25.01.2008
E-Bay ? Mieux que Meetic !
« E-Bay, mieux que Meetic ? Ouh la la, encore un jour sans pour cette pauvre Louise. Elle ne tourne pas rond Louise aujourd’hui. A moins qu’elle n’écrive cela uniquement pour capter de nouveaux lecteurs, la connaissant elle en serait capable ! Quel rapport entre E-Bay et Meetic ? Absolument aucun ! L’un est un site de vente aux enchères, l’autre un site de rencontre. Il faudrait être vraiment tordu pour dénicher un quelconque point commun entre ces deux sites internet. »
A première vue, je vous l’accorde, E-Bay et Meetic n’ont pas grand-chose à voir l’un avec l’autre. Pourtant, j’ai vécu une expérience, pas plus tard qu’avant-hier, qui m’a fait voir E-Bay sous un nouveau jour. Laissez-moi vous énoncer les faits.
Mercredi 16 janvier 2008, 18h17 : tandis que mes deux garçons s’abrutissent devant la télévision, j’en profite pour aller faire un petit tour sur E-Bay, catégorie vêtements et accessoires. Je concentre mes recherches sur « sacs, ventes se terminant dans l’heure ». Je déniche un très joli sac Le Tanneur en cuir glacé gold, qui a vraisemblablement l’air tout neuf, à soixante dix euros. Fin de l’enchère dans quinze minutes dix huit secondes. Je clique sur l’objet et constate qu’aucune enchère n’a été faite : les filles ne s’intéressent généralement qu’aux objets débutant à 1 € et qui font l’objet alors d’une multitude d’enchères. Un sac mis à 70 € au départ a moins de chance de partir même si il est parfait. En tout cas, moi, il m’intéresse. Finalement, à 18h32mn18secondes, je remporte le sac à 70€.
Je ne règle pas immédiatement car le vendeur a semble-t-il omis de mentionner les frais de port. Le vendeur, résidant à Paris, acceptera peut-être de me le remettre en main propre ? Le lendemain matin, le vendeur me répond qu’il peut passer me livrer le sac mardi 22 octobre à mon domicile. Parfait ! Je règle mon achat par Pay-Pal et nous nous arrangeons par mail afin de préciser mon adresse exacte et l’heure de la livraison (19H30) et lui donner mon numéro de téléphone pour qu’il m’appelle lorsqu’il sera en bas de la maison.
Mardi 22 janvier 2008, 19h30 : Alex et moi discutons dans le salon en attendant le sac. Alex plaisante : « Quand tu seras en bas, n’oublie pas de remonter ! Ne me plaque pas ainsi que les enfants pour t’enfuir avec le type du sac ! » Et moi je lui réponds : « Ah, si il est mignon, je vais hésiter, tu sais. Pas sûre que je sois encore là tout à l’heure ! »
Le téléphone sonne. Alex répond. C’est le vendeur qui appelle pour s’excuser, il aura dix minutes de retard.
« Voilà un type vraiment serviable et bien élevé, tu ne trouves pas Alex ? Premièrement, il traverse tout Paris pour m’apporter un sac qu’il m’a vendu 70€ alors qu’il en vaut 300 en boutique (OK, 225€ en solde), deuxièmement, il prévient qu’il aura dix minutes de retard. Ma foi, il est charmant cet homme là, non Alex ? » « Oui, mais comme c’est moi qui ai répondu, ton vendeur sait dorénavant que tu ne vis pas toute seule, ma chère Louise ! »
19h45 : le téléphone sonne à nouveau. Cette fois, c’est moi qui répond au vendeur qui est arrivé au pied de l’immeuble : « Je descends tout de suite ! »
Au moment ou je quitte la maison, Alex crie : « Tu pourrais au moins dire adieu à tes enfants avant de fuir avec ton nouvel amant ! »
Je descends l’escalier puis ouvre la porte de l’immeuble et me retrouve face à …. à ….. à un super canon, 30 ans, bien habillé, bien coiffé mais pas minet. Brun, plutôt grand, l’air sympathique. Aïe, je craque !!!! Il tient le sac dans ses mains. « Bonsoir, je vous apporte le sac » me dit-il.
« Merci beaucoup, c’est vraiment très aimable de votre part d’avoir traversé Paris pour me le remettre. »
« Vous ne regardez pas si il vous convient ? «
Oh oui, vous me convenez très bien, pensé-je en le regardant. Vous êtes tout à fait charmant, il est tout bonnement impossible qu’il y ait erreur sur la marchandise. De face vous êtes parfait, je me dis que côté fesses ce doit être bien aussi ! Rien à faire du sac, c’est vous que je regarde !
