03.10.2007

Parlez -moi de moi .

Dans la vie, on rencontre les gens physiquement et seulement après, on les découvre. Sur un blog, c'est le contraire. On les connaît avant même de les voir. Vous me connaissez et pourtant, si on se croisait dans la rue on ne se verrait pas.

Quand je vous écris, j'ai l'air plutôt sympathique et amusante. Mais, "pour de vrai", je ne suis pas du tout, mais pas du tout comme ça, physiquement j'entends ! Je ne dis pas que je ressemble à Elephant Man, j'ai un physique plutôt agréable. Vous me croiseriez vous vous diriez : "Ouh, elle n'a pas l'air commode celle ci " car j'ai l'air aussi aimable qu'une porte de prison. Je ne me fais aucune illusion à ce sujet et en fait je l'assume complètement. Parfois même, j'en joue avec délectation.

Depuis mon enfance, je suis qualifiée de "Sale Bourge ". A dix ans, dans une rue près de chez mes parents, une mère et ses deux filles avaient ouvert leur fenêtre et s'étaient écriées : "Louise, sale bourge !" A cet âge, on rentre en larmes à la maison. A vingt ans, on prend son rôle très au sérieux et on revendique sa froideur comme d'autres leur appartenance aux Jeunesses Communistes. A trente ans, on en rigole avec Alex qui lui sait bien que "si la mère est froide et mauvaise, la fille elle, est bonne et chaude." Alors à quarante ans, je vais peut-être enlever ma petite culotte et la jeter en pâture à la foule en délire ? Qui sait ? 

Je crois que toute ma vie j'entendrai : "Oh, Louise, elle a l'air froide comme un glaçon. Personne n'ose lui parler."

Et finalement, on discute et ça se termine toujours par : "t'es pas si antipathique que ça ."  "Tu rigoles malgré ton air de bêcheuse." "Je croyais que tu ne parlais qu'aux gens qui avaient bac +5 , mais en fait, t'es sympa comme fille." " J'aurais jamais pensé que t'étais comme ça."

J'ai même entendu lors d'une soirée étudiante : "Là tu t' amuses mais en fait, tu simules. T'es froide et complètement coincée comme fille." Et pour appuyer ses dires, cette charmante demoiselle tira sur mon tee-shirt afin que je me retrouve en soutien-gorge au beau milieu de l'assemblée. Surprise, je ne sus que répondre mais elle me dit : "alors, tu ne rigoles plus là, hein ? Tu vois que tu simules."

Mais je ne simules pas. En revanche, je déteste qu'on me tape sur l'épaule au bout de cinq minutes. Je ne m'habille pas comme une bimbo, je ne suis pas blonde (je n'ai rien contre les blondes mais elles ont toujours l'air plus abordables qu'une brune glaciale), et j'ai pratiquement toujours les cheveux attachés en une queue de cheval stricte voire sévère. Ma démarche est assurée : je me tiens droite comme un I, les épaules bien en arrière (vingt ans de danse classique, ça forme la jeunesse) et je fonce. Alors, forcément, tout cela n'arrange rien.

Mais vous qui me connaissez bien, en m'apercevant dans la rue, vous décelerez certainement ce petit sourire au coin des lèvres, cette lueur moqueuse au fond de l'oeil et vous retrouverez alors ce second degré qui ne me fait pas défaut et qui m'est si cher. Vous m'aborderez : "Hé,Louise, on s'est encore parlé hier soir sur ton blog !" Nous irons prendre un verre dans un pub, au comptoir, parce que vous savez que j'adore ce genre d'endroit. On discutera de mes dernières notes jusqu'au bout de la nuit. Les verres accumulés sur le zinc nous rendront de plus en plus diserts. Nous rierons bruyamment avec les habitués du lieux, nous trinquerons tous ensemble. Le patron paiera même sa tournée et nous embrassera comme du bon pain. Au moment de partir, vous me direz :

"Bah dis donc Louise, t'es beaucoup plus sympa que t'en as l'air. Un peu pince sans rire, mais sympa quand même." Et nous prendrons rendez-vous pour une nouvelle fiesta parce que

" Louise, elle est jamais la dernière pour rigoler, on dirait pas pourtant quand on la voit !"

29.09.2007

je suis mariée, mais je me soigne.

