20.02.2008
Pourquoi n'était-ce pas écrit dans le Pernoud ?
Neuf mois à grossir. Neuf mois à rêver de lui. Neuf mois à l'imaginer.
Et puis ................ la claque !
1) Le physique d'un Ange :
Je me souviens qu'aux cours de préparation à l'accouchement, la sage-femme nous avait demandé une représentation de notre enfant à naître, type dessein, collage, etc ... Jusqu'alors je la trouvais très bien cette sage-femme, mais là elle m'avait prise de cours. J'aurais pu découper la photo d'un bébé dans La Redoute, comme l'ont fait certaines futures Mamans, mais cela m'a semblé tellement aberrant que j'ai préféré m'abstenir. D'autres avaient dessiné au feutre ou peint des enfants : mais ils étaient si laids que même Picasso les aurait abandonnés à la DASS ! Quand ce fût mon tour de présenter mon chef d'oeuvre, les autres mères m'ont regardé d'un sale oeil puisque je n'avais absolument aucune toile, aucun bébé en papier mâché, aucun avorton en pâte à modeler bleue à exiber fièrement à toute l'assemblée.
"Madame, toute mère se représente son enfant d'une façon ou d'une autre !" m'a dit la sage-femme.
"Certes, mais je ne suis pas sûre que montrer un bébé décapité aux futures accouchées serait du meilleur gout ?"
Silence dans la sale.
"Mais pourquoi décapité ?"
"Tout simplement parce que je suis parfaitement incapable de m'imaginer la tête de ce bébé. En fait, quand j'imagine mon enfant, c'est un corps et uniquement un corps que je vois."
Comment voulez-vous leur dire que je n'ai absolument aucune envie que mon bébé ressemble à ces horreurs peinturlurées ? Comment leur expliquer qu'un nouveau-né n'est ni orange, ni vert ?
Mon cas ayant été débattu, (Les Freud ET Dolto en puissance ne sont décidément pas mes copines) on a pu passer à la future maman suivante (vous savez, celle qui vient toujours avec le Papa. Papa qui aimerait bien être la Maman, Papa qui fait la couvade, Papa qui demande : "qu'est-ce-que je fais quand ma femme allaite ? " Je lui aurais bien répondu : "tu bois une bière en regardant un match de foot" mais je ne suis pas sûre que l'assemblée aurait été une nouvelle fois sensible à mon humour. Bon, là, c'était juste pour l'anecdote)
Donc, sur le physique, je n'étais pas très forte. Tout ce que je voulais moi, c'était un bébé en bonne santé, bien rond et chauve. J'avoue, je n'aime pas les bébés avec des cheveux. Le jour de l'accouchement, la sage-femme me dit :
"Encore un tout petit effort, c'est presque fini, je vois ses cheveux."
" Vous êtes sûre ? Je n'aime pas les bébés avec des cheveux !"
" Il n'en a que très peu et ils sont blonds. Vous le gardez quand même ou on lui dit de retourner d'ou il vient ?"
" C'est bon, je pousse."
Finalement est arrivé un petit Henri, pratiquement chauve. Ouf, je n'ai pas été déçue sur ce coup là. C'est bien simple, c'était le plus beau bébé du monde. Et en plus, il avait une tête fournie avec, incroyable !!!
C'est après que nos rêves se transforment en cauchemars.
2) Mais faite-le taire !
Tout le monde sait qu'un bébé pleure. Mais ce qu'on ne nous avait pas dit c'est qu'un bébé peut pleurer, de préférence la nuit, pendant plusieurs heures. Impossible de le calmer, impossible de savoir pourquoi il pleure (hélas, ces petites bêtes ne parlent pas avant plusieurs mois). Et ça énerve. Ca vous énerve et ça énerve Monsieur également. Résultat, à trois heures du matin, Madame engueule Monsieur :
"Mais fais quelque chose bon sang. Tu vois bien qu'il pleure ! Ce n'est pas la faim, il vient de téter."
