04.12.2007
Enjoy the show Darling ! 4.
Chapître IV : The show must go on !
La musique commence. Le son augmente, augmente. La lumière s'éteint, il fait nuit noire. Le podium, immensément long, est fait d'une sorte de miroir noir faiblement éclairé. Les modèles commencent à évoluer mais on ne fait que les apercevoir, le regard doit auparavant s'habituer à l'obscurité. Je me demande bien ce que les rédactrices de mode peuvent bien voir à travers les verres fumés de leurs lunettes griffées.
A part une doudoune pailletée noire sublime et une robe fourreau qui m'irait bien, il n'y a rien d'extraordinaire. Je n'ai sans doute pas l'oeil, me direz-vous. Mais j'ai beau essayé de déceler des merveilles de couture, franchement ça ne casse pas trois pattes à un canard. Ou est passé le style Ungaro avec ses drapés majestueux, ses envolées de mousseline, ses couleurs chatoyantes, ses femmes sensuelles et aériennes. Je ne vois que du Montana des années quatre vingt, du déjà vu, du déjà fait, du plus à faire. Une collection ennuyeuse.
Aussi ennuyeuse que les mannequins qui la portent. Des filles immenses et d'une maigreur extrême. Les Coco Rocha et autres Natasha Poly qu'on voit à tous les défilés et dans tous les plus grands magazines, marchent d'un pas saccadé. En prêtant bien attention, on peut apercevoir les vibrations qui se répercutent dans leur dos à chaque pas sur cet interminable podium. Ces visages émaciés au regard vide sont censés représenter une femme belle et épanouie, une femme glamour à souhait. Je n'y vois hélas qu'ennuie et privations alimentaires. Seul un mannequin se détache du lot. Il s'agit de Daria Werbowy, vous savez la jeune fille au regard de chat qui fait la publicité pour le parfum Hypnôse de Lancôme. Elle est un peu plus en chair que ses consoeurs, est vraiment belle, a un air serein et marche ou plutôt vole avec grâce. Le beauté et l'élégance à l'état pur. Un ange passe.
Les filles défilent à un rythme soutenu, le show ne dure pas plus de vingt minutes. Tout ça pour ça : une heure quarante cinq minutes d'attente pour vingt minutes de défilé. Des modèles qui passent sous nos yeux à la vitesse de l'éclair. Même pas une robe de mariée pour faire rêver. Peter Hyde Dundas vient saluer la foule qui l'acclame. "Absolutely fabulous ! Extraordinaire ! Génial !" sont les qualificatifs que j'entends en me dirigeant vers la sortie. Je me dis que nous n'avons pas dû assister au même défilé. Je n'ai rien vu de "marvelous" moi. Je me suis presque ennuyée. J'ai appris depuis que le contrat de Peter Hyde Dundas n'a pas été renouvelé ; à la vue de ce défilé, je comprends pourquoi.
Alors je remets mon manteau, noue mon écharpe pour ne pas attraper froid et quitte la place de Varsovie à pied quand les autres invités se dirigent précipitamment vers leur limousine de luxe afin de ne pas rater leur quatrième ou cinquième défilé de la journée. Je leur laisse, j'ai d'autres choses bien plus enrichissantes et passionnantes à faire.
Je préfère marcher sur le pont d'Iéna en direction de la Tour Eiffel afin de digérer tout ce que j'ai vu aujourd'hui et pour réapprendre à vivre dans le monde normal : un sas de décompression cette petite balade solitaire. Je croise des touristes américains en tennis, des japonais en goguette et des parents ravis de photographier leurs enfants au pied de la Vieille Dame. Jamais je n'ai été plus heureuse de me mélanger à ces touristes. Je leur souris bêtement. Ils me font du bien. Leurs vêtements ne sont pas griffés, ils ne portent pas de lunettes noires, n'ont jamais vu et ne verront jamais un défilé de mode de leur vie mais c'est peut-être aussi bien comme ça.
07:25 Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : blabla de filles, journal intime, mode, Paris, Ungaro, Fashion Week
03.12.2007
Enjoy the show , darling ! 3.
Chapître III : La fashion ménagerie.
