09.04.2008
Pourquoi, comment.
Depuis que je suis en âge de tenir un stylo, j'écris. Oui, j'ai toujours écrit.
J'ai d'abord écrit à tout un tas de correspondantes, en Europe et en Amérique, à mes amies des quatre coins de la France. Avec ma plus ancienne amie, alors que nous n'avions que huit ans, nous avons entamé une correspondance journalière qui a duré à peu près trois ans. J'ai d'ailleurs religieusement conservé toutes ces lettres et les suivantes. A chaque anniversaire, chaque fête, chaque voyage, mes parents m'offraient des coffrets de papier à lettres. Ajoutez à cela des cartes de visite et des cartes de correspondance de toutes les couleurs que mon père, imprimeur, se chargait de me fournir. Je crois bien que j'ai ruiné mes parents en timbres et en blocs-notes.
Plus tard, à l'adolescence, j'achetais de grands cahiers Clairefontaine - je refusais d'écrire sur autre chose que ces belles feuilles format A4 avec des grands carreaux - à la couverture cartonnée rouge, demandais en cadeaux de magnifiques stylos à plume qui venaient s'ajouter à ma collection, et m'inventais des vies. Ma mère avait d'ailleurs eu l'extrême délicatesse (je crois ne lui avoir toujours pas pardonné !) d'ouvrir l'un de ces livres afin de le lire. Ensuite, elle m'avait demandé des explications au lieu de respecter mon jardin secret et de louer mon imagination déjà fertile. Sa réaction m'a d'ailleurs toujours surprise, elle qui aime tant lire.
Il n'y a qu'une seule fois ou elle eut un mot gentil à propos de ma propension à écrire tout le temps. En cours de français, nous devions décrire notre chambre. J'avais obtenu la meilleure note mais, alors que le professeur avait lu les rédactions de la plupart de mes petits camarades, elle avait fait une exception avec la mienne, la jugeant sans doute trop personnelle. En rentrant à la maison, Maman, ayant trouvé le brouillon dans la poubelle (elle devait encore vérifier que je ne vivais pas dans une autre vie), m'avait félicitée, me disant que j'avais un certain talent. Je crois bien qu'elle a conservé ce texte pendant quelques temps et l'a faite lire à nombre de ses amies.
Par la suite, j'ai tenté d'écrire mais je déchirai tous les papiers sur lesquels ma plume s'était attardée : je n'ai jamais été contente de ce que j'écrivais. Puis, le temps m'a manqué et j'ai cessé d'écrire. Et même si j'en avais eu la possibilité, je n'aurais pas su quoi écrire.
Finalement, il y a tout juste un an, j'ai découvert, par hasard, ce qu'était un blog. En septembre, je me suis lancée. Sans doute est-ce le fait d'être lue, j'ai soudainement eu des tas d'idées pour des notes. Savoir qu'on lit vos textes vous oblige à un minimum de travail, notamment celui d'inventer régulièrement, ce qui est certainement la chose la plus difficile. J'ai commencé par une note par jour afin de fidéliser un public de plus en plus nombreux, puis j'ai pris mon rythme de croisière : environ trois notes par semaines.
Ecrire est redevenu une nécessité. Cela me fait un bien fou même si l'écriture est pour moi un travail difficile et laborieux, même si je ne suis jamais satisfaite de mes textes. J'ai toujours besoin d'améliorer mes notes : tel mot ne convient pas, celui-ci n'est pas à sa place, ah une répétition, décidément cette phrase n'a pas lieu d'être ! