15.05.2008
Tout juste levée, mais déjà ...
Notre appartement donne sur une artère très passante, il y a donc toujours des piétons qui marchent au pied de l'immeuble. Ce matin, à 7 heures, je me lève, encore toute endormie. Je porte un ensemble short - caraco en soie crême, tout simple, sans même un centimètre carré de dentelle. Je vais à la fenêtre et ouvre les volets. Machinalement, je jette un oeil en bas. A ce moment, un homme me regarde avec un grand sourire et me siffle tout en faisant un geste appréciateur de la main.
Voilà un homme heureux pour la journée !!!! Espérons qu'il ne ramène pas ses copains demain matin ... Qui sait, j'aurais peut-être droit à la sérénade ?
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02.05.2008
La halte.
Il est des lieux ou l'on ne s'attarde guère plus de quelques minutes mais qui pourtant restent ancrés dans notre mémoire. L'un de ces endroits qui est depuis cher à mon coeur, est un petit square situé à londres.
Si un jour vous vous rendez dans la capitale britannique, vous ne manquerez certainement pas de flâner dans la populaire Oxford Street pour y faire quelques achats, admirer les vitrines de Selfridges, ou dénicher un vêtement à la mode chez Topshop. Harassés par la foule, les lumières criardes et les décibels des magasins aux allures de boite de nuit, vous déciderez de prendre les chemins de traverse. Doucement, vous vous écarterez de l'artère bouillonnante en empruntant une multitude de rues étroites bordées de petits immeubles à deux ou trois étages en briques rouges ou de bâtisses plus cossues à l'architecture géorgienne. Ma préférence va à ces maisons blanches immaculées, ceintes d'une fine barrière en fer laqué noir s'harmonisant à la porte d'entrée au heurtoir doré méticuleusement entretenu à laquelle on accède par un escalier d'une dizaine de marches en haut duquel trônent deux ifs taillés et des jardinières dont le contenu varie au gré des saisons - cyclamens blancs en décembre, jonquilles et narcisses en février mars. Souvent, un bow-window au store bateau rayé noir et blanc ou bouillonnant en schintz jaune ou bleu laisse deviner un coin cosy comme seuls les britanniques savent les faire. Tantôt un lustre à pampilles éclaire des pâtisseries, tantôt un chat derrière une fenêtre feint de s'intéresser d'un oeil aux passants.
La promenade se poursuit. La rue débouche sur une place parfaitement carrée avec, en son centre, l'un de ces ravissants square qu'on ne peut voir qu'à Londres. Par chance, le jardin n'est pas la propriété exclusive des riverains. Point besoin de clef, il est ouvert au public. Nous entrons par un petit portillon et avisons un banc libre - le seul semble-t-il. C'est un banc tout britannique, solide, en bois, qui semble posé là depuis une éternité. Je me plais à y imaginer Virginia Woolf devisant en compagnie de Jane Austen - mon imagination n'est pas à un anachronisme près - l'une cherchant dans tous ces visages un moyen d'échapper à sa "folie", l'autre croquant malicieusement les petits travers de ses contemporains. Alex et moi, épuisés, nous reposons face à un minuscule cottage à colombages qui fait sans doute office d'abri pour le gradien du square et de réserve à outils des jardiniers, mais qui aurait tout aussi bien pu servir d'atelier à Beatrix Potter. N'est-ce pas d'ailleurs des pinceaux qu'on aperçoit au travers de la vitre ? Certainement que la nuit lapins, souriceaux et taupes se retrouvent à l'intérieur pour boire une tasse de thé fumant. Il ne manque plus que la ravissante statue de Peter Pan pour parfaire le tableau. Hélas, celle ci est à Kensington Gardens. Mais, je me plais à imaginer que James Barrie s'est inspiré d'une des maisons qui bordent le square pour créer celle de Wendy.
Des riverains discutent en petits groupes, un retraité promène son chien, des employés de bureau font une petite pause, aucun enfant (Paris ressemble à une crêche à côté de Londres, sans doute la faute aux loyers trop élevés). Nous restons là à regarder ces habitués. Il fait un froid de canard, il bruine, la nuit commence à tomber, mais ce petit jardin est réconfortant. Les bruits des taxis ne parviennent pas jusqu'à nous. Seul le jappement du chien trouble le silence. Nous nous serrons l'un contre l'autre pour tenter de nous réchauffer et prolonger ainsi cette pause salvatrice pour nos pieds.
Est-ce parce que je suis épuisée que ce carré de vert me plait tant ? Est-ce le savant fouillis de ce jardin à l'anglaise que je préfère à l'ordonnancement carré et froid des jardins à la française ? Est-ce le fait d'être seuls sans enfant sur ce banc qui m'a fait apprécier plus que la normale ce coin de verdure ?
Hélas, le sifflet du gardien retentit, nous ramenant à la réalité : il fait nuit, le parc va fermer, nous allons devoir reprendre notre route. Personne ne semble avoir entendu le sifflement pourtant strident si bien que le gardien est obligé de se déplacer de banc en banc afin de forcer les gens à quitter le square - et moi qui croyais les britanniques toujours obéissants et disciplinés : aucun des anglais présents ne semble disposé à partir. Finalement, sur les injonctions du gardien, nous nous résolvons à quitter les lieux. C'est à regret que nous passons pour la seconde fois le petit portillon.
Nous empruntons alors de nouvelles rues, calmes et sombres tout d'abord, puis de plus en plus animées et éclairées. Soho et ses pubs nous attendent, déjà pleins de jeunes cadres aux dents longues qui noient dans des pintes de Guiness le stress d'une journée de travail à la City.
J'ai choisi d'écrire cette note sur la seule base de mes souvenirs. Une fois le texte écrit, j'ai voulu retrouver sur un plan ce petit jardin. Il s'est avéré que c'était Soho Square, situé tout juste derrière Oxford Street et non à une multitude de rues comme je le dis dans cette note. J'aurais normalement dû reprendre ce texte afin de le corriger et le rendre le plus proche possible de la réalité, mais finalement, j'ai choisi de rester fidèle à mon souvenir. C'est MON Londres et je le trouve très bien comme ça.
Je précise que cette note m'a été inspirée par Risette, l'une de mes lectrices, qui tient un blog dans lequel elle parle de sa vie d'expatriée chez les britanniques. Blog très sympa et très drôle.
Merci de votre compréhension.
07:00 Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, londres, promenade
16.04.2008
J'ai la pêche !
En ce moment, j'ai une forme olympique. Je me lève de bonne humeur et c'est parti.
J'arrive à TOUT faire : courses, linge, ménage, paperasse et même le repassage, c'est dire ! A 9h30, tout est fait et après, je file me ballader dans Paris, je vois des amis, je trotte dans tous les sens à toute vitesse et je reviens, un peu essoufflée quand même, récupérer mon fils à la halte garderie trois fois par semaine. L'après midi, pendant la sieste du petit je blogue (écriture, réponses, commentaires) ; parfois, je vais déjeuner avec des amies ou je suis invitée. Ensuite, je vais chercher le grand à l'école puis nous filons au parc jusqu'à 18h30 : jeux, kangourous, biches, manège. Nous rentrons : bains, préparation du dîner (et en plus j'ai envie de cuisiner en ce moment : j'ai fait un roulé de saumon aux épinard et un vacherin au caramel, un koueglof, des rillettes de poisson ... ), dents, lecture, calins, couchage des enfants. Dîner en amoureux, film ou série, et ...... parce qu'après tout ça, je suis encore en super forme. (ce doit être ma cure de tardiféron qui me fait cet effet là ! Ou peut-être le soleil qui pointe le bout de son nez ?)