Lorsque vous vous mariez, vous quittez le statut de mademoiselle pour celui de madame. Apparemment ça ne change pas grand chose. Et pourtant, nombreuses sont celles qui, une fois passées devant monsieur le maire et devant monsieur le curé, se métamorphosent.

La transformation est quasi immédiate : on devient RESPECTABLE ! Et ça, seule une femme mariée peut le comprendre, les autres, les célibataires méprisables, n'ont pas vécu cette expérience, elles ne peuvent pas comprendre.

Certaines femmes mariées ( je ne dis pas toutes et je me soigne pour ne jamais faire partie du lot !) font alors table rase du passé :

  1. cesser de fréquenter ses anciens amis, ils pourraient vous rappeler votre jeunesse, voire même vous faire chanter.
  2. faire copine copine avec la femme du dentiste, le femme du notaire et la femme du généraliste, il est extrèmement important d'être amie avec elles, ça pourra toujours servir à Monsieur, et puis on en rêve depuis qu'on est toute petite.
  3. oublier les ex. dont on a honte.
  4. oulier les beuveries d' étudiante : on boit juste une demi coupette quand on est invitée, par politesse, manquerait plus que le notaire du trou du cul du monde ou vous habitez  se rende compte que vous êtes pompette, que dirait sa femme qui elle est mariée depuis plus longtemps que vous, et qui connaît tout le monde ici.
  5. jeter ses vêtements ou plutôt les donner à Emmaus et veiller à ce que tout le monde le sache (c'est toujours bien vu de faire une bonne action), puis s'habiller comme maman (veste Barbour, serre -tête en velour, jupe écossaise en dessous du genou, mocassins bleu marine, collier de perles et carré Hermès). 
  6. se proposer pour donner les cours de catéchisme le mardi soir après l'école : ça permet ensuite d'avoir sa place réservée sur les bancs de l'église le dimanche matin.
  7. renouer avec ses copines de classe de l'école Notre - Dame des Blanches Colombes, mais uniquement avec celles qui sont mariées, les autres ne sont pas encore devenues respectables.
  8. cesser d'aimer la position de la levrette et se contenter d'un petit missionnaire rapide le samedi soir. Monsieur s'y habituera rapidement.
  9. oublier le jour ou l'on s'est faîte sauter dans les toilettes lors du Rallye machin chose, ça fait toujours désordre.
  10. faire au minimum quatre enfants et, par conséquent, acheter un Renault Espace.
  11. investir dans l'immobilier : la demeure bougeoise s'impose, avec la femme de ménage et le chien-chien qui vont avec.

Voilà, vous êtes une femme mariée RESPECTABLE ! Vous faites maintenant partie des notables du coin, vous avez  une belle maison et quatre beaux enfants, votre mari a une bonne situation (ça vous aura servi de faire toutes les soirées des Grandes Ecoles, votre maman peut être fière de vous !), il vous touche deux fois par mois, bref, c'est le bonheur. Et maintenant que la femme du dentiste est votre meilleure amie, vous allez enfin être invitée aux partouzes organisées par son mari en compagnie du notaire, du toubib et même du sénateur - maire : la consécration ! 

 

28.09.2007

l'invitation du samedi.

Si je vous dis invitation du samedi, vous pensez dîner chez des amis, petits plats dans les grands, jolie robe noire et talons hauts, baby-sitter pour les enfants, bouquet de fleurs, champagne.

Or, l'invitation du samedi, c'est : "Antoine t'invite à fêter son anniversaire autour d'un bon gôuter de 15h30 à 18h30. Il y aura des jeux, des bonbons, des animations."

Vous êtes déçue, vous pensiez mettre votre nouvelle robe samedi soir.

Reprenez - vous, vous avez trois heures devant vous, trois heures juste pour vous, trois heures pour trouver les chaussures qui iront avec la robe. Cet après midi, c'est la maman d'Antoine qui s'y colle, à l'anniversaire. Chacune son tour !

"Bonne après-midi Henri, amuse-toi bien. Maman viendra te chercher tout à l'heure."

"C'est toujours 18h30 la fin du gôuter ? Ca n'est pas 19h ?"

27.09.2007

La classe.

J'ai eu envie de me faire belle. J'ai mis une robe noire trois trous qui s'arrête au dessus du genou, des escarpins noirs et mon collier Darel. Je me suis fait un chignon banane, j'ai pris un joli sac à main et suis allée me promener. Mon parfait look Jackie K.

