tout petit effort, c'est presque fini, je vois ses cheveux."

" Vous êtes sûre ? Je n'aime pas les bébés avec des cheveux !"

" Il n'en a que très peu et ils sont blonds. Vous le gardez quand même ou on lui dit de retourner d'ou il vient ?"

" C'est bon, je pousse."

Finalement est arrivé un petit Henri, pratiquement chauve. Ouf, je n'ai pas été déçue sur ce coup là. C'est bien simple, c'était le plus beau bébé du monde. Et en plus, il avait une tête fournie avec, incroyable !!!

 

C'est après que nos rêves se transforment en cauchemars.

 

2) Mais faite-le taire ! 

Tout le monde sait qu'un bébé pleure. Mais ce qu'on ne nous avait pas dit c'est qu'un bébé peut pleurer, de préférence la nuit, pendant plusieurs heures. Impossible de le calmer, impossible de savoir pourquoi il pleure (hélas, ces petites bêtes ne parlent pas avant plusieurs mois). Et ça énerve. Ca vous énerve et ça énerve Monsieur également. Résultat, à trois heures du matin, Madame engueule Monsieur :

"Mais fais quelque chose bon sang. Tu vois bien qu'il pleure ! Ce n'est pas la faim, il vient de téter."

Monsieur rétorque : "C'est toi sa mère, tu sais mieux que moi. Calme-le, enfin."

Les parents crient et bébé pleure de plus belle. La nuit est foutue, la maman pleure d'épuisement et le Papa berce dangereusement son bébé en chantant : "Les oies sauvages vers le nord ...". Plus que cinq heures et il fera jour.

 

3) Un petit encas ? Tu parles !

Pour les tétées aussi, la réalité n'est pas toujours rose. On vous parle de fusion entre la mère et son enfant, d'amour incroyable, de sensations magnifiques. Tout ceci est vrai (ayant allaité mes deux garçons pendant six mois chacun, je sais que c'est vrai). Mais je ne suis pas pour autant une intégriste de la Leche League. Et je sais aussi que l'allaitement n'est pas toujours une partie de plaisir.

Commençons par la fameuse montée de lait. Parfois ça se passe bien : ce fût le cas pour mon premier garçon. Mais parfois, ça se passe mal aussi : ce fût le cas pour mon petit Franz. On vous dit :

"La montée de lait peut-être légèrement douloureuse".

Légèrement signifie que la jeune maman pleure tant elle a mal parce que ses seins ont pris des proportions hallucinantes, même pour Pamela Anderson. Des ganglions lui poussent sous les aisselles. Elle ne pense plus qu'à ses seins. Elle les trempe dans des saladiers d'eau chaude, leur fait des masques à l'argile, leur fait prendre des douches pendant des heures. Elle supplierait presque son mari de lui têter les seins tant elle souffre. Et finalement elle ne dit rien quand une puéricultrice de la PMI lui masse les seins afin de la soulager. Et elle s'en fout complètement qu'un papa venu faire peser son dernier-né n'en perde pas une miette. Elle a tellement mal qu'elle en oublie toute pudeur.

La galère ne s'arrête pas là, ce serait trop simple. Vos seins ont dégonflé mais Bébé Chéri est un vorace qui n'arrive pas à téter correctement. Voici venir les crevasses. Je passe sur la douleur fulgurante qu'on ressent à chaque fois que Bébé Chéri happe le mamelon ensanglanté. Tout le monde a compris, pas la peine d'en rajouter. Mais ce qu'on ne précise pas dans les manuels d'allaitement, c'est que votre sang est bu par votre enfant en même temps que votre lait mais qu'il ne ressortira de Bébé Chéri, sous forme de vomi, qu'à la tétée suivante, quand vos seins eux ne saigneront plus. D'ou la panique qui s'empare de vous quand votre enfant de quatre jours crache du sang : ne ferait-il pas une hémorragie ? Bien sûr Monsieur n'est pas là et vous voilà, seule, à six heures du matin en train d'enmener Bébé Chéri et son grand-frère aux urgences de Saint-Vincent-de-Paul, en bus. Elle a oublié de nous le dire ça Laurence !  Ce n'est pas beau de mentir par omission.