Les mercredi, on trotte à nouveau dans tous les sens : jeux du Luxembourg, promenade en poney au Luxembourg, canards toujours au Luxembourg. Un petit tour en bus. Un musée, l'exposition sur les abysses à la Galerie de minéralogie (trop complexe pour des petits !), une visite au Louvre avec un déjeuner à la cafétéria du Carroussel (dur avec un tout petit).
Samedi matin, ce sera carnaval à l'école, avec défilé rue Mouffetard et spectacle. Sans oublier les fêtes d'anniversaires chez les copains à droite à gauche l'après midi, pendant que le cadet court au parc.
Dimanche matin : les trois petits cochons au théâtre de marionnettes du Luxembourg, une fois de plus. Dimanche après midi : goûter avec des cousins et leurs enfants. (parce qu'en plus j'ai décidé de combler mon retard en ce qui concerne les invitations à dîner.)
C'est bien gentil, mais quand est-ce-que je me repose, moi ?
BIENTOT !
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14.04.2008
Alors comme ça, vous ne faites rien !
A la fameuse question "et vous, qu'est-ce-que vous faites ?", je donne ma fameuse réponse : "je ne travaille pas, je m'occupe de mes enfants." De cette petite phrase d'apparence anodine, vont découler deux types de réactions violemment opposées, de la part des femmes (parce que les hommes, eux, s'en foutent royalement, et c'est très bien).
Le première, qui rend mon interlocutrice éminement sympathique, est une sorte de cri du coeur :
" Ah, vous avez beaucoup de chance de pouvoir le faire, j'en rêve "
Ces femmes ont l'honnêteté de reconnaître que jongler entre les enfants et le boulot, non, ce n'est pas facile. Et que, oui, pour les enfants, c'est difficile d'être levés aux aurores pour aller à la crêche jusque tard le soir et d'être récupérés par une baby-sitter qui va donner le bain, le dîner, faire le calin et les coucher parce que Maman et Papa ont une réunion ou sont en déplacement à l'étranger et que les grands-parents vivent en Province. Et, oui, parfois elles en ont marre que leur patron leur demande de faire des heures tard le soir, les envoie chaque semaine en Pologne, en Irlande ou aux USA, qu'on leur propose une super promotion qu'elles ne pourront pas refuser sous peine d'être virées :
" Vous êtes nommée responsable. Pour cela, vous allez devoir passer dix jours par mois en Amérique du Sud."
- Mais j'ai deux enfants en bas-âge !"
- Oui, moi aussi, et alors ? Ma femme s'en occupe. Pas vous ?
Elles en ont assez qu'on leur pourrisse la vie depuis qu'elles ont annoncé leur troisième grossesse. En dix ans de boulot dans la boite et deux enfants, elles n'ont jamais failli mais :
" Trois enfants, ce n'est pas compatible avec notre entreprise. Vous rendez-vous compte de l'image que vous donnez à nos clients ? Si vous vous voulez conserver votre poste, il va falloir rester plus tard au bureau (ah, ce n'est pas ce qu'elles font déjà ?) et puis il va bien falloir que vous coupiez le cordon avec vos deux bébés un jour. Mais quelle femme aujourd'hui peut décider d'avoir trois enfants ? (ces paroles ont été prononcées par ... une femme !!!)
Alors, oui, bien qu'elles adorent leur job, parfois, elles aimeraient faire une pause dans ces emplois de temps de dingue et prendre le temps de s'occuper de leurs petits avant que ceux-ci ne grandissent. J'en profite pour poser une question : existe-t-il en France des boîtes qui autorisent les femmes à travailler ET à élever leurs enfants ? Parce qu'à Paris, c'est une denrée de plus en plus rare. " Si vous êtes à Paris, c'est pour faire carrière. Si vous voulez des enfants, allez en Province ! " Pourquoi est-ce si difficile en France de concilier les deux ?
La seconde réaction a le mérite de révéler au grand jour ses ennemis, j'ai nommé (vous la connaissez déjà tous et vous l'adorez !) : Bonnemine a une sale gueule ( avouez qu'elle vous avait manqué !). Bonnemine a une sale gueule vous assènera, si comme moi vous êtes une femme au foyer, un : " vous vous occupez de vos enfants parce que ce n'est pas rentable pour vous de faire garder vos enfants (sous-entendu : votre paye est tellement minable, que ça ne vaut pas le coup de bosser.) " frontal. Il existe une variante tout aussi diplomate et courtoise : " Vous vous occupez de vos enfants parce que vous êtes sous qualifiée ."
Le monologue se poursuit ( n'essayez même pas de répondre, vous parleriez dans le vide) généralement par ce genre de petites phrases :
"- Comme vous devez vous ennuyer chez vous."
- Ce doit être difficile de ne pas s'enrichir intellectuellement.
- Alors comme ça, vous ne faites rien ?
- Ca vous plait d'être la bonniche ?
- Moi, au bout de deux heures, vos gosses, je n'en pourrais plus.
- Et moi qui croyais que vous aviez fait des études ?
- Mais quel plaisir pouvez-vous trouver à discuter avec des gamins de deux ans toute la journée ?
- Le soir, vous arrivez à parler normalement avec votre mari ?
- Vous n'en avez pas marre de sentir le caca tout le temps ?
- Vous devez drôlement vous sentir diminuée intellectuellement.
Exceptionnellement, je vais répondre :
"- Bonnemine, t'as vraiment une sale gueule !!! "
11.04.2008
Starsky et Louise.
La crise de la quarantaine. Quelle femme, saine d'esprit, ne la redouterait pas ? Aucune. Elle frappe les hommes mais ses effets dévastateurs, c'est bien la femme, enfin la femme légitime, qui les subit.
Généralement, le Démon de Midi s'empare de l'esprit la libido de Monsieur vers l'âge de 37 - 38 ans. Monsieur résiste .... ou pas, pendant deux petites années, mais, à quarante ans, PAF !!!, ça lui tombe dessus comme la vérole sur le Bas Clergé breton et vous n'avez plus qu'à pleurer toutes les larmes de votre corps ( si vous êtes une femme soumise) ou bien à vous dégotter rapidement un amant histoire de vous venger (ça fait du bien par ou ça passe) et de faire revenir Monsieur la queue basse entre les jambes, ce qu'il ne manquera pas de faire, sa jeune blondasse l'ayant pompé jusqu'à la moelle. (Vous me pardonnerez ces tournures de phrases pour le moins scabreuses, mais la situation l'impose : la crise de la quarantaine n'est hélas qu'une histoire de fesses).
Alex ayant trente neuf ans, la révolte gronde. Il n'a pu s'empêcher de faire comme les copains !