Finalement, face à son regard perplexe, je me force à jeter un vague coup d’œil au sac. « Oui, il est très bien. » Pas aussi bien que vous mais bien quand même.
« Au revoir » me dit-il.
« Au revoir ».
Il me tourne le dos (oui, le côté pile vaut le côté face.) et s’éloigne. Je rejoins ma petite famille qui m’attend.
« Alex, tu as eu chaud, mon vendeur (oui, il est devenu MON vendeur, rien qu’à moi ) était des plus charmants. Si j’avais été libre et lui aussi, je l’aurais certainement invité à prendre un pot ! »
« Louise, il a une copine puisqu’il est venu t’apporter le sac dont elle ne voulait plus ! »
Mais moi, j’ai une autre version des choses : Il a sans doute offert ce sac à sa copine pour Noël. Mais ils se sont séparés depuis et elle lui a rendu le sac. Comme il ne voulait plus rien d’elle, il a décidé de vendre le sac sur E-Bay. Grâce à cette vente, il connaît mon prénom, mon nom, mon adresse et mon numéro de téléphone : c’est tout bon pour moi ça ! Je suis sûre qu’il est tombé amoureux de moi rien qu’au premier regard et que demain il va m’appeler pour qu’on se revoit !!!
« Louise, il sait que tu es avec quelqu’un et que tu as des enfants car il les a entendu qui faisaient du bruit quand il a téléphoné. De plus, il a toujours une copine à mon avis et il n’a pas grand-chose à faire d’une mère de famille de trente cinq balais." Alex n’a peut-être pas tort et ce n’est pas très bon pour moi ça !
La prochaine fois, je flasherai sur escarpins, j’aurais peut-être plus de chance de trouver chaussure à mon pied ? Pour moi, dorénavant, ce ne sera plus Meetic, mais E-Bay ! J’en rêve encore …
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24.01.2008
Tic tac.
Tic tac. Comment en suis-je arrivée là ? Tic tac.
Avant, j'étais tranquille. Tic tac.
Avant, tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes. Tic tac.
Et puis, j'ai rencontré Alex, en 1991, j'avais dix huit ans. Tic tac.
Ma vie a changé. Tic tac. Doucement. Tic tac. Sournoisement. Tic tac.
Pendant la semaine, je vivais ma vie d'étudiante célibataire en province, tic tac, et je rejoignais Alex à Paris le week end. Tic tac. Tout allait bien. Nous faisions des projets d'avenir, tout doucement, à notre rythme : tic tac. Cela a duré cinq ans. Tic tac.
Et puis nous nous sommes mariés et nous nous sommes installés à Paris, tous les deux. Tic tac. Nos études terminées, le rythme ne changea guère : tic tac. Nous prenions toujours notre temps : le temps de vivre, tic tac, de profiter de nous, tic tac, le temsp de nous installer confortablement dans un nid douillet vraiment à nous : tic tac, une petite signature chez le notaire. Tic tac.
Ce rythme nous convenait parfaitement mais semblait déplaire fortement à notre famille. Tic tac tic tac. "Quand allez-vous faire un bébé ? " Tic tac tic tac. "Nous avons envie d'être grands-parents !" Tic tac tic tac. "Louise est stérile, n'est-ce pas ?" (Ce sont toujours les femmes qui sont stériles ! ) Tic tac tic tac. Ce rythme me donnait le tournis à chaque fois, alors je freinais des deux pieds pour retrouver un tempo plus adapté à mon caractère et à mes envies. Tic tac. Ouf, ça va mieux. Tic tac. Ecoutez cette douce musique : tic tac.
Et puis un jour, j'avais vingt neuf ans, sans comprendre tout d'abord ce qui se passait, le rythme s'est accéléré brutalement sans que ce soit la faute de mon entourage. Tic tac tic tac tic tac. Ca allait de plus en plus vite, de plus en plus fort. Tic tac tic tac tic tac. Je ne controlais plus rien. Tic tac tic tac tic tac. Et puis j'ai compris : mon horloge biologique faisait un tic tac infernal ! Tic tac tic tac tic tac. Je n'ai rien vu venir. Tic tac tic tac tic tac. Je me suis mise à avoir envie d'un bébé. Tic tac tic tac tic tac. Moi, Louise, incapable de prendre un enfant dans mes bras sans qu'il se mette à hurler à la mort, je voulais un bébé !!! Tic tac tic tac tic tac. Je n'ai plus pensé qu'à ça. Tic tac tic tac tic tac. Il me fallait enfanter au plus tard à trente ans. Tic tac tic tac tic tac. Alex, qui avait jusqu'alors montré autant d'empressement à devenir père que moi avant la mise en pilotage automatique de mon horloge biologique, a dû se résoudre à me faire un bébé. Tic tac tic tac tic tac. Quelques jours après avoir arrêté la pillule, j'étais enceinte. Et oui, je suis de ces femmes qui n'ont pas le temps de dire "ouf" que déjà elles sont enceintes.