Je rassure les futures mamans, une fois cette pénible étape franchie, allaiter son enfant est l'une des choses les plus merveilleuses qu'il m'ait été donnée de faire.

 

4) Le caca, c'est la vie !

Un bébé fait caca et le changer fait partie des tâches que chaque parent doit accomplir. On le sait tous avant même que Bébé Chéri soit sur terre.  Ce qu'on ne sait pas c'est l'importance que revêt la défécation d'un enfant.

Qui ne s'est pas étonné en entendant ces parents s'ébahir devant les cacas de leur progéniture ?

"Mais ils sont dingues !" disions-nous. "Nous ne ferons jamais ça."

Et puis, la roue tourne. Un beau caca, est le signe premier de la bonne santé d'un enfant. Si il est trop mou : attention à la gastro ! Les puéricultrices le savent bien qui vous attendent chaque soir : "Votre fils a eu deux selles molles aujourd'hui !" Façon de vous dire que Bébé Chéri est dorénavant en quarantaine et qu'il va falloir trouver un autre moyen de garde. La gastro ne passera pas par la crêche. Vade retro Bébé Chéri !

Si le caca est trop acide (rapport à l'odeur et à l'irritation qu'il déclenche sur les petites fesses de Bébé Chéri), c'est le signe que votre enfant fait ses dents. A ce souci, s'ajoute les pleurs, car Bébé souffre (retour donc au petit 2, et là, on est vraiment dans la m**** !).

Si le caca est trop dur : Bébé Chéri est constipé. Changez votre alimentation en cas d'allaitement, préparez une purée d'épinards si votre enfant a déjà attaqué l'alimentation solide et tout rentrera dans l'ordre. Dans quelques jours, les cacas de Bébé Chéri seront à nouveau parfaitement moulés.

Si le caca de Bébé Chéri est granuleux, c'est juste que votre enfant a avalé tout le bac à sable. A ce propos, je tiens à saluer l'excellent travail de la Société Playmobil qui a eu l'ingénieuse idée de faire des pièces de trésor de Pirate bien dorées : ainsi, les couches de mon petit dernier brillent de mille feux, le comptage en est facilité et toute la famille s'émerveille des cacas de mon fils : on est fier, ça fait riche !!!

 

5) Ces petites choses qui nous pourrissent la vie :

a) Papa et Maman sont très fiers de toi ! Bébé Chéri piquera les jouets des autres enfants, il se battra, il piquera des crises et tout le monde se retournera pour voir quel enfant insupportable fait un tel raffût, il refusera d'avancer dans la rue sans raison aucune, juste vous faire tourner en bourrique, il dira à la gardienne de l'immeuble "Dis, pourquoi tu es si grosse ?", il refusera un jour de dire bonjour à sa grand-mère, il mettra les deux mains dans sa purée, il refusera de manger son jambon coquillettes alors qu'il adore ça habituellement .....

Désolée, mais votre enfant n'est pas mieux que les autres. C'est un enfant, tout simplement.

b) Deux grands-mères, deux grands-pères ? Ca fait pas un peu beaucoup tout ça ? : Les grands-parents sont des gens formidables qui vous soutiennent quoi qu'il arrive. NAN ! Les grands-parents sont des gens qui se permettent de commenter vos choix de prénoms d'une manière pas toujours agréable. Les grands-parents sont des gens qui remettent en cause vos principes éducatifs, parfois même devant votre progéniture. Les grands-parents sont des gens qui font le contraire de ce que vous leur avez demandé : "Pas de bonbon ce matin !" " Mais, je ne lui en ai donné que 4 ". Les grands-parents sont des gens qui vous disent " tu es bien contente de nous trouver pour garder tes enfants" uniquement parce que vous avez osé les contredire sur un point. Les grands-parents sont des gens très envahissants : "Tu m'empêches de voir mes petits-enfants ?" "Mais Maman, tu es déjà venue à la maison six fois cette semaine". Les grands-parents savent toujours mieux que vous : "Tu ne vas pas nous apprendre comment élever des enfants. On est passés par là avant toi ma petite." Il ne vous reste que deux choses à faire : couper définitivement le cordon et trouver une bonne baby-sitter !

c) Dors mon ange ! En ce qui conseille le sommeil des bébés, je me contenterai de citer Léo J. Burke : "Ceux qui disent dormir comme un bébé n'en ont pas."

