13.10.2007

On aura tout entendu.

Un professeur de français dans la salle des profs : 

" Guy de Maupassant écrivait vraiment mal ."

16.09.2007

Fille de prof !

En cette période de rentrée, les souvenirs de ma scolarité me reviennent avec force alors que, chaque jour, j'enmène Franz à son école. Mon fils effectue sa scolarité dans le Vème arrondissement de Paris, l'arrondissement des profs et des chercheurs, celui des lycées Henri IV et Louis Le Grand, celui de la Sorbonne et de Normale Sup, pour ne citer qu'eux. Me serais - je installée dans le Vème par hasard ? Ne serais - je pas en train de reproduire ce que j'ai vécu ?

Née d'une mère professeur d'anglais et d'un père imprimeur, j'ai passé une enfance studieuse mais néanmoins heureuse, une enfance pleine de livres et une cuillère pleine de culture dans la bouche. Avoir au moins un parent enseignant vous astreint à une certaine discipline :

  • visites de musées pour la culture, activités extrascolaires artistiques et sportives ( natation et flûte pour mon frère ; danse classique - ma passion - et piano pour moi ) pour la culture, le corps et le maintien, voyages à l'étranger et échanges linguistiques avec des anglais et des autrichiens pour connaître d'autres cultures et découvrir le monde.
  • cours d'anglais dès l'âge de 4 ans, tous les mercredis matins juste avant la visite hebdomadaire à la Bibliothèque municipale.

Pour mes parents, tout adulte n'ayant pas suivi ce cursus enfant est inculte.

A ce programme déjà chargé, n'oublions pas d'ajouter, mais c'est une évidence dans le monde enseignant, la vie scolaire qui doit obligatoirement passer par les étapes suivantes :

  • une bonne maternelle et une bonne primaire : là, pas de soucis, c'est après que les choses se corsent.
  • il est indispensable d'intégrer le meilleur collège de la ville qui mènera tout droit au meilleur lycée de la ville. Notez bien : les enseignants sont pour une école pour tous les enfants, SAUF les leurs !!! Ils votent à gauche mais ils ne sont pas fous : " on ne va quand même mettre nos enfants avec ceux des quartiers popu". Ils sont ainsi devenus les champions de la fameuse DEROGATION.  Mais attention, de cela il ne faut jamais parler ! En tant qu'enfants d'enseignants, mon frère et moi n'y avons pas coupé. Afin d'entrer dans le bon collège, ma mère nous a donc domiciliés chez ma grand - mère. Bien sûr, nous avons étudié l'allemand en première langue afin d'intégrer la meilleure classe. Nous avons ainsi passé cette seconde étape avec succès.
  • La troisième étape concerne la classe de 4ème. Pour continuer à faire partie de l'élite, il faut étudier l'anglais en seconde langue, mais surtout le latin en troisième langue. Bien sûr, le BEPC s'obtient avec mention, il serait tout à fait indécent qu'il en soit autrement.
  • Quatrième étape : le lycée. Etant adolescente, je me suis révoltée et aies refusé de continuer le latin (quelle rebelle j'étais ). Mes parents ont dit oui ... à condition que j'étudie une troisième langue : le russe ou l'espagnol. N'étant pas matheuse, j'étais donc destinée à préparer un bac littéraire. Il était hors de question que je passe un bac économique ; tout prof vous le dira : " le bac B est pour les élèves qui ne sont bons en rien ! "  J'ai donc passé mon bac A2 (philo et trois langues ) en 1991. Je n'ai pas eu de mention étant à l'époque une élève adepte du service minimum.
  • En bonne fille de prof., je me suis inscrite en faculté d'histoire - géographie afin de devenir ...PROF ! Là, pas de soucis majeur ( forcément quand on vient du meilleur lycée de la ville, ça aide !) et j'obtiens ma licence.
  • Après la licence, deux possibilités s'offraient à moi :  soit préparer le CAPES à la Sorbonne, soit continuer en maîtrise. Mon jeune prof de géomorphologie littorale me proposa alors de faire ma maîtrise sur les courants marins qui longent les côtes du Chili. Certes, la proposition de partir travailler un an à l'autre bout du monde était alléchante mais 1) j'avais le mal de mer et 2) la proposition comprenait aussi un aller simple dans son lit, ce qui me plaisait beaucoup moins. (Sachez que le prof de géographie a une carte de fidélité chez Aigle et Au Vieux Campeur rayon rando et qu'il porte toujours des Méphistos, je ne parlerai même pas ici de son abonnement à la Camif  et de son affiliation à la Maïf. Certes, il n' y a pas que la beauté extérieure qui compte mais bon, quand même, j'ai mes limites ).La rentrée de septembre s'est donc faite à La Sorbonne et à l'IUFM de la rue Molitor, dans le XVIème.

C'est à ce moment que les problèmes commencèrent. Pendant la formation au CAPES, l'IUFM organisait des stages dans des collèges et lycées de la capitale. Ces stages dans des établissements du XIXème tuèrent ma vocation . Il était hors de question pour moi de passer ma vie professionnelle dans ce type d'école à me battre avec des élèves dont le seul but dans la vie était de tout casser et de tout foutre en l'air. Je n'ai absolument pas l'âme d'une assistante sociale. Et comme je n'aurais pas accepté l'insubordination de gamins de 12 ans, probablement qu'ils m'auraient envoyé leurs grands - frères à la sortie de l'école à la première réprimande ou à la première mauvaise note. Et là, pas moyen de demander une dérogation pour aller enseigner à Henri IV.

Depuis, mes relations avec l'éducation nationale sont beaucoup moins intimes, j'ai l'impression d'être en vacances. Et pourtant, me voilà à courir dans la rue avec mon fils afin qu'il n'arrive pas en retard. On ne rigole pas avec l'école, on est sage, on dit bonjour à la maîtresse, on se prosterne devant la directrice et ... on cesse de faire pipi dans la cour tout en faisant des huit avec son zizi ; enfin, si c'est pour venger maman ...