Elle est plus jeune que moi de 5 ans. Elle est massive. Elle a un arrière train des plus prononcés. Je ne saurais déterminer la couleur exacte de sa "chevelure". Elle a une forte contenance. Elle ronronne quand on la titille. Elle a du mal à s'arréter quand elle est lancée. Elle commence sérieusement m'agacer. Et cela va faire un an qu'il entretient sa satanée maîtresse ; pas une semaine ne se passe sans que Monsieur ne lui fasse un petit cadeau : alors que je rêve d'une épilation définitive des jambes, en vain, Alex concède à sa maîtresse de nouveaux pneumatiques. C'est pourtant à la femme qui a allaité ses deux enfants qu'il aurait dû offrir des implants mammaires ... L'ingrat !
Tout ça pour une vieille bagnole !
Car, le fait qu'Alex travaille dans le milieu de la nuit, sa crise de la quarantaine a pris une forme pour le moins inattendue. Point de jeune pimbêche (lassé des stripteaseuses ) ni de secrétaire sévèrement poumonnée, mais une voiture. Oui, vous avez bien lu : une voiture !
Alex n'a jamais été de ces hommes qui ont besoin d'une voiture pour affirmer leur virilité (Enfin, ça, c'est ce que je croyais jusqu'à maintenant. Il m'aura fallu dix sept ans pour me rendre compte que finalement, j'ai épousé un bourrin comme les autres !) Oh, il me disait bien parfois au passage d'un break pour surfeur fauché, qu'il aimait ce genre de grosse vieille voiture américaine des années 70, mais je ne m'étais pas inquiétée outre mesure.
J'aurais dû.
Un soir de l'été dernier, mon mari est revenu avec un grand sourire aux lèvres : " Louise, j'ai acheté une voiture. Elle est géniale, tu vas l'adorer. Et puis elle est suffisamment grande pour transporter toute la famille et plein de valises. "
- Super. Je peux la voir ?
- Et bien, il y a un petit détail : elle est immobilisée dans un hangar en Eure et Loir.
- Heu, c'est un tracteur ?
- Presque ... C'est une Ford Taunus qui a trente ans. Je vais la retaper.
- Une Ford quoi ?
- Une Ford Taunus. C'est un peu la voiture de Starsky et Hutch (celle de Starsky et Hutch, c'est une Ford Torino , mais c'est dans le même genre. On retrouve ce type de voiture dans Hawaï Police d'Etat et plus récemment dans Life on Mars.) Mais la nôtre est un break. Je suis sûre qu'elle va te plaire.
- Crois-tu qu'on pourra se fumer des pet en regardant les vagues et qu'on pourra dormir dedans avec un bon duvet ? Je suis sûre que ton fils de deux ans va adorer. Les enfants, Papa va se laisser pousser les cheveux et va les décolorer avec de l'eau oxygénée et nous allons tous prendre des cours de surf. Cool, man !
Ce furent mes dernières paroles. Je ne lui ai plus reparlé pendant trois jours.
Refusant de priver mes enfants de leur père, j'ai choisi de rester et de faire avec cette pétasse au cul bas. Il a continué son aventure avec elle, allant même jusqu'à parcourir 200 bornes dans un camion afin de la ramener sur un plateau. Elle a eu droit à un relooking, un grand nettoyage, une révision et elle a passé le contrôle technique haut la main. La garce ! Enfin, le 16 mars, Alex et elle ont fêté ses trente ans en tête à tête, dans le garage la garçonnière qu'il s'est empressé de lui louer (place 503, 2ème sous-sol).
Mais, depuis quelques temps, le remord commence à ronger Alex. Hier, il m'a proposé un week end champêtre, en amoureux, au Puy-en-Velay les 5 et 6 juillet. J'ai pensé tout de suite à un petit voyage dans un élégant Coupé Mercedes, un Relais et Château, un dîner aux chandelles. J'ai dit oui, bien évidemment.
Je n'aurais pas dû.
Car, en guise de week end champêtre en amoureux, je vais avoir droit aux Taunus Days : un rassemblement d'amateurs de Taunus, avec barbecue, nuit dans un gîte et soirée bowling ... à moins que je ne crêve les pneus de la taunus d'Alex et que je ne lui défonce l'arrière train.
Mais que peut-il bien se passer dans la tête des hommes de quarante ans ?
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09.04.2008
Pourquoi, comment.
Depuis que je suis en âge de tenir un stylo, j'écris. Oui, j'ai toujours écrit.
J'ai d'abord écrit à tout un tas de correspondantes, en Europe et en Amérique, à mes amies des quatre coins de la France. Avec ma plus ancienne amie, alors que nous n'avions que huit ans, nous avons entamé une correspondance journalière qui a duré à peu près trois ans. J'ai d'ailleurs religieusement conservé toutes ces lettres et les suivantes. A chaque anniversaire, chaque fête, chaque voyage, mes parents m'offraient des coffrets de papier à lettres. Ajoutez à cela des cartes de visite et des cartes de correspondance de toutes les couleurs que mon père, imprimeur, se chargait de me fournir. Je crois bien que j'ai ruiné mes parents en timbres et en blocs-notes.
Plus tard, à l'adolescence, j'achetais de grands cahiers Clairefontaine - je refusais d'écrire sur autre chose que ces belles feuilles format A4 avec des grands carreaux - à la couverture cartonnée rouge, demandais en cadeaux de magnifiques stylos à plume qui venaient s'ajouter à ma collection, et m'inventais des vies. Ma mère avait d'ailleurs eu l'extrême délicatesse (je crois ne lui avoir toujours pas pardonné !) d'ouvrir l'un de ces livres afin de le lire. Ensuite, elle m'avait demandé des explications au lieu de respecter mon jardin secret et de louer mon imagination déjà fertile. Sa réaction m'a d'ailleurs toujours surprise, elle qui aime tant lire.
Il n'y a qu'une seule fois ou elle eut un mot gentil à propos de ma propension à écrire tout le temps. En cours de français, nous devions décrire notre chambre. J'avais obtenu la meilleure note mais, alors que le professeur avait lu les rédactions de la plupart de mes petits camarades, elle avait fait une exception avec la mienne, la jugeant sans doute trop personnelle. En rentrant à la maison, Maman, ayant trouvé le brouillon dans la poubelle (elle devait encore vérifier que je ne vivais pas dans une autre vie), m'avait félicitée, me disant que j'avais un certain talent. Je crois bien qu'elle a conservé ce texte pendant quelques temps et l'a faite lire à nombre de ses amies.
Par la suite, j'ai tenté d'écrire mais je déchirai tous les papiers sur lesquels ma plume s'était attardée : je n'ai jamais été contente de ce que j'écrivais. Puis, le temps m'a manqué et j'ai cessé d'écrire. Et même si j'en avais eu la possibilité, je n'aurais pas su quoi écrire.
Finalement, il y a tout juste un an, j'ai découvert, par hasard, ce qu'était un blog. En septembre, je me suis lancée. Sans doute est-ce le fait d'être lue, j'ai soudainement eu des tas d'idées pour des notes. Savoir qu'on lit vos textes vous oblige à un minimum de travail, notamment celui d'inventer régulièrement, ce qui est certainement la chose la plus difficile. J'ai commencé par une note par jour afin de fidéliser un public de plus en plus nombreux, puis j'ai pris mon rythme de croisière : environ trois notes par semaines.