Cette liste n'est pas exhaustive, mais je préfère m'arrêter là afin de ne pas vous saper le moral.

 

6) Et l'amour dans tout ça ? :

On peut tout écrire sur l'amour parents-enfants, mais les mots ne seront jamais assez forts pour évoquer sa puissance. On peut essayer d'imaginer cet amour pendant neuf mois, ce sera toujours bien en deça de la réalité. Et c'est pour cela qu'on recommence, car on n'est jamais déçu. Nos plus beaux rêves seront toujours bien ternes à côté de la réalité des liens qui nous unissent à nos enfants.

16.11.2007

C'est pas joli joli.

Approchez-vous. Plus près. Ce que je vais vous dire doit rester entre nous. Je vais vous raconter une histoire. Enfin, pas tout à fait une histoire car tout ce dont je vais vous parler relève de la stricte vérité. Il ne faudrait pas que cela se sache. Pourquoi ? Mais parce que cela concerne des milieux biens sous tout rapport, des gens au dessus de tout soupçon, la crême de la société. Un milieu que vous ne pourrez sans doute jamais pénétrer ... mais c'est peut-être mieux pour vous ! 

(âmes sensibles, abstenez-vous).

Monsieur et Madame habitent dans le XVIème arrondissement de Paris. Le couple pèse 28 millions d'euros. Lui est patron d'une grande entreprise et négocie ses contrats directement avec les chefs d'état. Il est bien sur très pris par son travail et voyage aux quatre coins du monde. Elle ne travaille pas. Quand elle est à Paris, elle passe ses journées chez le coiffeur et l'esthéticienne, fait du shopping rue du Faubourg Saint-Honoré ou avenue Montaigne et se fait photographier par les journalistes mondains du Figaro dans toutes les grandes soirées parisiennes. Monsieur et Madame se croisent à l'occasion de dîners d'affaires qu'elle organise pour son époux, lors de soirées caritatives à l'Hôtel Crillon ou encore à l'Opéra ou ils sont invités à toutes les premières puisque l'entreprise de Monsieur fait partie des plus grands mécènes de la vénérable maison. 

Depuis bien longtemps, Monsieur et Madame font lits séparés, depuis la naissance de leur fils unique en fait. Le divorce n'est pas envisageable : Madame est l'héritière de l'entreprise que dirige son mari ! On appelle cela un mariage de raison : elle apporte l'entreprise de Papa en dot, lui son savoir-faire. Et tout le monde est content. L'amour me direz-vous ? Mais l'amour, quand on pèse 28 millions d'euros, n'entre pas en ligne de compte. Pourtant, quelqu'un en a fait les frais.

Le fils, unique héritier, se sent bien seul entre un père trop pris par sa carrière et une mère dont l'instinct maternel s'est limité à payer une fortune une nurse pour l'élever. L'enfant a mangé seul dans la vaste cuisine high-tech, a joué seul dans les trois cent cinquante mètres carré avenue Foch. A l'adolescence, ses parents lui ont offert un mois de vacances aux States, seul encore. Là bas, il a découvert la drogue qu'il a continué à prendre une fois rentré à Paris. Pas très difficile de s'en procurer dans les boîtes à bac du XVIème arrondissement. Dans les établissements de nuit du VIIIème, il hésite l'air blasé entre une bouteille de Cristal Roederer ou un magnum de Dom Pérignon, va au toilettes accompagné de deux ou trois copains et en ressort le nez plein de poudre. Mais Papa et Maman ne remarquent pas la descente aux enfers de leur rejeton, bien trop occupés.

Pendant ce temps, Monsieur continue ses voyages à travers le monde. Parfois, au retour de l'aéroport, il passe boulevard Ney et se tape, dans sa Mercedes classe S, un travesti nord-africain séropositif : après le stress des négociations commerciales, la montée d'adrénaline procurée par des rapports non protégés avec la lie de la société l'excite au plus haut point. Quant à Madame, elle se partage entre ses obligations mondaines parisiennes, son nouveau pied-à-terre new-yorkais et ses escort boys qu'elle embauche de plus en plus souvent pour combler sa solitude.