Nous voulions un enfant du printemps ou de l'été ; ce fut parfait : Henri est né le 15 juillet 2003 et en plus j'avais trente ans. Nous voici donc avec un bambin.
Mais le chiffre un ne nous convenait pas. Nous voulions au moins deux enfants et non un enfant unique. Nous avons laissé un peu de temps, que le rythme se stabilise : tic tac.
Puis, en octobre 2004, la machine s'est à nouveau emballée. Tic tac tic tac tic tac. La surprise fut moindre, je commençais à maitriser les aléas de la machine infernale. Tic tac tic tac tic tac. Quelques jours après l'arrêt de la pillule, hop, à nouveau enceinte : l'enfant à venir naîtrait en juillet, nous étions ravis.
Mais c'était sans compter Dame Nature qui décida de faire un peu de tri dans tout ça. Dame Nature ignora le fait que nous avions annoncé ma grossesse à tout le monde et me fit faire une fausse couche le 24 décembre 2004. Un pur moment de bonheur quand l'interne de l'hopital vous assène froidement que vous êtes en train de faire une fausse couche spontanée : "Vous n'êtes pas la première, vous ne serez pas la dernière." Ajoutez à cela une belle-mère qui vous fait la tête parce que votre fausse couche vous oblige à annuler votre voyage : à cause de vous, elle ne va pas pouvoir voir son fils chéri ! Sans oublier le 25 décembre passé à vomir de douleur parce que l'interne n'a pas pensé à vous donner un cachet anti douleur, et à vous vider de votre sang : ce jour-là, le divin enfant est tombé dans les toilettes et c'est moi qui ai tiré la chasse d'eau. Suivant les préceptes de notre bonne vieille église, j'ai enfanté dans la douleur un 25 décembre, et ça, je peux vous dire qu'on n'est pas nombreuses à l'avoir fait !
Mon horloge biologique a été obligée de faire une pause. Plus de tic tac pendant quelques semaines.
Rien. Le silence.
Le silence, c'est épuisant et déprimant.
Mais mon heureuse nature a repris le dessus et, comme le printemps arrivait, Alex et moi avons communié avec elle. Tic tac tic tac tic tac. Il n'en fallait pas plus pour faire redémarrer le mécanisme. Tic tac tic tac tic tac. Et hop, à nouveau enceinte. Quand je vous dis que je suis fertile.
Cette fois-ci, bébé a tenu le coup même si cela a été difficile pour sa maman, couchée de juillet à décembre. Le 29 décembre 2005, nous voici nantis d'un deuxième enfant.
Tic tac. Si mon horloge biologique s'est calmée, tic tac, le rythme à la maison lui s'est accéléré. Tic tac. Depuis, nous sommes crevés. Les rouages de mon horloge se sont un peu grippés et ne comptez pas sur moi pour la faire redémarrer : j'ai atteint mon quota de bambins. Tic tac. Parfois, surtout le dimanche matin, il nous arrive de regretter notre vie d'avant. Hélas, une chose est sûre, une horloge biologique ne peut jamais remonter le temps. Tic tac.
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05.12.2007
La Crême de Huit Heures : pour hennir de plaisir
Connaissez-vous la Crême de Huit Heures d'Elisabeth Arden ? Pas intimement peut-être, vous ne l'avez jamais testée. Bien, alors il vous faut avant toute chose en connaître la petite histoire.
Une amie d'Elisabeth Arden lui fait part d'un petit soucis de peau de son fils. Qu'à cela ne tienne, Elisabeth lui propose un onguent qu'elle utilise habituellement pour ses chevaux. Huit heures plus tard, l'enfant retrouve une peau magnifique, la mère est emballée et Elisabeth Arden décide d'adapter sa crême miracle pour nous, humains. Un mythe est né.
A première vue, je n'ai rien de commun avec un cannasson, si ce n'est ma coiffure. Pourtant, j'utilise cette crême. Et je l'utilise d'autant plus volontiers que la vendeuse de chez Marionnaud a pris un air consterné quand elle me l'a vendue. Cela m'a totalement rassurée quant à ses qualités. (Ca me fait toujours ça avec les esthétiCHiennes, mais aussi avec les vendeurs de chez Darty ou Saint-Maclou. Allez comprendre ...)
- Bonjour Madame, je voudrais un tube de crême de Huit Heures s'il vous plait.