A l'hôtesse, je tends mon carton sur lequel est inscrite cette formule mystérieuse pour un non initié : I I 18. A la réception de l'invitation à la maison, j'avais tenté de déchiffrer ce numéro avec Alex. Et nous en avions déduit que c'était le numéro d'une super place, voire la meilleure : groupe I, rang I, place 18. Or, la place que me désigne l'hôtesse ne correspond pas du tout à cela. Elle a du se tromper. Elle ne sait même pas que Peter Hyde Dundas, le styliste de la maison Ungaro, a choisi ma place lui-même et qu'il attend avec impatience mon verdict à propos de sa nouvelle collection. Il boit mes paroles et cette gourdasse ne le devine pas ! Mais comme je ne veux pas la vexer, je la suis docilement jusqu'au siège qu'elle me présente et qui effectivement porte le même numéro que mon carton d'invitation. Gloups, elle ne s'est pas trompée. C'est alors que je comprends. 18, c'est bien le numéro de la place, pas besoin d'avoir fait polytechnique. En revanche, I I ne sont pas des 1 majuscules mais des i majuscules et ça change tout ! Je suis donc placée au bloc I, celui des riens du tout, au rang I, c'est à dire le dernier rang, tout en haut et non le premier tout en bas. Vous vous moquez de moi maintenant mais sachez qu'il y a encore plus humiliant, il y a ceux qui n'ont pas de place assise : ils restent debout juste derrière moi et ceux-là, j'ai le droit de les toiser. Me voilà installée entre une rien du tout asiatique et un rien du tout en costume cravate qui a le toupet de pousser sans arrêt afin de grapiller un peu de place.
En attendant que le show (on ne dit pas défilé quand on en est et comme maintenant j'en suis ...) débute, je continue à observer ce petit monde, ou plutôt ce zoo.
D'un côté, il y a les espèces protégées. Dans cette catégorie, on trouve les riches clientes, les rédactrices de mode les plus influentes et les gros acheteurs. Les sous groupes ne se mélangent pas. Les riches clientes viennent se saluer ; elles se penchent et simulent une embrassade comme les actrices des séries américaines : leurs joues ne se touchent pas de peur d'abîmer leur maquillage. "Comment vas-tu Darling ?" L'une d'elle, apercevant les énormes boucles en diamant provenant d'un grand joaillier de la Place Vendôme aux oreilles de sa copine s'écrie : "C'est nouveau ces petites babioles ma chérie ? Ravissant, vraiment. Enjoy the show Darling !" Les grosses russes, récemment enrichie de manière pas très légale, croulant sous le poids de leur fourrure, papotent bruyamment en attendant d'aller réserver leur future garde-robe sitôt le défilé terminé. Les photographes mitraillent telle reine déchue, telle épouse de président, puis reportent leur attention sur la star des rédactrices de mode, Anna Wintour en personne.
Je tiens à faire une petite parenthèse à ce sujet, au grand dam des fans du "Diable s'habille en Prada". Rassurez-vous, moi aussi j'ai adoré le livre. Si les méthodes de travail telles que décrites dans le best seller sont critiquables, je n'ai en revanche aucune critique à émettre au vu de son comportement lors du défilé.
- elle a le bon goût d'arriver à l'heure. Comme moi !
- elle est très élégante, ce qui est loin d'être le cas de la plupart des personnes présentes sous cette tente.
- elle n'en fait pas des tonnes, ne minaude pas, ne se pavane pas. Une extra terrestre si l' on considère les attitudes délirantes des invités.
- elle n'a pas l'air toxicomane comme ses voisines.
- tout cela fait que j'aurais plutôt envie de la défendre ...tant que je ne travaille pas pour elle !
La seule chose qu'elle fasse hélas comme toutes les femmes présentes à ce show, est de porter des lunettes noires. Vous porteriez des lunettes de soleil dans une salle noire vous ? Enfin ça, c'était avant parce qu'il paraît qu'elle ne vient plus assister aux défilés dorénavant, elle préférerait aller voir les vêtements dans les ateliers avant qu'ils soient présentés. Pas mal, je ferai ça aussi la prochaine fois moi !
Maintenant que cette parenthèse est close, reprenons notre visite de la Grande Fashion Ménagerie .