Fiston grandit. Il échoue lamentablement au baccalauréat mais poursuit sa plongée dans les profondeurs des stupéfiants. Même ses parents se sont rendus compte de sa dépendance. Papa lui offre cure de désintoxication sur cure de désintoxication, mais rien n'y fait. A trente ans, seul une fois de plus, il s'endort tout doucement devant sa télé pour ne jamais se réveiller.

Papa est contraint de décaler un rendez-vous très important pour assister à l'enterrement, Maman achète une robe noire chez Chanel et va chez le coiffeur pour être présentable à l'église. Ils disent : "Depuis le temps qu'on s'y attendait !" sans verser la moindre larme. Pour la première fois de sa courte vie, l'enfant n'est pas seul.  

 

31.10.2007

Arcimboldo pour de vrai.

Vous connaissez tous Arcimboldo. Le nom ne vous dit rien mais vous avez tous vu ses oeuvres. C'est ce peintre de la Renaissance qui a peint des personnages avec des fruits, des légumes ou encore des animaux. Ses plus célèbres oeuvres sont Le Printemps, L'Eté, L'Automne et L'Hiver. Rappelez-vous, toute votre enfance on vous a montré ses toiles. Même dans la classe de mon fils, qui n'est pourtant qu'en moyenne section de maternelle, les quatre saisons sont affichées.

Cet automne, le Musée du Luxembourg propose une exposition des oeuvres d'Arcimboldo. J'ai donc pris Henri sous mon bras et l'ai enmené découvrir ces toiles "pour de vrai", comme il dit.

Cela fait toujours un drôle d'effet quand on voit "pour de vrai" les toiles qu'on a découvertes plus jeune dans les manuels d'histoire et de littérature. Allez voir le Sacre de Napoléon par David au Louvre, vous comprendrez exactement ce qu'on peut ressentir. On est tout petit, on admire et on n'oublie pas de fermer la bouche.

Alors, "pour de vrai", j'ai vu les quatre saisons, les éléments (La Terre, Le Feu, L'Air, L'Eau), Flore, les tableaux vice et versa du Maître et je n'ai pas été déçue. Ils ont la taille à laquelle on s'attend. (Pas comme La Joconde qui semble à tous minuscule la première fois qu' on l'admire ).

Je me suis rappelée mes cours de dessin sur ce thème avec Madame S. qui avait eu l'idée à cette occasion de composer des "oeuvres" à la manière d'Arcimboldo mais en collant sur un grand carton des bonbons à l'aide de caramel. Nous avions mangé davantage de bonbons que nous en avions collés, bien évidemment.

Henri a beaucoup aimé La Mer avec ses multiples poissons et crustacés. Nous avons également découvert une ravissante tortue faîte à partir d'une véritable carapace et d'argent et issue du cabinet de curiosités des Habsbourg.

En sortant, j'ai acheté une brochure sur l'exposition qu'Henri s'est empressé de montrer à sa maîtresse. Il était fier de raconter à ses camarades que les quatre saisons, lui, les avait vues "pour de vrai".

 

Arcimboldo, Musée du Luxembourg. Il est préférable d'acheter vos billets en avance ou de réserver si vous vouleez éviter les trois heures de queue. Avec des enfants, allez-y une demi-heure avant l'ouverture, vous éviterez la cohue. Les poussettes sont interdites.

20.10.2007

Vous avez des enfants ? Restez chez vous !

Je ne vous parlerai pas ici de sortie au restaurant avec des enfants en bas âge, mais simplement de vous promener dans Paris avec vos petits. Vous avez décidé d'enmener vos enfants à La Cité des Sciences de la Villette afin qu'ils voient la toute nouvelle exposition. Prenez l'aîné par la main et le cadet dans la poussette, le parcours du combattant va commencer.

Premièrement, la porte cochère de votre immeuble est extrêment lourde et l'emmerdeur de la copropriété (chaque copropriété en a un, j'y reviendrai un autre jour) ne veut pas qu'on mette une accroche au mur pour pouvoir retenir cette foutue porte le temps de passer, ça dénaturerait le hall.  Après vous être démis le dos en tenant la porte tout en poussant vos enfants et avoir esquinté vos chaussures en voulant retenir la porte du pied, vous êtes enfin passé.