Monsieur rétorque : "C'est toi sa mère, tu sais mieux que moi. Calme-le, enfin."
Les parents crient et bébé pleure de plus belle. La nuit est foutue, la maman pleure d'épuisement et le Papa berce dangereusement son bébé en chantant : "Les oies sauvages vers le nord ...". Plus que cinq heures et il fera jour.
3) Un petit encas ? Tu parles !
Pour les tétées aussi, la réalité n'est pas toujours rose. On vous parle de fusion entre la mère et son enfant, d'amour incroyable, de sensations magnifiques. Tout ceci est vrai (ayant allaité mes deux garçons pendant six mois chacun, je sais que c'est vrai). Mais je ne suis pas pour autant une intégriste de la Leche League. Et je sais aussi que l'allaitement n'est pas toujours une partie de plaisir.
Commençons par la fameuse montée de lait. Parfois ça se passe bien : ce fût le cas pour mon premier garçon. Mais parfois, ça se passe mal aussi : ce fût le cas pour mon petit Franz. On vous dit :
"La montée de lait peut-être légèrement douloureuse".
Légèrement signifie que la jeune maman pleure tant elle a mal parce que ses seins ont pris des proportions hallucinantes, même pour Pamela Anderson. Des ganglions lui poussent sous les aisselles. Elle ne pense plus qu'à ses seins. Elle les trempe dans des saladiers d'eau chaude, leur fait des masques à l'argile, leur fait prendre des douches pendant des heures. Elle supplierait presque son mari de lui têter les seins tant elle souffre. Et finalement elle ne dit rien quand une puéricultrice de la PMI lui masse les seins afin de la soulager. Et elle s'en fout complètement qu'un papa venu faire peser son dernier-né n'en perde pas une miette. Elle a tellement mal qu'elle en oublie toute pudeur.
La galère ne s'arrête pas là, ce serait trop simple. Vos seins ont dégonflé mais Bébé Chéri est un vorace qui n'arrive pas à téter correctement. Voici venir les crevasses. Je passe sur la douleur fulgurante qu'on ressent à chaque fois que Bébé Chéri happe le mamelon ensanglanté. Tout le monde a compris, pas la peine d'en rajouter. Mais ce qu'on ne précise pas dans les manuels d'allaitement, c'est que votre sang est bu par votre enfant en même temps que votre lait mais qu'il ne ressortira de Bébé Chéri, sous forme de vomi, qu'à la tétée suivante, quand vos seins eux ne saigneront plus. D'ou la panique qui s'empare de vous quand votre enfant de quatre jours crache du sang : ne ferait-il pas une hémorragie ? Bien sûr Monsieur n'est pas là et vous voilà, seule, à six heures du matin en train d'enmener Bébé Chéri et son grand-frère aux urgences de Saint-Vincent-de-Paul, en bus. Elle a oublié de nous le dire ça Laurence ! Ce n'est pas beau de mentir par omission.
Je rassure les futures mamans, une fois cette pénible étape franchie, allaiter son enfant est l'une des choses les plus merveilleuses qu'il m'ait été donnée de faire.
4) Le caca, c'est la vie !
Un bébé fait caca et le changer fait partie des tâches que chaque parent doit accomplir. On le sait tous avant même que Bébé Chéri soit sur terre. Ce qu'on ne sait pas c'est l'importance que revêt la défécation d'un enfant.
Qui ne s'est pas étonné en entendant ces parents s'ébahir devant les cacas de leur progéniture ?
"Mais ils sont dingues !" disions-nous. "Nous ne ferons jamais ça."
Et puis, la roue tourne. Un beau caca, est le signe premier de la bonne santé d'un enfant. Si il est trop mou : attention à la gastro ! Les puéricultrices le savent bien qui vous attendent chaque soir : "Votre fils a eu deux selles molles aujourd'hui !" Façon de vous dire que Bébé Chéri est dorénavant en quarantaine et qu'il va falloir trouver un autre moyen de garde. La gastro ne passera pas par la crêche. Vade retro Bébé Chéri !