La vendeuse, maquillée comme une voiture volée :
- Les principes actifs ont changé. Votre peau ne sera plus protégée comme il faut. Vous devriez choisir une crême plus récente.
- Ah. Mais moi je voudrais la crême de Huit Heures et pas une autre.
- Vous avez des squames Madame ?
Est-ce-que je lui demande si elle a des pellicules ? Et puis elle voit bien que je n'ai pas de squames sur le visage.
- Bah non, j'ai juste la peau très très sèche et cette crême est parfaite pour ça, surtout avec le froid hivernal. Je mets cette crême de temps en temps le soir avant de me coucher et, huit heures plus tard, au réveil, hop, je retrouve ma peau de bébé. (J'en mets même sur mes fesses pour qu'elle soient toutes douces !) Donc, donnez-moi un tube de ma crême préférée.
- Prenez la crême machin chose de chez Clarins, elle est parfaite pour les peaux sèches, elle bénéficie des nouveaux tensio-actifs et en plus elle est anti-rides.
Des rides plus des squames, ça commence à faire beaucoup pour la même. Mais ou est-ce que cette dinde a vu que j'avais des rides. Qu'elle enlève donc sa couche de trompe-couillon et on verra bien laquelle des deux fait la plus jeune. En plus, cette gourdasse peinturlurée tient absolument à se faire une commission sur mon dos en essayant de me refourguer ses produits Clarins.
- (Pitié), je voudrais seulement acheter un tube de crême de Huit Heures. Quand il fait froid, c'est la seule crême que je supporte. Les autres me piquent la peau quand je les étale sur ma peau non ridée, la crême de Huit Heures non.
N'en pouvant plus de la vendeuse, je hennis, me cabre et rue. Un bon coup de sabot et elle daigne enfin me vendre ma crême favorite. Hiiiiiiiiiiiiii, cette crême est vraiment faite pour moi !
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04.12.2007
Enjoy the show Darling ! 4.
Chapître IV : The show must go on !
La musique commence. Le son augmente, augmente. La lumière s'éteint, il fait nuit noire. Le podium, immensément long, est fait d'une sorte de miroir noir faiblement éclairé. Les modèles commencent à évoluer mais on ne fait que les apercevoir, le regard doit auparavant s'habituer à l'obscurité. Je me demande bien ce que les rédactrices de mode peuvent bien voir à travers les verres fumés de leurs lunettes griffées.
A part une doudoune pailletée noire sublime et une robe fourreau qui m'irait bien, il n'y a rien d'extraordinaire. Je n'ai sans doute pas l'oeil, me direz-vous. Mais j'ai beau essayé de déceler des merveilles de couture, franchement ça ne casse pas trois pattes à un canard. Ou est passé le style Ungaro avec ses drapés majestueux, ses envolées de mousseline, ses couleurs chatoyantes, ses femmes sensuelles et aériennes. Je ne vois que du Montana des années quatre vingt, du déjà vu, du déjà fait, du plus à faire. Une collection ennuyeuse.
Aussi ennuyeuse que les mannequins qui la portent. Des filles immenses et d'une maigreur extrême. Les Coco Rocha et autres Natasha Poly qu'on voit à tous les défilés et dans tous les plus grands magazines, marchent d'un pas saccadé. En prêtant bien attention, on peut apercevoir les vibrations qui se répercutent dans leur dos à chaque pas sur cet interminable podium. Ces visages émaciés au regard vide sont censés représenter une femme belle et épanouie, une femme glamour à souhait. Je n'y vois hélas qu'ennuie et privations alimentaires. Seul un mannequin se détache du lot. Il s'agit de Daria Werbowy, vous savez la jeune fille au regard de chat qui fait la publicité pour le parfum Hypnôse de Lancôme. Elle est un peu plus en chair que ses consoeurs, est vraiment belle, a un air serein et marche ou plutôt vole avec grâce. Le beauté et l'élégance à l'état pur. Un ange passe.
Les filles défilent à un rythme soutenu, le show ne dure pas plus de vingt minutes. Tout ça pour ça : une heure quarante cinq minutes d'attente pour vingt minutes de défilé. Des modèles qui passent sous nos yeux à la vitesse de l'éclair. Même pas une robe de mariée pour faire rêver. Peter Hyde Dundas vient saluer la foule qui l'acclame. "Absolutely fabulous ! Extraordinaire ! Génial !" sont les qualificatifs que j'entends en me dirigeant vers la sortie. Je me dis que nous n'avons pas dû assister au même défilé. Je n'ai rien vu de "marvelous" moi. Je me suis presque ennuyée. J'ai appris depuis que le contrat de Peter Hyde Dundas n'a pas été renouvelé ; à la vue de ce défilé, je comprends pourquoi.