Vous voilà maintenant sur le trottoir : attention à vos enfants, trottinettes incontrolables et vieux en Vélib (les vieux en vélo, ce sont les pires) vous frôlent, voire vous foncent dessus quand ils ne tombent pas sur la poussette. Depuis que Delanoé a installé les Vélib, les séniors ont décidé de s'y remettre, après vingt ans sans avoir pédalé. La circulation à Paris étant plus dense que sur les petites routes de campagne, les nouveaux cyclistes ont peur des voitures, ils préfèrent rouler sur les trottoirs. Ajoutez aux trottinettes et aux vélos, les scooters qui passent par là afin d'éviter les feux, un conseil, si vous voulez être en sécurité avec vos enfants, marchez en plein milieu de la chaussée, vous aurez plus de chance de vous en sortir vivant. Inutile de préciser que les Vélib ne sont pas faits pour vous, parents, ou voulez vous mettre vos enfants ? A la place des gardes-boue peut -être ? Et puis vous savez bien que Delanoé n' a strictement rien à foutre des familles avec enfants. Pas de risque qu'il ait des enfants, il a Denis Baupin pour faire du tandem et ça lui suffit. Encore un coup du complot cyclo-socialiste. Méfiez -vous, ils sont partout à Paris.

Vous vous dirigez maintenant vers la bouche de métro. Trente marches à descendre en tenant l'aîné dans une main, la poussette pleine de votre cadet dans l'autre. Comment ça, vous n'y arrivez pas ? Débrouillez -vous ! Laissez la poussette en haut et descendez le plus grand, puis dîtes -lui de vous attendre bien sagement. Pendant ce temps, votre poussette est maintes fois déplacée car elle gêne le passage des parisiens pressés. Mais si ils ont vu qu'il y avait un bébé dedans ; à force d'être déplacé par des inconnus votre bébé hurle tellement que tout le monde s'est rendu compte qu'elle est habitée cette poussette, et alors ? Ce n' est pas parce qu'il pleure qu'on ne va pas le bouger ! Vous remontez maintenant chercher la poussette, mais allez -y doucement surtout si il a plu car vous risquez de descendre beaucoup plus vite que prévu, les marches de métro sont aussi glissantes qu'une patinoire par temps pluvieux. Soufflez, vous êtes déjà tout rouge, or votre promenade vient à peine de commencer, et il vous reste encore trois escaliers à descendre avant d'atteindre le quai, ici point d' ascenseurs. Avancez jusqu'aux oblitérateurs pour y introduire votre ticket ou plutôt vos tickets (l'aîné paie depuis qu'il a quatre ans : c'est cela qu'on appelle "inciter à prendre les transports en commun !"); Vous avez introduit votre premier ticket dans la machine, votre fils est juste devant  mais hélas vous ne pouvez pas éviter ses cris déchirants : il est happé par les portillons et n'arrive plus à en sortir. Vous n'avez pas le choix, tirez de toutes vos forces pour délivrer votre enfant qui hurle de plus belle. Votre voisine compatissante vous dit : "Mais qu'il est mal élevé cet enfant !" Finalement, vous prenez votre garçon dans les bras pour passer mais c'est la poussette qui a son tour est coincée. Il faut faire appel à la guichetière pour qu'elle  vous ouvre un passage spécial. Problème, celle qui pourrait vous sauver  n'est pas à son poste sur lequel repose le fameux écriteau "Fermé". Il ne vous reste plus qu'à faire demi -tour et à remonter les escaliers (d'abord le grand, ensuite la poussette, on garde ses bonnes habitudes surtout. Vous comprenez maintenant comment j'arrive à conserver ma ligne sans aller au club de gym.)

