16.01.2008

Mon coiffeur, je l'aime !

Je déteste aller chez le coiffeur ... sauf chez mon coiffeur. Oui, cela demande quelques clarifications.

Je n'aime pas aller chez les coiffeurs parisiens car ce sont généralement des gens fort désagréables. Ils sont tout de blanc vêtus tels des astronautes de films porno, coiffés comme des iroquois, piercés et tatoués partout et vous réclament 75  € pour un massage dont vous n'avez que faire et une coupe aux antipodes de ce que vous avez demandé. Dès que vous entrez dans le salon, le plus souvent une franchise, on vous regarde des pieds à la tête, puis on tripote vos cheveux, vous assénant : "Il va falloir faire quelque chose de beaucoup plus fashion ! ca ne va pas du tout !" Déjà, ça commence mal. Puis, on vous répète trois fois -à cause de la musique à fond, on n'entend rien dans ces salons- de vous rendre à l'espace shampooing.

Hop, LE fameux petit massage ! "C'est offert par la maison", vous dit la shampooineuse au décolleté à faire rougir de confusion les stripteaseuses d'Alex. A 75 € la coupe, c'est la moindre des choses qu'on vous masse la tête. A ce prix là, ils pourraient également masser mes pieds et mon banquier -il va en avoir besoin le pauvre homme en apercevant mon découvert.

Passons à l'espace coupe : je patiente quelques instants en lisant les potins du Match de juin 2005. Puis une coiffeuse arrive en se dandinant suivant ainsi le rythme de la musique qui va finir par me rendre sourde tellement le son est fort. Sans cesser de danser, elle prend mes cheveux entre ses doigts : "Mais comme ils sont fins vos cheveux ! Je n'en ai jamais vus d'aussi fins. Ca va être difficile de faire quelque chose avec ça ! Et puis la couleur ! Il faut vraiment tout changer. Si vous voulez, je peux vous relooker, ce sera beaucoup mieux. On coupe environ quarante centimètres, on teint certaines mèches, on en décolore d'autres, on effile, on modèle et vous ressortirez avec un look comme le mien !"

Je la regarde effarée et lui suggère de ne couper que les pointes sur un centimètre grand maximum. Surtout pas de couleur, surtout pas de brushing, surtout rien, rien, rien et rien. La coiffeuse ronge son frein, je règle les 75€ et je file, certaine ne ne jamais revenir.

 

Alors, j'ai attendu les vacances de Noël pour aller chez mes coiffeurs préférés à Audierne. A chaques vacances, nous nous rendons, en famille, dans le salon de la place des halles. Dès que vous entrez, quelques petits chocolats vous sont offerts, Noël oblige - le reste de l'année, ce sont des bonbons. Le patron fait la bise à toute la famille (s'il vient et que je suis en train de me faire coiffer, il dépose un baiser sur mon front), nous discutons pendant un bon quart d'heure. Il est toujours content de nous voir et de papoter car ça le change de ses petites mamies qui ont perpétuellement mal quelque part et veulent toujours la même mise en plis, bleue ou violette, au choix. Une petite soixantaine, les cheveux blancs, faisant très attention à rester jeune, un peu dragueur, un bagout pas possible, toujours le mot pour rire. Même quand on n'a pas besoin d'une coupe, on va tailler le bout de gras avec lui. Si un de ses copains débarque, il fait l'article, comme cela a été le cas avec l'huissier de justice du coin.

- Tu connais Louise ?

- Heu, non.

- Moi, je vous connais, je viens tous les ans à vos ventes mobilières !

- Comment ? Tu as une client ravissante comme ça qui vient à tes ventes et tu ne t'en souviens même pas ?

Puis il tourne mon visage, relève mon menton d'un doigt et dit : "Quand même, elle est un peu plus jolie que la normale, non ?"

L'huissier tangue d'un pied sur l'autre, ne sachant que répondre tandis que je me demande si le coiffeur ne va pas entrouvrir ma bouche afin de vérifier le bon état de mes gencives.

- J'espère que tu ne lui feras pas payer les frais en sus si elle t'achète quelque chose la prochaine fois ! Les petites grands-mères, tu leur fais payer, mais Louise, certainement pas.

- Heu, d'accord, à très bientôt Madame.

- Au revoir, Maître.

Une autre fois, c'est le cuisinier du Goyen, l'hôtel chic du coin, qui a presque été obligé de nous céder un foie gras qu'il venait de préparer.

Cette fois-ci, je n'ais pas été présentée comme la plus belle pouliche du coin à l'un de ses copains et nous sommes repartis sans foie gras. Mais ma coiffeuse attitrée - le patron ne coupe plus, il parle, c'est déjà pas mal ! - , Laeticia, m'a coupé une frange, ce qui ne m'était pas arrivé depuis l'âge de six ans.

Depuis quelques temps, j'avais envie de changement. Comme je ne pouvais décemment pas changé de mari, j'ai préféré changer de coiffure, ça coute moins cher. Laeticia est un ange : elle me dit que j'ai de beaux cheveux pas si fins que ça, qui ne nécessitent aucune coloration. Elle me coiffe exactement comme je le lui demande et coupe juste à la bonne longueur, le tout en un temps record et sans danser autour de moi ! Elle a été ravie de me faire une frange et j'ai été ravie du résultat.

Alors le patron est arrivé : "Magnifique Louise, ça te rajeunit ! regarde Alex comme elle est belle. Ah, si j'avais ton âge ! " Il faut dire qu'avec ma frange bien raide qui arrive juste en dessous des sourcils, je ressemble plus à Lola, danseuse au Crazy Horse, qu'à Tante Yvonne ou Mamie Soizic. Et en plus, je n'ai payé que 30€ ... mais c'est parce qu'il n'y a pas de massage !