Ecrire est redevenu une nécessité. Cela me fait un bien fou même si l'écriture est pour moi un travail difficile et laborieux, même si je ne suis jamais satisfaite de mes textes. J'ai toujours besoin d'améliorer mes notes : tel mot ne convient pas, celui-ci n'est pas à sa place, ah une répétition, décidément cette phrase n'a pas lieu d'être ! Quand parfois il arrive qu'une de mes notes me satisfasse un tant soit peu, lorsque je la relis, je me dis : "Est-ce vraiment toi qui a écrit ce texte ? Oh non, c'est impossible. Comment as-tu fait ? Tu serais bien incapable de recommencer, n'est-ce pas ? " Puis, tout de suite après : "Quelle idée vas-tu bien pouvoir dégotter pour ton prochain texte ? Là, Louise, tu es vraiment dans la panade. "
Alors, je cherche, cherche et cherche encore. Quand aucune idée ne me vient à l'esprit, je suis furieuse et inquiète : "Aurais-je déjà épuisé toute mon imagination ? Aurais-je écrit la dernière note de ce blog ?" Parfois, cela m'empêche de dormir une bonne partie de la nuit. Je tourne et me retourne, je cogite et, vers trois heures du matin, une petite idée de rien du tout germe. A cinq heures, tout le texte est écrit dans ma tête. Je me rendors. A sept heures, le réveil sonne, j'ai hélas tout oublié.
Vers dix heures, des bribes se rappellent à mon bon souvenir. Je m'empresse de les noter dans l'éternel cahier à la couverture cartonnée afin de ne pas les oublier à nouveau. Enfin, après le déjeuner, je m'attaque à la rédaction. Je rédige généralement sur mon ordinateur, mais, quand la note exige un travail plus important, j'écris mon texte à la main. Hélas, mon écriture n'a jamais été un modèle de pleins et de déliés. J'écris tellement mal que bien souvent je suis incapable de me relire. Mes feuilles sont criblées de ratures, flêches, croix, traits, petits ronds qui m'aident à organiser mon texte. Les mots sont déplacés, barrés, changés. Je reviendrai plusieurs jours de suite sur le texte afin de l'améliorer encore et encore.
Finalement, le texte que vous lirez n'aura plus grand chose à voir avec celui imaginé à cinq heures du matin.
Et vous, comment en êtes-vous arrivés là ?
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07.04.2008
Préférez-vous sur l'oreille ou par derrière ?
Il arrive parfois qu'on se sente décalé par rapport aux autres. Une situation nous dépasse, une conversation nous déstabilise et l'on s'isole de ceux qui nous entourent à ce moment précis. C'est l'expérience que j'ai vécue pas plus tard que mardi dernier. Non pas que tout ce que j'ai entendu m'ait choquée, mais je dois reconnaître que raconter au premier venu toute sa vie me met légèrement mal à l'aise. Non, je n'ai pas envie de tout savoir sur les gens que je croise à l'école tous les jours !!!
La Maman d'un ami de mon fils, avec laquelle j'ai sympathisé, m'invite à déjeuner avec deux de ses amies. J'arrive chez elle un peu plus tôt afin de faire déjeuner les plus petits qui ne sont pas encore scolarisés. Nous discutons tout en buvant un verre d'un très bon vin. La discussion est tout à fait banale mais agréable. Nous couchons les enfants pour qu'ils puissent faire leur sieste, puis les deux autres jeunes femmes, l'une enceinte l'autre célibataire, arrivent.
Le déjeuner peut commencer. Le vin aidant, du moins pour trois d'entre nous, la discussion prend doucement un tour plus intime. J'écoute plus que je ne parle. Bien sûr, je lance une petite boutade de temps à autre afin de ne pas passer pour la bêcheuse de service, mais je souhaite de moins en moins prendre part à la discusssion qui devient de plus en plus scabreuse au fur et à mesure que le repas avance. Si encore tout ce que je vais entendre par la suite était dit avec du second degré ... mais non, c'est dit avec le plus grand sérieux.
La célibataire raconte comment elle a conseillé à l'une de ses amies qui avait un rendez-vous amoureux. Celle-ci s'inquiétant du fait qu'elle avait ses règles le soir du rendez-vous, la célibataire lui dit : "Si il ne peut pas entrer par devant, tu le laisses entrer par derrière !"
Ce à quoi, la jeune femme enceinte rétorque : "Avec mon premier amour, on a tellement pratiqué la sodomie que maintenant j'en ai un petit peu marre."
Au risque de passer pour la coincée du quartier, je dois reconnaître que j'ai alors eu du mal à finir mon déjeuner. Heureusement, personne ne s'est tourné vers moi pour me demander mon avis ni mes habitudes sexuelles. J'ai baissé la tête vers mon assiette et ai décortiqué ma viande avec une minutie que je ne me connaissais pas. Et moi, qui ai toujours froid d'habitude, j'ai soudainement eu très chaud.
La discussion au moment du fromage ne s'est pas élevée davantage. Les clubs échangistes furent à l'honneur. "Untel fricote avec machine aux Chandelles, machin a sauté bidule et l'animatrice de telle émission s'est faite prendre sauvagement pas quatre types en même temps, dont un des copains de mon mari qui dit que c'est une grosse chaudasse. "(je ne sais plus si c'est le mari qui dit que c'est une grosse chaudasse ou si c'est le copain. Après avoir picolé, mes idées se sont légèrement embrumées !)
La jeune femme enceinte, toujours aussi en forme bien qu'elle n'ait pas bu comme moi quatre verres de vin rouge pour se donner une contenance, dit : "Oh, moi, l'échangisme ne me déplairait pas. Il suffit de se débrancher le cerveau et ce ne doit pas être désagréable. " (rappelez-moi de ne jamais lui présenter mon mari !) Regardez mon père : il a couché avec des tas de femmes, dont l'actrice machin chose qui est une grosse salope, et il n'en est pas mort. Bon, ma mère dit qu'on aurait du lui couper les couilles, mais ça c'est un autre problème ... Oh, mais tu ne connais pas mon père, Louise. Il faudra que je te le présente, ainsi que ma mère."
Je crois que je vais reprendre un verre de vin. Je ne sais même plus combien j'en ai bu déjà mais je sais que ce n'est pas encore assez !
Le dessert arrive. On savoure : le gateau pour les autres, le silence pour moi. Hélas, on débarrasse la table.
La célibataire sort alors de son sac un jeu de tarot. Si, si. (j'aurais eu le droit à tout lors de ce déjeuner) Etant l'invité d'honneur, c'est par moi qu'on commence. Impossible de botter en touche.
- Louise, pose moi des questions !
- Heu. Bah, je ne sais pas ce qu'on demande dans un cas pareil... Un autre verre de vin peut-être ?
J'ai de plus en plus chaud, moi. C'est une étuve ici ! Madame Soleil a chaud également ; elle fait donc une petite pause, se met en soutien-gorge et prenant ses seins à pleines mains : "mon ex adorait ce soutien-gorge. Qu'est-ce-que vous en pensez ?" On s'extasie, on soupèse mentalement chaque sein et on en revient à nos moutons le plus naturellement du monde :
- Veux-tu savoir comment va évoluer ton couple ?