Passons aux carnivores, c'est à dire les chanteurs de rap. Ils viennent en troupeaux et font très, très peur car ils ont l'air très, très méchant. On les voit de loin avec leurs immondes colliers et casquettes, jeans larges et sweat-shirts à capuche. Mais comme tout est siglé, ils sont persuadés d'incarner la classe à l'état pur. Monsieur Ungaro, qui n'est pourtant pas mort se retourne d'avance dans sa tombe. Ces gros voyoux reconvertis en business men s'assoient au premier rang de la même façon qu'ils vont assister à un match de boxe à Levallois. Remarquez, si il y a un braquage pendant le show, on saura tout de suite d'ou ça vient. C'est crôle comme couture parisienne et argent sale font de plus en plus bon ménage. Enjoy the show darling !
Après les carnivores, on peut isoler un nouveau groupe : celui du bétail, composé des assistantes de mode. Elles vivent en petits groupes disséminés dans toute la salle. A la tête de chaque groupe, une représentante issue des espèces protégées. Prenons l'exemple du magasine Vogue. Vous trouvez ainsi Carine Roitfeld (espèce protégée, caressée dans le sens du poil par la maison de couture) rédactrice en chef du Vogue français qui traîne à sa suite un petit groupe d'assistantes diverses et variées (le bétail). Ce sont les rédactrices de modes et les stylistes subalternes. Ces groupes sont très structurés et hierarchisés. Plus on se rapproche du Bon Dieu chef de meute (la rédactrice en chef) mieux on est placé, plus on s'en éloigne, plus on porte de cafés. Enjoy the show Darling !
La catégorie qui sait le mieux se placer est celle des parasites : présents à tous les défilés de la Fashion Week, ils n'ont pourtant aucun talent si ce n'est celui de manger à tous les rateliers. Ils tournent autour des riches clientes et des starlettes tels des abeilles autour de la reine, font la roue tels des paons, s'abattent tels des vautours sur les cadeaux offerts lors des shows puis vont se régaler au show suivant. Enjoy the show Darling !
Enfin, la dernière catégorie, dont je fais partie, est celle des moustiques : ceux-là, on ne sait pas pourquoi ils sont là, ils n'ont aucun poids sur les ventes des vêtements présentés, ils n'ont aucune influence dans le monde des médias ou de la mode, on se demande comment ils ont fait pour venir (non, on sait : ils ont une invitation par un ami d'un ami qui a un ami ... ou bien ce sont des fournisseurs de la grande maison qu'on a invités pour leur faire plasir). On ne les remarque pas, ils sont habillés normalement. Bref, on s'en fout d'eux. Ils sont donc logiquement placés dans les derniers rangs. Cependant, il semble qu'ils soient les plus heureux d'être là, qu'ils s'amusent. On discerne dans leur regard un peu de fraîcheur, un peu d'émerveillement, ce qui manque tant aux autres espèces de la Grande Fashion Ménagerie. Enjoy the show Darling !
Que se dit-on pendant l'heure d'attente qui précède le défilé ? Enjoy the show Darling ! LA PHRASE de la Fashion Week. Vous voulez faire croire que vous en êtes ? Alors, répétez après moi : Enjoy the show Darling ! Allez, encore.
Suite et fin, demain !
07:35 Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, journal intime, mode, fashion week, Paris, Ungaro
30.11.2007
Enjoy the show, darling ! 2.
Chapître II : Bain de foule.
J'attends et je ne regrette pas d'attendre, car le spectacle commence avant même l'ouverture des portes. Les invités arrivent en taxis de luxe, en limousines et autres voitures hors de prix. Ils s'agglutinent le long des barrières, tels les pingouins sur la banquise pour se réchauffer, sous les regards curieux des badauds venus admirer la Tour Eiffel.
Comment se démarque-t-on de ces ploucs de touristes ? En mettant bien en évidence le fameux sésame. Fort heureusement cette année, le carton d'invitation est rose shocking, ce qui permet d'être vu de loin. "Admirez-moi avec mon invitation. Et oui, j'en suis. Et non, pas vous ! Oui, vous avez le droit de me prendre en photo car vous n'avez jamais vu une femme plus belle que moooaaa, une femme plus lookée que mooooaaaaa !" semblent dire ces hordes d'invités au reste du monde. Et le commun des mortels de s'emparer de leurs portables pour effectivement mitrailler cette fashion faune. Au retour de leurs vacances parisiennes, les photos circuleront dans la famille, interdite devant tant de délire vestimentaire. Les moqueries iront bon train.