Alors je remets mon manteau, noue mon écharpe pour ne pas attraper froid et quitte la place de Varsovie à pied quand les autres invités se dirigent précipitamment vers leur limousine de luxe afin de ne pas rater leur quatrième ou cinquième défilé de la journée. Je leur laisse, j'ai d'autres choses bien plus enrichissantes et passionnantes à faire.
Je préfère marcher sur le pont d'Iéna en direction de la Tour Eiffel afin de digérer tout ce que j'ai vu aujourd'hui et pour réapprendre à vivre dans le monde normal : un sas de décompression cette petite balade solitaire. Je croise des touristes américains en tennis, des japonais en goguette et des parents ravis de photographier leurs enfants au pied de la Vieille Dame. Jamais je n'ai été plus heureuse de me mélanger à ces touristes. Je leur souris bêtement. Ils me font du bien. Leurs vêtements ne sont pas griffés, ils ne portent pas de lunettes noires, n'ont jamais vu et ne verront jamais un défilé de mode de leur vie mais c'est peut-être aussi bien comme ça.
07:25 Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : blabla de filles, journal intime, mode, Paris, Ungaro, Fashion Week
01.12.2007
Dépêche AFP.
AFP, il y a trois minutes.
Ingrid est vivante, Louise aussi !
13:51 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : blabla de filles, journal intime.
04.11.2007
ELLE et lui.
ELLE l'a dit. Alors si ELLE l'a dit, c'est que c'est forcément vrai. Et si ELLE l'écrit dans son numéro du 29 octobre, il faut que je le fasse, que nous le fassions. Mais nous qui ? Vous et moi ? Impossible, même par blogs interposés. Nous, c'est Alex et moi, ce pourrait également être vous et votre conjoint(e) si vous avez le cran de le faire. Mais faire quoi à la fin ? Mais échanger ses vêtements bien sûr. Virer tous les vêtements du placard, en faire un grand tas et piocher au hasard. Alex prend mes vêtements et moi les siens. ELLE l'affirme, c'est LE phénomène de l'automne.
De l'automne ? Alors je n'ai pas bien compris, moi. J'ai cru que c'était le phénomène d'Alloween 2007 : cette année, pas de costume de sorcière ou de vampire mais un slim taille 36, une blouse Maje et des low boots rose fluo pour lui, un bleu de travail et des bottes de chantier pour elle. Nan, nan, nan, Louise ! C'est Le new phénomène mode. Et c'est vrai. Habitant à proximité des facultés Censier, Jussieu et La Sorbonne, j'ai constaté le phénomène. De dos, il devient difficile de distinguer les filles des garçons, c'en est troublant. (Au passage, je constate que l'anorexie est en train de faire de plus en plus d'adeptes parmi les jeunes garçons, ce n'est pas possible autrement.)
Ces considérations mises à part, en professionnels (de la mode ?), Alex et moi avons relevé le challenge pour vous. En revanche, en ce qui concerne le salaire on est plutôt des amateurs, on n'a même pas été payés pour ça ! Alors ce matin, nous nous sommes postés devant le placard et avons testé pour vous. Vous nous direz merci plus tard.
Nous commençons par les sous-vêtements : je ne suis pas convaincue en me regardant dans la glace avec le slip de monsieur (bah oui, il préfère les slips aux caleçons et moi aussi parce que ça moule ses petites fesses et .... bon, bon, oui je m'égare), comment dire ... ça baille et c'est quand même beaucoup moins sexy qu'une petite culotte en plumetis. Comme on joue le jeu, la culotte rose sera pour Monsieur et là j'ai un pincement au coeur car Alex risque de la déchirer ma petite culotte. Certes mon mari n'est pas Rocco Siffredi mais je ne fais que du 38 et même pour Alex le 38 va être juste. Pour le soutien-gorge, on fait une petite entorse au règlement. J'ai le droit de le garder car il ne sera d'aucune utilité à Alex.
Passons aux hauts : pour moi, c'est plus simple. Une belle chemise blanche d'homme sied toujours à une femme. Mais pour un homme, c'est plus difficile de trouver son bonheur entre les petits hauts à bretelles et les tops de toutes les couleurs. Finalement, son choix se porte sur un col roulé noir. Rien de tel qu'un peu de sobriété. Cependant, le résultat est décevant, une fois enfilé le pull fait ressembler Monsieur à un personnage de Star Trek. Seul avantage, on dirait qu'Alex a fait de la musculation pendant dix ans. Pas trop mal.