- Allons-y pour mon couple ! (et pour un autre verre de vin aussi, ça me désaltèrera)
Bon, je fais vite : mon couple va bien, je vais bientôt partir en vacances (dans deux semaines, ce sont les vacances de Pâques ! ) et j'ai une belle-mère qui m'enquiquine. Vous êtes tous scotchés par ces révélations fracassantes, n'est-ce-pas ? Enfin, je respire, elle ne m'a pas prédit que le femme enceinte et moi-même échangerions nos maris ! Tout va bien.
Vient le tour de notre hôtesse qui veut elle aussi savoir comment va évoluer son couple.
La célibataire lui tire les cartes et commence son petit spitch. Je ne comprends rien de ce qu'elle raconte. (Non, ce n'est pas à cause du vin ! ) Alors, les trois jeunes femmes se tournent vers moi :
- Tu ne peux pas comprendre Louise, car tu ne sais pas tout. Son mari, que tu connais (un homme discret et charmant qui ne serait sans doute pas heureux de savoir que tous les parents de l'école sont au courant de sa vie sexuelle), ne la touche plus depuis quatre ans ! (oups, j'ai failli avaler mon vin de travers )
- Depuis quatre ans, il s'arrête aux préliminaires et après, pouf, il est tout mou. Moi j'en ai marre, car j'ai vraiment besoin de sexe, mais lui, il s'en fout.
Moi : " Ah...."
J'ai bu deux verres de vin cul sec et je suis vite partie récupérer mon fils aîné à l'école ... ivre-morte.
Le soir, j'ai bien sûr raconté tout cela à Alex et dire que nous n'avons pas rigolé serait mentir. On s'en est même donné à coeur joie. Mais j'ai un peu de mal avec ce grand déballage de sa vie intime aux copines. Il y a des choses qui ne regardent que mon couple et, au risque de passer pour une prude, jamais je ne raconterais ce que je fais avec mon mari. Une chose est certaine, il est hors de question que je présente la femme enceinte à Alex!!!
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04.04.2008
Cachez ce sein que je ne saurais voir.
Tandis que je surveillais mes enfants qui s'amusaient dans l'aire de jeux du Jardin des Plantes ou nous nous rendons pratiquement quotidiennement, la Maman d'un ami de mon fils Henri vint me saluer. Ayant accouché il y a deux mois, une de mes amies et moi-même nous extasiâmes, comme il est de bon ton de le faire en pareilles circonstances, sur la petite fille qui reposait dans les linges faisant office de porte-bébé. Alors que je m'inquiétais de savoir ou se trouvaient les bras et les jambes de l'enfant, la mère m'expliqua que le porte-bébé type Baby Bjorn (que j'ai utilisé ) n'était pas bon car il ne respectait pas la posture naturelle de l'enfant ( ah ? je ne connaissais pas le porte-bébé bio ! - la différence entre le baby Bjorn et le Bio, c'est que dans le Baby Bjorn, l'enfant a le coup soutenu, tandis que dans le bio, l'enfant a les cervicales en vrac : ça c'est bio Madame !!! ) Louise 0 - Autre Maman 1.
Le sujet du porte-bébé ayant été " débattu" (pas par moi, je préfère toujours me taire dans un cas pareil. Une mère qui montre les dents est une tueuse ! et moi, je tiens à la vie.), je demandai à la Maman si le grand frère, âgé de quatre ans et demi, acceptait bien la venue de sa petite soeur. Elle me répondit : " Oui, cela se passe bien car mon fils s'est sevré tout juste un mois avant la naissance de ma fille "
Moi : .........................
Je tiquai, pensant avoir mal compris et ne réussis finalement qu'à annoner un banal "Pardon", mais la Maman confirma sa première version.
"J'ai allaité mon fils jusqu'à ses quatre ans et demi. Mon fils s'est sevré tout seul !" clama-t-elle fièrement. (encore une chance, à son âge, pensai-je).
Mon Dieu, bien qu'ayant allaité mes deux fils six mois chacun, je ne peux pas m'imaginer allaiter, non pas un bébé, mais un enfant qui va à l'école.
Moi : "Peut-on allaiter un enfant quand on est enceinte ?"
"Non, me dit la mère, je n'avais plus de lait mais mon fils avait seulement besoin de sucer mon sein. Peu importait pour lui qu'il n'y ait plus de lait."
Juste ciel ! Qu'on allaite un enfant tard dans un pays ou les carences sont encore hélas monnaie courante me semble une évidence mais que, dans un pays développé, une mère laisse son fils de quatre ans et demi aggrippé à son sein vide de lait tandis qu'elle est enceinte de son second enfant me parait ahurissant. Mais que fait le père ? Ou est-il ?
La Maman a dû apercevoir mon regard horrifié car elle est devenu un peu froide à mon égard. Louise 0, Autre Maman 1 ? Mais, ne voulant pas râter la suite de la conversation, j'ai choisi de rester. A mon amie, elle a alors expliqué :
" Nous n'avons qu'une chambre à la maison, donc nous avons mis le lit de notre fils au bout du nôtre (moi, j'aurais laissé la chambre aux enfants et aurais dormis dans le canapé-lit du salon. Mais il ne s'agit pas de moi. Louise, boucle-la.). Mais mon fils escalade son lit et vient dormir entre nous. "
Mon amie : "Et ça ne vous empêche pas de dormir ?" (moi dans mon fort intérieur : En tout cas, ça ne les a pas empêchés de baisouiller puisque le deuxième est né !)
" Oh non, cela fait quatre ans que nous dormons tous les trois dans le même lit. Mon fils se met entre son père et moi."
(je me demande bien comment ils ont réussi à concevoir leur fille. Mais chut Louise, écoute !)
Mon amie : " Comment allez-vous faire quand votre fille va grandir ?"
" Et bien nous dormirons à quatre dans le grand lit ! " s'est exclamé la Maman en riant.
Suis-je la seule a trouvé cela bizarre et pas très sain ? Ce doit être bio ... Louise : 0 0 0 !
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02.04.2008
Cluedo VI.
Sixième partie : Tout ça pour ça.
Le Commandant Lefront, que cette histoire de meurtre commençait à agacer compte tenu du nombre important de suspects, gara la vieille Clio au blanc douteux sur le parking de l'Institut Médico Légal, au 2 quai de la Rapée. Il était venu tant de fois ici tout au long de sa carrière qu'il ne prêtait même plus attention aux familles éplorées attendant le corps autopsié d'un proche. Il contourna la voiture et avança de quelques pas le long de la Seine : à chaque fois qu'il contemplait le fleuve depuis l'IML, il pensait aux nombres de corps que la Seine rejetait et qui finissaient irrémédiablement sur les tables d'autopsie juste derrière lui, derrière ce mur de briques rouges qu'il longea avant de pousser une lourde porte grise, le Lieutenant Stan sur ses talons.
L'intérieur de l'Institut était vieillot, rien à voir avec les laboratoires ultra sophistiqués des séries télévisées américaines. Les couloirs ressemblaient davantage à ceux aux peintures décrépies et jaunies du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris. Point d'ordinateur ultra puissant, ni d'espace ouvert accueillant des hordes de chercheurs et professeurs tous plus sexys les uns que les autres. Seulement de minuscules bureaux individuels et des salles d'autopsie aseptisées dans lesquels travaillaient, dans un silence religieux, des médecins qu'on souhaiterait ne jamais rencontrer.