Je vais tenter un petit classement pour vous.
Les plus délirantes en matière de mode sont incontestablement les journalistes et acheteuses japonaises. Elles n'ont peur de rien. Du fluo, de l'ultra court à se demander si elles n'ont pas oublier de mettre une jupe, du grand n'importe quoi. Les looks Manga des adolescents qu'on voit dans les reportages sur le Japon ne sont rien à côté. On se croirait à une fête d'Halloween : costume, maquillage, coiffure, tout y est et tout ciglé : du Dior et du Chanel en veux-tu en voilà. Attention à l'indigestion, ça fait vomir parfois !
Ensuite, viennent les clientes, riches forcément. Mais qui dit riche ne dit pas obligatoirement bon goût, élégance et classe, hélas. Imaginez une femme d'une soixantaine d'année, faisant une taille 46 minimum et moulée à en faire pêter les coutures dans un ensemble en soie vert émeraude entièrement rebrodé de pierreries et de perles. Tout en légèreté ! Imaginez une autre du même âge mais affichant avec fierté une taille 34. Elle porte alors une mini jupe en vinyle rouge, un décolleté refait jusqu'au nombril, une chevelure à la Barbie, des ongles à la Cruella et des cuissardes en cuir vernis noir (mais de chez Jimmy Choo, il va sans dire). Ne vous avisez pas de lui dire qu'elle s'est trompée de quartier, que Pigalle c'est dans le XVIIIème arrondissement et non dans le XVIème car, de sa bouche silliconée, elle demanderait à ses deux gardes du corps de vous jeter dans la Seine toute proche.
Je n'oublierai évidemment pas de parler des rédactrices de mode. Entre deux rails de coke, (mais puisqu'on vous dit que les cernes sont dues au stress de la fashion week !) elles s'habillent en noir, en noir et en noir. Elles ont une sale gueule blasée (je n'aime pas être grossière mais aucune autre expression ne me vient à l'esprit pour décrire leur visage). Certaines, visiblement plus fatiguées que d'autres, préfèrent dissimuler leur regard derrière des lunettes noires. Il faut toujours avoir une paire de lunettes sur soi à Paris au mois de février, c'est la base, c'est essentiel, c'est fashion !
Les starlettes aussi ont leurs lunettes noires. Elles ont emprunté pour l'occasion toute la panoplie à la Maison Ungaro, ainsi tout le monde fait sa petite publicité.
Enfin, quelques électrons libres n'appartenant à aucun des groupes précités, ne manquent pas d'attirer l'attention à leur tour : un ancien mannequin venu soutenir le styliste Peter Hyde Dundas, une grande blonde massive à la Penny Lancaster que les vigiles reluquent depuis une heure, des rappeurs enrichis, des call girls venues faire leur petit marché, un homme à cheveux blancs et queue de cheval et vêtu d'une longue robe noire, quelques hommes ... à moins que ce ne soient des femmes, impossible à déterminer.
Et voilà tout ce petit monde qui se presse et se bouscule pour entrer.
Les VVIP, les very very important people sont dégagés de la foule et ont le droit de rejoindre leur place avant les autres. Cependant, ils n'entrent pas immédiatement, ce serait trop simple. Ils s'arrêtent quelques instants devant l'entrée, face à la foule et à quelques photographes et discutent avec l'attaché de presse tout sourire. Un petit tour à droite, un autre à gauche, un petit sourire surtout pas naturel en direction d'un photographe, à nouveau un petit tour et seulement après, on passe la porte. Au suivant.
Finalement, après avoir attendu quarante cinq minutes dehors (bon sang qu'il fait froid sur cette place de Varsovie, j'ai les pieds gelés), j'entre dans l'antre du Dieu Mode.
La suite, demain !
08:00 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, journal intime, mode, fashion week, Paris, Ungaro
29.11.2007
Enjoy the show Darling ! 1.
Paris. Fashion week. Février 2007. 14h00. place de Varsovie, Paris XVIème arrondissement. Défilé prêt-à-porter Automne Hiver 2007-2008 Emanuel Ungaro. I I 18.