Mettons le bas : le jean de mon époux ne tient à ma taille que si je passe une ceinture et à part me faire un popotin énorme et des hanches de sumo, je ne vois vraiment pas en quoi il m'avantage. Quant à Alex, mon slim ne dépassera pas le stade de ses mollets. Marcher avec ne sera pas chose aisée et pourrait même s'avérer gênant voire dangereux. Si il descend dans la rue comme ça, sûre qu'une petite mamie va porter plainte pour attentat à la pudeur, au mieux il se retrouve interné à Sainte-Anne. Bah oui, un homme en petite culotte en plumetis avec un slim aux genoux et marchant comme un pingouin place du Panthéon, ça fait toujours désordre.
J'allais oublié les chaussures : je prends des derbys noirs qui me vont comme ... des palmes, tandis que Monsieur ne réussit à glisser son 44 fillette que dans mes tongs à fleurs taille 38. Bizarres les tongs avec le col roulé.
Enfin, il est indispensable d'accessoiriser nos tenues : une écharpe rayée pour protéger mon cou est du meilleur effet. Ce qui manque à Alex ? Une plume rose ... serait l'idéal, ils l'ont dit dans ELLE. Et comme ils l'ont dit dans ELLE, ALex ...
NOOOOON !!!!!!!!
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03.11.2007
Léger comme une bulle de Dompé, délicat comme un macaron à la rose de chez Ladurée.
Vous avez certainement entendu parler du premier roman de la bloggeuse Anne-Solange Tardy (son blog Cachemire et Soie figure parmi mes favoris) "La double vie de Pénélope B.", aux éditions First. Mais, l'avez-vous lu ?
Etant curieuse, je l'ai acheté. Oh, pas à sa sortie en aout, peu de libraires l'avaient fait venir dans leur magasin. J'ai attendu mon retour à Paris. Je suis allée à la FNAC mais il fallait le commander et ça m'ennuyait de devoir retourner le chercher quelques jours plus tard. Résultat, fin octobre, je ne l'avais toujours pas lu. Profitant d'un séjour de deux jours dans ma famille au Havre le week-end dernier, je me suis rendue à la Galerne (la meilleure librairie de la ville) dans l'espoir de le dénicher. Ils en avaient deux en rayon. je me suis saisie de l'un des exemplaires fort agréable à manier et à regarder avec sa couverture très girly. J'ai choisi d'attendre mon retour en train pour m'attaquer aux 342 pages (impressionnant pour une novice !).
Une fois installée dans le train, je commence à lire. J'entre très vite dans l'histoire. Le début me plait et, comme ça me plait, je décide de refermer le livre. Bah oui, c'est quand même plus agréable de lire dans le moelleux canapé de mon salon que dans la poisseuse banquette d'un train corail.
Arrivée à la maison, je m'installe donc confortablement et reprends ma lecture là ou je l'avais laissée. L'écriture est simple, fluide et raffinée. L'histoire est pleine de rebondissements. Soyons clairs, ça n'est pas du Amélie Nothomb mais ce n'est pas ce qu'on lui demande. Et puis moi, L'hygiène de l'assassin" me donne envie de me mettre à la diète illico presto tandis que là, c'est léger comme des bulles de champagne et cela m'incite à filer chez Fauchon m'offrir une tartelette au thé Darjeeling (je trouve que c'est encore meilleur que les macarons Ladurée que Pénélope dévore à longueur de blog). C'est pour les filles très filles : ça se lit comme on regarde Quand Harry rencontre Sally une après-midi de cocooning.
Peut-être ne suis-je pas très objective : ma grand-mère, une délicieuse vieille dame, s'appelle Solange comme la "moitié" de l'auteur, mon mari vient de Dinan comme la mère de l'héroine, enfin, Alex et moi avons effectué une partie de nos études à Rennes avant de rejoindre la capitale, comme Pénélope Beauchêne. Mais non, la lecture se poursuit et, en toute objectivité, c'est toujours aussi pétillant, féminin, délicat.
Un bonbon acidulé à déguster sans modération.
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28.10.2007
Le retour de bâton.
Bien que parisienne, certaines manies de mes congénères m'insupportent lorsque je me rends en Province.
- Le Parisien sait tout sur tout. Il fait un exposé grandiloquent aux pêcheurs de bar du Raz de Sein, leur expliquant comment mettre l'appât et lequel. Il donne un cours sur la chasse au sanglier aux Solognots. Bref, il emmerde tout le monde et démontre par A + B qu'il n'y connait vraiment rien.
- Le Parisien a le droit parce qu'il paie. Bonjour, merci, au revoir ? Il ne connait pas.