Les deux flics frappèrent à la porte du toubib. Une voix enjouée les pria d'entrer. Le médecin était d'humeur joyeuse ce matin. Sans doute les deux autopsies qu'elle avaient déjà pratiquées ce matin (un dealer tué à l'arme blanche et un alcoolique ayant fait un malaise sur la voie publique) l'avaient mise en joie ; elle préférait toujours autopsier des hommes même fauchés dans la force de l'âge plutôt que des enfants morts des suites des coups assénés par leurs parents.
- Messieurs, bonjour. Asseyez-vous, je vous en prie. Nous allons faire vite, j'ai beaucoup de travail qui m'attend. Si je vous ai fait venir, c'est pour vous faire part de mes dernières découvertes quant à l'autopsie de la victime. Je vous rappelle que la victime semblait avoir été étouffée, mais sans souffrir et je n'avais trouvé aucune trace d'un quelconque morceau de tissus ou d'une lutte avec un éventuel agresseur. Ces constatations m'ont beaucoup troublée alors j'ai décidé de procéder à un deuxième examen de la trachée de la victime, tandis que, dans le même temps, le laboratoire étudiait le contenu de son estomac. Ce n'est qu'au bout de la quatrième inspection de la trachée de cette femme que j'ai découvert, caché dans un recoin, une jambe de N. J'ai poursuivi mes recherches et ai découvert un A. J'ai retiré les deux lettres délicatement avec une pince à épiler et les ai observées au microscope : elles étaient recouvertes de substances gastriques. Une idée m'est alors venue à l'esprit mais j'ai dû rongé mon frein en attendant les résultats concernant l'estomac de cette Louise. Vous savez comme nos labos sont débordés. Finalement, mon collègue m'a apporté ses conclusions que nous avons recoupées avec les miennes et nous sommes tombés d'accord. Voici ce qu'il en est exactement :
La victime a subi, par le biais de chercheurs en psychologie aux méthodes plus que douteuses, des pertes irrémédiables : ils ont pénétré dans le cerveau de la malheureuse afin de lui piquer ses idées, ce qui explique l'état de friche dans lequel était l'intérieur de son crâne. Suite à ces ponctions répétées, cette jeune femme a perdu doucement son inspiration. Elle a alors été confrontée à l'angoisse de la page blanche. Elle avait beau se mettre plusieurs heures devant son ordinateur, tout espoir de pondre une note digne de ce nom pour son blog s'était envolé. Chaque jour elle peinait et ce dur labeur commença même à avoir des répercussions sur sa santé mentale. Elle prit des médicaments afin de stimuler son imagination mais sans succès. Elle décida alors de cracher des mots, mais seules quelques lettres franchirent sa bouche. Elle choisit donc de vomir du texte mais c'est hélas cela qui causa sa perte : les mots ne réussirent guère à aller jusqu'à sa bouche. Seules quelques lettres (les jambes du N et le A) remontèrent dans sa gorge, les autres lettres restant bloquées dans son estomac (c'est ce que les laborantins ont retrouvé en étudiant le contenu de l'estomac : il était plein de lettres). Les lettres qui ont réussi à remonter ont finalement étouffé Louise S.
Messieurs, votre cliente est décédée suite à un manque total d'inspiration. Même si les psy sont responsables de la pénurie d'idée de la victime, vous ne pourrez jamais le prouver. On peut donc dire que c'est son blog qui l'a tuée. Louise l'avait très bien compris qui avait écrit sur l'écran de son ordinateur : "Tu m'as tuée." Je crois que vous pouvez clore l'affaire.
Les deux flics saluèrent le médecin légiste et quittèrent l'IML en silence. Il ne leur restait plus qu'à exposer aux proches de la victimes les causes exactes de la mort et à relâcher les suspects. Dans quelques jours, ils assisteraient à la messe donnée pour Louise en l'Eglise Saint-Médard, celle ou elle aimait tant aller faire un tour avec ses deux enfants pour y déposer un cierge. Sans doute que ses fils diraient : "Dis Papa, on allume une bougie pour Maman ?"
PS : Si l'envie vous prenez de venir à mon enterrement, mettez des cierges pour moi : il va m'en falloir plus d'un si je veux aller au Paradis ; pour l'instant, ce n'est pas gagné ! Et amenez des pivoines, c'est la saison en ce moment. Et avec un peu de chance, si le cercueil n'est pas encore fermé, vous verrez peut-être ma tête. Il se pourrait que je vous fasse un clin d'oeil ...
07:00 Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, journal intime, crime, blog, paris vème arrondissement
30.03.2008
Cluedo V.
Cinquième partie : Petit meurtre entre amis.
Le Commandant Lefront fit entrer les suspects dans son bureau, situé au quatrième étage du 36, quai des Orfèvres. La plupart d'entre eux fut surpris de découvrir des bureaux minuscules aux murs gris et aux fenêtres grillagées donnant sur une cour servant de parking aux véhicules banalisés. Ils pensaient sans doute qu'ils allaient être reçus dans une vaste bibliothèque en bois d'acajou, être assis dans de confortables sofas recouverts de tissus Laura Ashley, tout en sirotant un Glenmorangie vingt ans d'âge ou un thé Darjeeling accompagnés de scones sortant tout droit des fours de chez Fortnum and Mason. Mais le Commandant Lefront clarifia immédiatement les choses : "Vous n'êtes pas les personnages d'un roman d'Agatha Christie ! Vous êtes ici parce que vous êtes tous, je dis bien tous, suspectés d'avoir assassiné, de sang froid, Louise S., une mère de famille. Vous aviez tous une bonne raison de la tuer. "
- Commençons par vous, Barbie !
Barbie, vêtue d'un nouveau manteau, se tortilla sur son siège. Elle portait autour du cou un boa de plumes roses qu'elle tripota nerveusement.
- Vous avez déclaré, sur votre blog, qu'on vous avait volé votre manteau alors que vous étiez passablement émêchée dans un bar louche du centre de Rouen. Vous en vouliez à la terre entière d'être ainsi dépossédée d'un bien qui vous était cher. Vous avez pensé que cette Louise avait le même. Alors, vous avez demandé à votre voisin Thibault, militaire, de tuer cette femme et de vous ramener son manteau. Thibault a accepté pour vos beaux yeux !
Barbie se leva d'un bond pour arracher les yeux au Commandant, mais le lieutenant Stan para à toute tentative de Barbie, qui, une fois dans les bras du charmant flic se calma aussitôt et s'empressa de lui faire les yeux doux.
Le Commandant Le Front passa au suspect suivant.
- A vous Jeanne, la Madame SPA de la Mayenne. Vous n'avez pas digéré le fait que Louise ait voulu faire un civet de votre lapin géant puis récupère la peau de la pauvre bête pour s'en faire une étole. Alors que votre mari vous croyait tranquillement occupée à créer des bijoux dans votre véranda, vous aviez largement le temps de vous rendre à Paris en TGV afin d'assassiner Louise.
Jeanne respira profondément. Cependant, elle ne put s'empêcher de pleurer en pensant à la pauvre bête qui avait fini en cocotte.