Je me suis faite siffler par les éboueurs du camion poubelle qui passait par là.

Ca c'est la grande classe !

26.09.2007

I am a star dans mon quartier !

J'adore me promener dans mon quartier. A force de courir toute la journée à droite à gauche avec mes enfants, je connais tout le monde, ou presque.

  1. je descends l'escalier de mon immeuble, je rencontre la voisine du dessus. On s'embrasse, on discute, elle dit à Henri de venir chercher un morceau de gâteau au retour de sa promenade.
  2. En bas, la gardienne va gentillement me chercher la poussette et tripote les genoux de Franz en lui faisant des gouzi-gouzi. Ca va me côuter cher en étrennes.
  3. Je passe le porche. Première porte à droite, le DVD club : Franz va dire bonjour au vendeur, tous les deux discutent Scoubidou au moins une fois par jour.
  4. La boutique voisine : la maison de la presse. "Comme ils grandissent vos enfants. Toujours aussi débrouillards ?" et patati et patata.
  5. On arrive à marcher pendant au moins cent mètres sans rencontrer qui que ce soit. Un exploit !
  6. La maman d'Antoine, son fils était à la halte garderie avec Henri l'année dernière. "Antoine, fais un bisou à Henri." "Henri, fais un bisou à Antoine."
  7. Pomi, mon marchand de fruit à Mouffetard. "Comment ça va aujourd'hui ?" "Super avec ce temps." "tenez les enfants, une petite fraise."
  8. Je traverse la rue Censier. Une copine à ,la terrasse du Saint-Médard. "T'as cinq minutes pour prendre un café avec moi ?" Qu'à cela ne tienne, on est parties pour trois quart d'heure de commérages.
  9. Bon, faut quand même que j'aille faire mes courses : je traverse à nouveau la rue Censier, mais aussitôt une pause au square de l'église Saint-Médard est nécessaire, Henri a vu son copain Gabriel. Sa mère est une copine, une demi heure de cancans.
  10. On quitte le square pour remonter la rue Mouffetard. Halte à la première boutique de la poissonnerie Quoniam. Je vais toujours à celle-ci plutôt qu'à la grande un peu plus haut. Ne me demandez pas pourquoi, c'est comme ça. Là, discussion avec la fille de la maison, très sympa. Et puis son petit garçon va à la même école que mon fils, alors maintenant on taille aussi le bout de gras devant l'école.
  11. On remonte et, stop : arrêt à la boulangerie Le fournil de Mouffetard. "Votre fille et mon fils ne se battent pas trop dans la classe ? Je vais prendre une baguette bien cuite s'il vous plait. " (Mon mari adore m'y accompagner, pour la femme du boulanger, elle vaut le détour, tous les papa de l'école la connaisse). "Merci, à tout à l'heure à l'école."
  12. De la viande, j'ai oublié la viande. Arrêt à la boucherie , la viande est délicieuse et les bouchers sont tous beaux et très appétissants, alors ne boudons pas notre plaisir.
  13. On monte, on monte, on monte. Dur avec la poussette ! Un petit coucou à la vendeuse de glaces Berthillon. Tous les vendredi à 16h30, mon fils et son copain ont le droit à leur glace, un rituel.
  14. Arrivée à la bibliothèque. On va directement à l'espace enfant du sous-sol, on demande à la charmante et très zen bibliothécaire les nouveaux livres sur l'Egypte, on consulte les livres pop-up, elle connaît les gôuts d'Henri ! On empreinte et on lance un "au revoir" à la ronde qui répond : "à la semaine prochaine Henri !"
  15. On redescend, on redescend, on redescend. "Salut Marie !" Une ancienne copine du collège qui m'a reconnue l'autre jour. Elle s'est avancée vers moi, j'ai cru qu'elle voulait un renseignement. "Salut Louise !" Pour moi, ça a été le blanc. Mon dieu, qui est-ce ? Impossible de la reconnaître.  "Mais si, Marie, en classe d'allemand, en sixième ". Ah, ça y est, ça me revient. Ouf.
  16. Arrêt obligatoire à la boutique Maxi-livres, rue de Bazeilles. Discussion quotidienne entre mon fils et le vendeur : les nouveautés, les livres qu'on voudrait, ceux qu'on a déjà, et patati et patata. (Si je dérange, vous me le dites .)

