11.09.2007

Botas pro cierre gold T38, made in Argentina

Souvenez-vous, l'une des grandes résolutions de ma rentrée est de trouver LA paire de bottes de l'hiver 2007-2008. Ce n'est pas chose facile et à chaque retour de vacances d'été se pose le meme problème à des milliers de femmes : noir, rouge, marron, avec talon, sans talon, talon aiguille, talon large, semelle compensée, bout pointu, bout rond, avec lacets, avec zip derrière, avec zip sur le coté, cuissardes, mousquetaire, style motard, style call girl, style chapeau melon et bottes de cuir , style écuyère, style kill bill en cuir jaune poussin, en peau, en vinyl, en peau brodée ?

Aidez moi, je suis perdue !

Une seule solution : courrir jusqu'à la maison de la presse la plus proche et faire une razzia parmi les magazines féminins spécial mode et accessoires de la rentrée : Vogue, L'Officiel, Marie-Claire, Marie-France, Elle, Le Figaro Madame, Cosmo, Glamour et meme Modes et travaux et Femme actuelle, je les achète tous, bien décidée à trouver THE modèle, celui dont toutes les femmes revent, celui que les copines vous envient, celui qui va aussi bien avec une robe habillée qu 'avec un jean.

Le retour à la maison est difficile tant je ploie sous la charge des journaux. Le sac mes scie les doigts. des gouttes de sueur perlent à mon front. Les marches de l'escalier sont autant de falaises à gravir.

Enfin, j'arrive dans mon appartement. Je m'assois au milieu du tapis du salon puis déploie les magazines tout autour de moi. Méthodiquement je décortique chaque article, chaque photo, chaque publicité. La lecture et l'analyse sont longues et laborieuses. La fatigue se fait peu à peu sentir. Ma vue se brouille , je dois chausser mes lunetttes si se je veux continuer. Ma concentration est telle que je ne vois pas le temps passer. Les passants sont rentrés chez eux, le flot de la circulation s'est régulé, le soleil s'est couché. Il est temps d'allumer la lumière. Pourtant, inlassablement, je poursuis ma quete. Peu à peu, les bruits dans l'immeuble se raréfient. Mes recherches s'affinent : je découpe, je trie, je jette.Le téléphone sonne mais je ne l'entends pas, mon ventre crie famine mais je n'ai pas le temps de le nourrir. Paris dort. La lumière de mon salon est la seule à briller dans la nuit. Au loin, une sirène de police retentit. L'épaisseur des magazines diminue. Mon dos me fait souffrir à force d'etre penchée sur mon ouvrage depuis des heures. Le résultat de mes recherches devrait maintenant m'apparaitre sous les yeux telle une évidence. Mais plus j'avance dans mes lectures, plus le mystère s'épaissit.

Alors, la conclusion s'impose tragiquement à moi : il n' y aura pas une paire de bottes cet hiver, non, elles seront toutes là, de toutes les formes, de toutes les couleurs, de tous les styles, de toutes les matières. Je n'ai pas réussi à trouver le must-have.

Tant de travail, tant d'abnégation, tant d'angoisse ont raison de moi. Les larmes coulent à flot sur mes joues, je hocquète douloureusement. Epuisée, mon corps s'affaisse sur le tapis. Je m'endors sur les magazines décharnés, sans avoir trouvé l'objet de mes désirs.

 

 Au petit matin, mes enfants me découvrent gisant sur le kilim du salon. Quelques tendres calins et le soleil qui perce à travers les rideaux laissent présager une bonne journée. Alex, constatant mon épuisement, prépare le petit déjeuner. Alors que l'odeur du thé fumant vient délicatement chatouiller mes narines, la sonnerie du téléphone résonne à travers la pièce : c'est un ami d'Alex , il part mardi en Argentine et demande si nous souhaitons quelque chose de Buenos Aires. 

Mais oui , hourra !

Des bottes, les bottes, MES bottes. Le modèle Botas pro cierre, taille 38, couleur gold, de chez La Martina, THE marque de polo de Buenos Aires. Des bottes en vraie peau de cul de vache argentine.

On peut certes les acheter à Paris pour la modique somme de 450 euros à la boutique La Martina, rue Royale ( je sais, j'ai des gouts de luxe ! ), mais bon, je n'ai pas les moyens ! Si un ami me les ramène directement du pays, c'est moins cher et c'est plus sympa .

 

 DON'T CRY FOR ME ARGENTINA .

 

P.S. si tout va bien, je les recevrai d'ici trois à quatre semaines. Affaire à suivre.