Alors que Gwen se demandait comment elle ferait dorénavant pour transporter ses crottins de Chavignol à la fête paroissiale de Chevaize une fois la vente de son 4X4 conclue, le Commandant Lefront se tourna vers elle, ce qui eut le don de l'agacer. Elle repoussa nerveusement l'une de ses mêches rousses et fixa ce flic qui commençait à lui donner des boutons.
- Gwen ! Je sais que vous n'avez pas bougé de chez vous au moment de la mort de Louise, mais vous auriez très bien pu demander à la Birette, de le faire pour vous. je précise, pour les autres suspects, que la Birette est une sorcière démoniaque qui sévit dans le Berry.
- Et pour quelle raison aurais-je eu envie de tuer Louise, Commandant Lefront ?
- Il se murmure que votre fille Lilith aurait entretenu une liaison avec son fils Henri. Est-ce-que je me trompe ? Et puis, vous avouerez qu'appeler sa fille Lilith quand on vit au pays de la Birette, c'est suspect.
Gwen marmonna.
Mlféeclochette, que cette histoire de sorcellerie intéressait au plus haut point, sembla se refermer comme une huitre bretonne quand le Commandant Lefront parla de son cas.
- Mlféeclochette, en perquisitionnant à votre domicile, nous avons retrouvé une petite poupée en lin brodée au point de croix, portant le nom de Louise et piquée d'une multitude d'aiguilles. Le lieutenant Stan a enquêté et, avec l'aide du rebouteux de Plouginec dans les Monts d'Arrée, a découvert que vous vous adonnez à un rite vaudou implanté en Pays Bigouden par les premiers druides. Vous avez piqué cette poupée à l'effigie de la victime car vous n'avez pas supporté qu'elle préfère vivre à Paris plutôt qu'en terre celte. Et ne me dites pas que vous n'aviez pas le temps de l'assassiner puisque vous êtes passée à Paris lors d'un déplacement vers l'est de la France.
- Vous aussi Cécile, vous étiez à Paris au moment du meurtre : vous étiez chez votre belle-mère. On a ainsi appris que vous aviez rencontré la victime le jour de sa mort afin de fomenter une rébellion contre vos belles-mères respectives. Que s'est-il passé pour que votre complicité vole en éclat ? Un différent quant à la manière d'assassiner vos belles-mères ? Louise voulait faire souffrir la sienne atrocement et vous la tuer rapidement et proprement ?
- Je vous en prie Commandant, s'écria Cécile, n'en parlez, ni à mon mari, ni à ma belle-mère !
- Madame, je vous laisse le plaisir d'annoncer à Belle-maman, lors du prochain repas de famille, que vous voulez lui faire la peau ... Entre le fromage et le dessert, je suis sûre qu'elle appréciera.
Tandis que les conseils avisés du Commandant Lefront à Cécile amusaient encore Le Chat, le vieux flic attaqua.
- Le Chat, qui êtes-vous ? Avec vous, nous sommes un peu perdus et, j'avoue, vous nous avez donné du fil à retordre. Vous habitez dans le Vème arrondissement, comme la victime ; vous avez le même âge que la victime ; vous tenez un blog, comme la victime. Pourquoi, quand on a tant de points communs, en vouloir à Louise ? Nous avons une ébauche de réponse : parce que Louise aime bien faire la cuisine. Or, vous, la cuisine, ça vous met dans tous vos états. N'avez-vous pas dernièrement assassiné un homme à coups de rouleaux à pâtisserie juste parce qu'il vous avait demandé de vous mettre au fourneau ? Votre casier judiciaire ne vous rend pas service et vous met parmi les suspects les plus probables. Quand vous purgerez votre peine pour le crime au rouleau à pâtisserie, demandez à suivre une psychothérapie afin de réussir à déterminer votre appartenance sexuelle : ça m'a l'air un peu compliqué de ce côté-là.
- Oh, MissBrownie, ne vous réjouissez pas trop vite ! Vous n'êtes pas totalement innocente, même si vous, au contraire, adorez cuisiner. Ce n'est pas parce qu'on sait faire des petits gâteaux au chocolat qu'on est incapable de tuer. Au contraire ! Parfois, il est utile de savoir manier le couteau de cuisine quand on veut tuer quelqu'un puis le désosser, ne trouvez-vous pas ? Et le gaz, MissBrownie ? Que pensez-vous du gaz ? Vous vous entraînez à assassiner au gaz en ce moment, n'est-ce-pas ? Et Louise aurait été parfaite comme cobaye ! Avouez que vous y avez pensé.
Alors que Missbrownie baissait les yeux, penaude. Le Commandant Lefront prit Cigale à partie.
- Et vous Cigale ? Rien à vous reprocher ? Pas même une petite envie de tuer Louise qui vous démangeait ces temps-ci ? Juste une petite, le jour ou elle a commenté une photo sur votre blog. Vous vous souvenez de cette photo de vos amis écossais en kilt. Reconnaissant les fesses d'un des hommes photographiés - n'avait-elle pas écrit " Mais je les connais ces fesses-là, moi !" ? Cette déclaration de Louise vous a mise hors de vous. Car cet homme, qui avait été votre amant, avait donc couché auparavant avec la victime. La jalousie fait alors faire bien des choses répréhensibles, comme tuer sa rivale par exemple ...
L'indignation se lut sur le visage de Cigale mais laissa de marbre le Commandant Lefront ; il en avait vu d'autres.
- El Ultimo, vous êtes bien silencieux ! On a découvert que la victime et vous aviez organisé un petit trafic fort lucratif de poudre blanche et de feuilles d'érable entre le Canada et la France.
El Ultimo, abattu, baissa la tête, exhibant à la vue de tous son crâne luisant. Le Commandant Lefront, compatissant, se dit qu'il fallait être un peu fou pour choisir de vivre au Canada quand on n'a pas un cheveux sur le cailloux. Le policier, par réflexe, se caressa la tête en frissonnant.
- D'autre part, vous avez évoqué sur votre blog des recherches effectuées par des psychologues afin d'étudier la partie du cerveau appelée amygdale. Après vérifications, ce sont bien ces recherches qui ont laissés des traces dans le cerveau de la victime. C'est vous qui avez mis Louise en relation avec ces chercheurs. Entre nous, elle ne devait vraiment pas être finaude cette Louise pour gober ces conneries de chercheurs. Tout le monde sait que les amygdales sont au fond de la gorge ! Mais, pourquoi la tuer, au risque de cesser votre trafic peu recommandable ? Parce qu'elle en savait plus qu'elle n'aurait du ? (elle avait démasqué les véritables intentions des chercheurs : lui piquer ses idées en piochant directement dans son cerveau.) Parce qu'elle faisait plus de bénéfices que vous avec la vente des feuilles d'érable ? Faites gaffe, mon vieux, vous êtes dans le collimateur des Stup's !
Il y avait un silence de mort dans le bureau surchauffé du commandant Lefront. Celui-ci essuya son front à l'aide d'un mouchoir écossais puis se tourna vers Ju' qui agitait devant son visage une feuille en papier afin de se rafraîchir.