- Le Parisien en vacances s'habille comme un parisien en vacances. S'il va sur la côte atlantique, il est tout de jaune (ciré Guy Cotten rutilant) et bleu marine vétu (bottes Aigles scintillantes et pull Armor Lux rayé qui gratte). Une vraie panoplie de marin du dimanche. Ca sentirait presque la naphtaline. S'il va en Sologne, tenue intégrale Barbour. Parfois, la parisienne oublie qu'elle est en province et affiche un look qui, s'il ne dépare pas outre mesure rue des Saint-Pères, la fait passer pour un indien quand elle se promène le samedi matin au marché de Ploubahinec. Maryvonne Lequerrou ne sait pas apprécier à leur juste valeur les nouveaux codes vestimentaires parisiens. Enfin, tout le bourg en parlera encore dans dix ans.
- Avertissement aux Parisiens du très clinquant, m'as-tu-vu, parvenu VIIIème arrondissement de Paris : pitié, ne quittez pas les enclaves que sont Deauville et Courchevel quand vous partez en vacances en province. Je n'ai aucune envie de voir vos immondes manteaux en renard bleu et vos vingt bagues (deux pour chaque doigt) de quarante carat chacune, dans mon petit port de pêche finistérien. Et après, on s'étonne que les provinciaux ne nous aiment pas.
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27.10.2007
Provinciaux, bande de ploucs !
Depuis que je suis devenue parisienne, des petites choses m'agacent lorsque je viens passer quelques jours chez vous, en Province.
- Vous n'aimez pas les parisiens. Aux inévitables "Parisien tête de chien, parigot tête de veau " que vous vous sentez obligés de nous ressortir à chaque fois que l'on vous dit "j'habite Paris", je répondrai que les parisiens sont essentiellement des provinciaux reconvertis. Nous sommes tous frères, yé !
- Evitez de rayer ma voiture quand je rends visite à ma famille en Bretagne, simplement parce qu'on peut lire le chiffre 75 sur la plaque d'immatriculation. S'il vous plait les Corses, ne vous sentez pas non plus obligés d'y mettre quelques bombes. (Je rigole ! Vous n'allez pas faire sauter mon blog pour si peu, hein ?)
- Ne me tapez pas dessus quand je vais assister aux Gras à Douarnenez.
- Dans les boulangeries, faîtes en sorte qu'on puisse acheter du pain au delâ de dix heures.
- Dans les restaurants, laissez-nous déjeuner même passé 13 heures et dîner même passé 21 heures.
- Ne mélangez pas tout : ce point s'adresse tout particulièrement aux anciens banlieusards qui sont partis s'installer en province et qui me disent toujours : "moi aussi j'ai habité Paris." "Ah bon, ou ça dans Paris. " "A Aulnay-Sous-Bois." LE parisien habite dans le 75 ! et non dans le 93, le 94 ou le 92 !!!! Il y a une grande différence entre un parisien intra-muros et un habitant de Plaisir ou de Compiègne. Le premier habite Paris, le second en banlieue parisienne et le troisième vit, comme vous, en province. Alors quand vous dîtes "la qualité de vie à Paris, quelle horreur !" Le parisien vous répondra : "je n'ai pas besoin de voiture, j'ai absolument tout dans un rayon de 250 mètres autour de chez moi (commerces, parcs, médecins, administrations, musées, spectacles), je fais tout à pieds. Le RER ? Connais pas ! "
- Arrêtez de nous prendre pour des imbéciles incapables de compendre quoi que ce soit. Les Marseillais, pas de "couillon " intempestif s'il vous plait, c'est vexant à la fin.
- Arrêtez d'augmenter vos prix sous prétexte que nous sommes parisiens. A Honfleur, le macaron est deux fois plus cher que chez Ladurée mais deux fois moins bon.
- A force de vouloir vendre vos maisons aux riches parisiens, vous videz votre Ile de Ré de sa population d'origine. Vos enfants ne vous diront pas merci quand ils voudront s'installer sur votre île ou dans vos belles régions françaises. Les prix au Shopi de La Couarde ont tellement augmenté pour cause de parisiens en vacances (ne mettez pas tout sur le dos du prix du passage du pont), que vous êtes obligés de passer ce fameux pont et de faire trente kilomères pour vous ravitailler à un prix correct au Carrefour de La Rochelle. Est-ce bien le meilleur calcul ?
Je concluerai pas cette citation de mon cru :
"L'appât du gain est plus fort que la haine du Parisien."
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12.10.2007
Dimanche matin au Luxembourg.