Retour à la maison : on croise des copines de maman et patati et patata, des copains des enfants et patati et patata. On a mis trois heures alors que tout cela aurait pu être fait en une demi heure, mais c'est comme ça quand on est une star !

 

05.09.2007

bienvenue à Paris

"Paris, gare Montparnasse, terminus de ce train. Nous espérons que vous avez effectué un agréable voyage".

Alex et moi descendons péniblement du train nos sacs prets à éclater, la poussette, sans oublier nos deux nains. Deux, trois goujats pressés nous bousculent alors que nous remontons lentement le quai. Nous descendons l'escalator avec difficulté, il est tombé en panne à l'instant meme ou nous avons mis le pied sur la première marche.Nous traversons l'esplanade en tirant Franz par la main ( il n'en peut pus il a déjà quatre heures trente de TGV derrière lui !) et allons attendre notre bus. Nous ne sommes pas les seuls, on dirait que les dix huit wagons que comptait le train se sont donnés rendez-vous à l'arret du 91.

Le bus arrive enfin. Mamie, que j'ai aidée à descendre sa *** de valise de 2 tonnes,  quinze minutes plus tot, ne me reconnait absolument pas, elle enfonce sans vergogne son coude dans mes cotes, marche sur mes pieds à peine protégés par les brides de mes jolies sandales et me pique la place ou j'allais m'installer avec un nain sur chaque genou, tout en me jetant un oeil noir et en hurlant afin que tous les passagers entendent bien que je suis la jeune femme la plus mal élevée qu'elle connaisse, une jeune femme sans coeur capable d'empécher une charmante vieille dame invalide de s'assoir dans le bus.

Après vingt minutes dans le bus, les pieds écrasés par des valises à roulettes, des sacs à dos, des valises sans roulettes et tout un tas d'autres objets non identifiés ( c'est fou les droles de bagages qu'on peut voir dans le 91 - bus qui relie Montparnasse, Austerlitz et gare de Lyon ), nous descendons sous les regards courroucés de trois vieilles chipies qui entretemps se sont liées d'amitié avec la vieille bique à la valise.

Nous traversons la rue et  je manque de me faire renverser par un cycliste en vélib ( je les avais oubliés pendant les vacances ceux-là) qui a grillé  le feu et réusssit au passage à aboyer "espèce de pétasse".

Nous montons tant bien que mal les quatre étages, ouvrons la porte d'entrée , jetons plus que nous déposons sacs et enfants et nous affalons dans notre canapé. Ce soir, nous ne mangerons rien, le frigo est vide et nous sommes trop fatigués pour faire un saut au Franprix.

Quel bonheur d'etre chez soi, dans la ville qu'on aime !Demain, le sourire aux lèvres, j'arpentrai les rues de mon quartier et me réapproprierai la ville. 

Bienvenue à Paris !

04.09.2007

C.V.

Prénom : Louise

Age : 34 ans

Situation familiale : mariée à Alex , 2 garcons : Franz 4 ans et Henri 20 mois.

Adresse : Paris 5ème arrondissement

Détails physiques :  1m72, 53 kg (oui, je sais, ca énerve) yeux marrons, cheveux longs chatain ( ATTENTION , ATTENTION : CECI N' EST PAS UNE ANNONCE MEETIC ! ).

Profession : je m'occupe de mes enfants à temps complet et j'affirme haut et fort que c'est un boulot à part entière. Il suffit de me voir à 21h30, l'air hagard, errant les bras ballants dans la maison pour se rendre compte de la dure journée que je viens de vivre.

Centres d'intéret et petits plaisirs, dans le désordre : promenades dans Paris, shopping, musées avec mes enfants, soirées entre amis, restaurants entre copines, gent masculine ( je suis mariée, je ne suis pas nonne ).

J' entends déjà les cris d'indignation des mères exemplaires et irréprochables : "Et vos enfants ? Ils ne vous intéressent pas vos enfants ? "

A ces mères possessives et castratrices, je réponds : mes enfants m'intéressent de 8h00 à 13h00 et de 16h00 à 20h00, ca suffit largement. Et comme je revendique mon imperfection en tant que mère, j' estime que j' ai le droit de me regarder le nombril pendant la sieste et à partir de 20h00, heure à laquelle j'incite fortement mon mari à s'intéresser également à mon nombril qui , je dois le dire, est tout à fait ravissant.