- Mademoiselle Ju', à votre tour de passer à la casserole, si vous me permettez cette petite familiarité ! Vous aviez rendez-vous avec la victime, mais vous avez déclaré : "j'ai eu un empêchement de dernière minute. Notre rendez-vous a été annulé." En êtes-vous bien sûre ?
Ju' jeta un regard noir au policier, mais ne répondit pas. Celui-ci continua son monologue.
- En fait, vous vous êtes débrouillée pour connaître son adresse via son mail. Vous vouliez savoir à quoi elle ressemblait. N'aviez-vous pas insisté pour qu'elle montre son visage sur son blog, à l'époque ou elle s'était fait faire une frange ? Mais, lorsque vous l'avez vue, en vrai, vous n'avez pas supporté cette femme à l'air pas toujours très sympathique. Franchement, elle avait une sale gueule ! Ne serait-ce pas vous l'assassin Mademoiselle ?
Les autres suspects s'arrêtèrent de respirer. La tension était palpable. Le Commandant Lefront, maitrisant parfaitement l'exercice, laissa quelques instants avant de s'attaquer au suspect suivant. Il se délectait toujours de ce genre de situation, se plaisant à étudier les réactions des uns et des autres. Imperturbable, il se concentra alors sur Fanette.
Fanette faisait partie du clan des parisiennes. Pas les vraies, nées à Paris, mais les provinciales devenues parisiennes, comme la victime. On sentait qu'avec le temps elle avait pris de l'assurance, jusqu'à maitriser parfaitement les codes et usages de sa ville d'adoption : démarche nerveuse adaptée aux entrailles du métro parisien et garde-robe de la parfaite citadine. De l'eau était passée sous le Pont-Neuf depuis que Fanette avait débarqué à la fac ; elle en avait fait du chemin depuis qu'elle avait troqué ses mocassins bleu marine contre des bottes à la dernière mode.
- Mademoiselle Fanette, lors de l'une de vos promenades nocturnes dans Paris, n'auriez-vous pas rencontré Louise ? Oh, vous ne saviez pas que c'était elle, elle ne vous a pas dit son prénom. Mais vous vous êtes parlé une nuit que vous rentriez chez vous après avoir passé une agréable soirée dans un café avec votre bande d'amis. Elle vous a entretenu d'un évènement auquel elle avait été témoin. Souvenez-vous du jour ou vous avez voulu acheter des chaussures avec votre petit ami. L'échange verbal qui avait eu lieu entre la vendeuse, la patronne, votre ami et vous, avait été suivi par Louise. Cette dernière, vous reconnaissant dans le métro, vous a alors abordée puis a voulu vous faire chanter. Comment se débarasse-t-on d'un maitre chanteur Mademoiselle Fanette ?
Fanette leva les yeux au ciel d'un air blasé.
La voisine de Fanette, Milla, que ses Dim'Up semblaient gêner - une fois de plus elle avait oublié qu'il ne faut jamais mettre de crême hydratante sur ses jambes avant d'enfiler des bas - se redressa brusquement. Elle fronça les sourcils : ce n'était pas cet arrogant Commnandant Lefront qui allait l'enquiquiner. Elle aurait bien appâter le Lieutenant Stan, mais celui-ci semblait toujours aussi captivé par Barbie. Qu'importe, elle avait ce qu'il faut à la maison.
- Milla, vous aussi avez rencontré Louise dans le métro. C'était un matin, alors que vous vous rendiez au bureau. La rame était bondée et un enfant hurlait. Vous lui avez donné un chewing-gum à la menthe. Mais le gôut du bonbon était si fort que le petit graçon a pleuré, vous attirant ainsi les reproches de sa mère. Cette mère, c'était Louise. Vous avez alors voulu arracher les yeux à cette femme qui vous rendait responsable de la crise de larmes de son rejeton. A quel point est-ce agaçant un gamin qui braille dans le métro, Milla ? Au point de tuer sa mère ?
Milla remonta son Dim'Up, parti en accordéon sur sa cheville gauche suite à l'attaque du Commandant Lefront. Le flic, après avoir apprécié en connaisseur le galbe du mollet de la jeune femme, reporta son attention sur la non moins jolie Oopsgal.
Oopsgal, toujours tirée à quatre épingle, était accrochée à l'anse de son sac Gérard Darel, cadeau de Noël de son ami. L'inquiétude semblait ne pas avoir prise sur elle ; sans doute se considérait-elle à l'abri des représailles de la Police française du fait de sa liaison avec un jeune avocat plein d'avenir.
- Oopsgal, quelle a été votre réaction quand votre ami a appris l'existence de votre blog suite à un message de Louise ? Votre ami n'a-t-il pas hurlé à la duperie ?
Oopsgal chercha une aide du regard, mais elle était bien seule à cet instant. Pas même un pompier pour voler à son secours.
- N'est-il pas vrai que vous avez songé à vous débarrasser de Louise puisqu'elle était le seul témoin gênant dans cette affaire ?
Oopsgal ne répondit pas, préférant se concentrer sur sa liste de courses : c'était le jour de sa visite hebdomadaire au Monoprix du Boulevard Saint-Michel.
Sarmentanne sut que c'était son tour de subir les foudres du policier de la Crim'.
- Sarmentanne, chacun sait ici que vous détestez les magasins de bricolage. C'est pourtant dans l'un d'eux que vous avez rencontré Louise un dimanche matin. Vous faisiez la queue juste derrière la victime afin d'acheter un nouveau marteau. En réclamant un échange, elle vous a obligée à rester quinze minutes de plus que prévu. Vous n'avez pas supporté et avez pensé à tuer cette cliente pénible en utilisant votre marteau flambant neuf. Est-ce exact Sarmentanne ?
- Ce qui est exact Commandant, c'est que si je tenais ce marteau en main, je vous en assénerais volontiers un coup sur la tête.
Le Commandant, que ce genre de menace ne semblait absolument pas impressionner, se contenta d'esquisser un sourire et de s'adresser au dernier suspect, Jean-Pierre.
- Jean-Pierre, il ne reste plus que vous. On sait que vous vous êtes rendu au Havre, ville de naissance de la victime. Vous êtes allé visiter le musée André Malraux afin, non pas d'y admirer quelques toiles des plus fameux peintres cauchois, mais pour essayer de faire connaissances avec quelques célibataires du coin. Cependant, vous semblez avoir été déçu : il n'y avait que des boudins. Vous ne saviez donc pas que le musée détenait l'un des plus importants fonds de toiles d'Eugène Boudin ? Lorsque vous avez dit à Louise que sa ville natale était le pays des boudins, cette dernière, complètement inculte, l'a pris pour elle et s'est promis de se venger. Crayant son courroux, vous auriez pu préférer attaquer en premier. L'idée vous a d'ailleurs traversé l'esprit.
Jean-Pierre ne put s'empêcher de faire un petit jeu de mots : "cette histoire est vraiment en train de virer en eau de boudin !" qui eut le mérite de détendre l'atmosphère.
Soudain, le téléphone retentit dans le bureau du Commandant Lefront. Le Lieutenant Stan répondit : "Brigade Criminelle de Paris, bureau du Commandant Lefront !"
"Bonjour Lieutenant, c'est le médecin légiste. Je vous appelle pour vous donner les résultats définitifs de l'autopsie de Louise S.".
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