Dimanche matin 7 octobre, le temps des plus cléments se prête à merveille à une petite promenade en famille aux jeux du Jardin du Luxembourg. Monsieur et Madame Branchouille-Chic-Ultra-Friqué du 6ème arrondissement décident donc de se lever de bonne heure pour profiter de cette belle journée avec leurs deux enfants Branchouille-Chic-Ultra-Friqué.
Monsieur et Madame BCUF quittent leur vaste appartement familial de la rue du Bac et rejoignent d'abord le Lutétia pour leur traditionnel café -crême -thé -viennoiserie dominical. Le serveur attitré s'enquièrt de la bonne santé de la petite famille et gratifie les enfants Charles -Emmanuel et Anne -Charlotte d'une tape amicale sur le front.
Puis, toute la famille quitte le Lutétia afin de poursuivre la promenade qui passe obligatoirement par le marché bio du boulevard Raspail ou Madame BCUF fait la queue aux étals coincée entre la très maigre Sandrine Kiberlain et la très cracra Isabelle Adjani qui porte ses lunettes noires dès 9 heures du matin afin qu'elle soit sûre qu'on la reconnaisse. Mais ce petit marché est tellement authentique qu'il serait tout bonnement impensable de ne pas y passer. Maintenant que Madame BCUF a fait toutes ses provisions, direction le Jardin du Luxembourg ou les enfants vont enfin pouvoir jouer. Ils commencent à s'impatienter.
Déjà une petite queue s'est formée à la caisse. A la caisse ? me direz -vous ? Et oui, à la caisse. Ce n'est pas parce que vous êtes dans les jardins du Sénat que tout le monde peut profiter des jeux. Ici, la démocratie ne passe pas les portes du Palais du Luxembourg. Pour jouer, on paie. Oh, ne vous révoltez pas trop vite ! Cela tient à une vieille tradition instaurée en 1872 : la première concession fût mise en place, puis d'autres dans les années qui suivirent. Alors quand vous venez au Luxembourg, vous payez à des commerçants le théàtre de marionnettes, les promenades en poney, le manège, mais aussi les jeux et les balançoires. Pour les jeux, il faut débourser 2€60 pour un enfant et 1€60 pour un adulte (sinon, l'adulte reste dehors), le ticket reste quand même valable pour la journée (ouf !). Attention, à ce prix là, il n'y a pas qu'un seul tobbogan (quand même !), il y a des jeux pour les tout petits, des jeux pour les plus grands jusqu'à 9 - 10 ans et un bac à sable. Monsieur et Madame BCUF ont donc payé leurs 8€40.
Pour l'occasion, Monsieur BCUF porte une chemise à fines rayures bleu ciel, un jean ou un pantalon de toile beige, des mocassins Tod's et une écharpe en cachemire. Il a passé une heure trente dans sa salle de bain ce matin, on n'arrive pas à un tel résultat sans effort. Alors, Monsieur remet sa petite mèche et se dandine ou bien parade (au choix) au milieu des autres familles BCUF tout en surveillant sa progéniture toute de Bonton vêtue (plus casual que Bonpoint qu'on réserve pour la semaine pour aller à l'Ecole Alsacienne). Quant à Madame BCUF, elle porte un legging noir, un sweat en cachemire Lucien Pellat-Finet, des ballerines Roger Vivier et des lunettes du soleil noires Chanel ou Prada. Les rayons de soleil sont arrétés par les arbres, mais qu'importe, les lunettes noires sont indispensables en cette heure matinale.
Monsieur se repose de sa semaine éreintante, il est patron d'une grosse entreprise, cardiologue ou banquier ; Madame, si elle travaille, est attachée de presse chez Vuitton, avocate dans un cabinet d'affaire ou tient une agence immobilière. Monsieur lit le Journal du Dimanche sur un banc tandis que Madame pense avec effroi qu'elle va devoir aller sur la rive droite cette semaine pour commander un nouveau sac Kelly chez Hermès et trouver un cadeau chez Colette pour sa copine qui fête ses trente cinq ans.
Les enfants, eux, jouent tranquillement dans le bac à sable. De temps à autre, Anne - Charlotte vient voir son Papa, mais sa Maman veille :
" Anne -Charlotte, combien de fois vais -je devoir te dire de ne pas poser tes mains sales sur le pantalon de Papa. Tu sais bien qu'il déteste ça. Retourne jouer avec ton frère. Papa et Maman se reposent. Et toi, Charles -Emmanuel, ne touche pas les marrons, et les feuilles non plus, c'est sale ! "
Et ainsi passent les dimanches matins de Monsieur et Madame Branchouille -Chic -Ultra -Friqué accompagnés de leurs deux enfants Branchouille - Chic -Ultra -Friqué ... quand ils ne vont pas à la messe !
09:45 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : blabla de filles, Paris, famille, enfants