Et là, toutes les filles sont raides dingues jalouses. Je n'ai plus une seule copine dans la blogosphère. Soit vous voulez me tuer, soit vous vous dites : "elle ment." Et bien, vous avez le droit de me tuer, virtuellement j'entends, car, non, je ne ments pas et oui, j'ai assisté au défilé Ungaro de la Fashion Week de février dernier !
Chapître 1 : Fashion Week, me voilà !
Un ami d'Alex (Alex de la niiiiggghhhttt !) qui travaille dans la mmmooooodddddeeeeee (!), avait réussi à m'obtenir une invitation pour assister à ce défilé. J'ai donc tenté l'expérience, à ma plus grande joie.
La première préoccupation, quand on assiste à un défilé, est de choisir ce qu'on va porter. Vous me direz : "Louise, ce n'est pas toi que les gens viennent voir défiler sur le podium !" D'abord, je tiens à dire que c'est fort désobligeant de votre part. Je ne ressemble certes pas à un top modèle, mais ce n'est pas une raison pour insister sur ce point précis. Et puis moi, j'ai une belle âme d'abord et la beauté intérieure c'est bien aussi. Je ne veux entendre aucun commentaire, merci. Revenons à notre sujet. Ce n'est pas parce qu'on ne défile pas qu'il ne faut pas être en représentation. J'ai donc fait le tour de mon dressing ma penderie, ce qui ne m'a pas pris plus de trois minutes vingt sept secondes. N'ayant pas de vêtements griffés exceptés deux carrés Hermès rescapés de ma période maxi prout prout de la fin des années quatre vingt, les choses se compliquent. Hors de question que je mette ma plus belle robe, je ne vais ni à un mariage, ni à un déjeuner du dimanche chez Tante Yvonne. Finalement, j'opte pour ce que je porte le plus souvent en hiver, c'est à dire un slim en jean brut, des bottes cavalières, un joli col roulé avec une large ceinture qui tombe (l'hiver dernier le ceinturon se portait encore tombant !) et mon caban long noir. Bref, une tenue dans laquelle je me sens bien et adaptée au froid qui s'est abattu sur Paris ce jour-là.
Malgré mon uniforme hivernal, je suis frigorifiée à attendre le bus qui tarde. L'heure tourne et je suis toujours bloquée à Montparnasse. N'en pouvant plus d'attendre en vain dans le froid, je hèle un taxi qui m'enmène sur le lieu du défilé. Je donne l'adresse au chauffeur de taxi qui ne la connait pas ; ça commence bien. Je lui explique que c'est cette place qui se trouve juste en dessous du Trocadéro et lui me répond qu'il ne savait pas qu'elle avait un nom précis puis se met à discuter.
- Vous êtes touriste ? Vous allez voir la Tour Eiffel ?
Et là, je ne sais pourquoi, j'ai eu l'envie irrépressible de faire ma pétasse :
- Pas du tout, je vais assister à un défilé de couture.
- Oh, vous travaillez dans la mode ?
- OOOUUUUUIIIII !
- Vous avez un super boulot ?
- Un job formidable, mais c'est très fatigant d'enchaîner les défilés les uns après les autres pendant la Fashion week.
- Bon courage Mademoiselle, et bonne journée.
Âprès ce tour en taxi fort réjouissant (on s'amuse comme on peut), me voilà enfin place de Varsovie, face à la Tour Eiffel. Habituellement, il y a un très grand bassin rectangulaire à cet endroit mais il a disparu aujourd'hui. Une énorme tente a été dressée par dessus le bassin : impressionnant. Tout autour, des barrières et le service d'ordre. A un quart d'heure du début du défilé, nous ne sommes que trois à faire la queue pour entrer. Je vérifie que je ne me suis pas trompée d'heure. Mais non, c'est bien à 14 heures que ça commence. Ou peuvent bien être les autres invités ? Mais à d'autres défilés bien sûr. Sachez qu'on n'arrive JAMAIS à l'heure à un défilé. Zut, je me suis dépêchée pour rien et cela m'a couté une course !
La suite, demain !
08:00 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, journal intime, mode, defilé, ungaro, paris, fashion week