Si le caca est trop acide (rapport à l'odeur et à l'irritation qu'il déclenche sur les petites fesses de Bébé Chéri), c'est le signe que votre enfant fait ses dents. A ce souci, s'ajoute les pleurs, car Bébé souffre (retour donc au petit 2, et là, on est vraiment dans la m**** !).
Si le caca est trop dur : Bébé Chéri est constipé. Changez votre alimentation en cas d'allaitement, préparez une purée d'épinards si votre enfant a déjà attaqué l'alimentation solide et tout rentrera dans l'ordre. Dans quelques jours, les cacas de Bébé Chéri seront à nouveau parfaitement moulés.
Si le caca de Bébé Chéri est granuleux, c'est juste que votre enfant a avalé tout le bac à sable. A ce propos, je tiens à saluer l'excellent travail de la Société Playmobil qui a eu l'ingénieuse idée de faire des pièces de trésor de Pirate bien dorées : ainsi, les couches de mon petit dernier brillent de mille feux, le comptage en est facilité et toute la famille s'émerveille des cacas de mon fils : on est fier, ça fait riche !!!
5) Ces petites choses qui nous pourrissent la vie :
a) Papa et Maman sont très fiers de toi ! Bébé Chéri piquera les jouets des autres enfants, il se battra, il piquera des crises et tout le monde se retournera pour voir quel enfant insupportable fait un tel raffût, il refusera d'avancer dans la rue sans raison aucune, juste vous faire tourner en bourrique, il dira à la gardienne de l'immeuble "Dis, pourquoi tu es si grosse ?", il refusera un jour de dire bonjour à sa grand-mère, il mettra les deux mains dans sa purée, il refusera de manger son jambon coquillettes alors qu'il adore ça habituellement .....
Désolée, mais votre enfant n'est pas mieux que les autres. C'est un enfant, tout simplement.
b) Deux grands-mères, deux grands-pères ? Ca fait pas un peu beaucoup tout ça ? : Les grands-parents sont des gens formidables qui vous soutiennent quoi qu'il arrive. NAN ! Les grands-parents sont des gens qui se permettent de commenter vos choix de prénoms d'une manière pas toujours agréable. Les grands-parents sont des gens qui remettent en cause vos principes éducatifs, parfois même devant votre progéniture. Les grands-parents sont des gens qui font le contraire de ce que vous leur avez demandé : "Pas de bonbon ce matin !" " Mais, je ne lui en ai donné que 4 ". Les grands-parents sont des gens qui vous disent " tu es bien contente de nous trouver pour garder tes enfants" uniquement parce que vous avez osé les contredire sur un point. Les grands-parents sont des gens très envahissants : "Tu m'empêches de voir mes petits-enfants ?" "Mais Maman, tu es déjà venue à la maison six fois cette semaine". Les grands-parents savent toujours mieux que vous : "Tu ne vas pas nous apprendre comment élever des enfants. On est passés par là avant toi ma petite." Il ne vous reste que deux choses à faire : couper définitivement le cordon et trouver une bonne baby-sitter !
c) Dors mon ange ! En ce qui conseille le sommeil des bébés, je me contenterai de citer Léo J. Burke : "Ceux qui disent dormir comme un bébé n'en ont pas."
Cette liste n'est pas exhaustive, mais je préfère m'arrêter là afin de ne pas vous saper le moral.
6) Et l'amour dans tout ça ? :
On peut tout écrire sur l'amour parents-enfants, mais les mots ne seront jamais assez forts pour évoquer sa puissance. On peut essayer d'imaginer cet amour pendant neuf mois, ce sera toujours bien en deça de la réalité. Et c'est pour cela qu'on recommence, car on n'est jamais déçu. Nos plus beaux rêves seront toujours bien ternes à côté de la réalité des liens qui nous unissent à nos enfants.
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