Mais vous êtes quelqu'un qui ne laisse pas abattre pour aussi peu, alors vous décidez de vous rendre avec la marmaille à l'arrêt de bus le plus proche. Coup de bol, seulement 4 minutes d'attentes. Quinze minutes plus tard, vous êtes toujours là, les panneaux d'affichages de la RATP se plantent souvent. Le petit s'agite dans sa poussette, le grand commence à pleurnicher. Enfin le bus arrive : il est plein à carquer, impossible de faire entrer la poussette : passez votre tour et revenez à la case départ. Pour faire patienter vos enfants qui sont proches de l'hyperactivité, vous dégainez le morceau de pain, mais la Super -Maman -De -Quoi -J'me -Mêle à côté de vous ne peut s'empêcher  de vous déconseiller de donner n'importe quoi à manger à vos enfants, à grignoter tout le temps, ils vont devenir obèses. (Respirez un bon coup au lieu de lui asséner un coup de boule, ce serait mal perçu.) Un bus arrive et cette fois vous réussissez à entrer sous les regards méchants des autres usagers qui vont devoir se serrer un petit peu, ce qu'ils n'aiment pas du tout faire. Au fur et à mesure que le bus avance, il se remplit. Votre aîné se retrouve alors enmené au fond du bus, il ne vous voit plus et sanglote de peur de vous avoir perdu. Un vieux Monsieur très chic s'empresse alors de dire suffisamment fort pour que tout le bus (un double) entende : "Mais, faîtes taire cet enfant, c'est insupportable à la fin !" Heureusement, une maman qui comprend ce qui se trame ramène la brebis égarée et l'enfant retrouve le sourire. Seulemement voilà, il a très envie de faire pipi et non, ça ne peut pas attendre.

Au prochain arrêt, vous descendez, vous n'atteindrez jamais votre destination. Exténuée, vous rentrez chez vous. Demain, vous regarderez un reportage à la télévision sur la nouvelle exposition de la Cité des Sciences.

18.09.2007

Votre fils est un crétin.

Petites phrases assassines prononcées à l'égard de ma progéniture par des mamans charitables :

  • A vingt mois, on sait dire bonjour, merci et au revoir.
  • Il arrive que Colin soit comme Franz mais c'est extrèmement rare, heureusement. ( phrase prononcée au moment ou l'irréprochable Colin attrape Franz par le col de sa chemise pour le projeter violemment contre un mur).
  • Dites à votre fils d'arréter de crier, c'est vraiment pénible (Franz vient d'être mordu jusqu'au sang).
  • Ah bon, Henri sait parler à dix huit mois ?   Euh oui !     Enfin, on voit bien qu'il y a des tas d'autres choses qu'il n'a pas encore développées.
  • Vous n'avez pas honte de votre fils, madame ?
  • Mon fils parle français, anglais et italien.    Et le vôtre ?
  • Vous n'avez pas inscrit Henri dans un club le mercredi après-midi ?     Euh, il n'a que quatre ans !    Vous savez qu'il rique d'être très en retard par rapport aux autres enfants !
  • Franz (24 mois à l'époque) n'est toujours pas propre ? Il n'est pas très en avance dites - donc. Avez - vous consulté ? 
  • Deux ans et demi de différence entre les deux frères, ça n'est vraiment pas l'idéal.  

17.09.2007

Ce soir, je suis célibataire !

Alex a été appelé en province dans le cadre de son travail, il ne reviendra que demain. Me voici donc célibataire, pour deux jours, mais célibataire avec deux enfants.

Alors ce soir, mon aîné se sent responsable de moi, il a été un modèle de sagesse, exécutant à la seconde prêt ce que je lui demandais. Après avoir dorloté et couché son petit frère, je lui ai lu son histoire quotidienne. Il s'est pelotonné contre moi, savourant l'instant - d'habitude, c'est Alex le préposé à l'histoire . La nuit une fois tombée, il s'est spontanément levé : " Maman, il est tard, je dois aller me coucher, il y a école demain ." Et pourtant, hier, jour du Seigneur, je ne suis même pas allée prier Saint - Médard. Deux derniers calins (un sur les genoux et un une fois qu'il est sous la couette) et me voilà transformée en célibataire sans enfant.

Que faire alors ?

  1. Aller sur Meetic : je vais recevoir des tas de mails, Alex s'en rendra compte à son retour. Impossible.
  2. Appeler mes ex : la note de téléphone va être salée.
  3. Faire une virée entre filles : la baby-sitter est déjà prise ailleurs.
  4. Regarder un bon film à la télé : un lundi soir ? surréaliste.

Je vais aller me coucher.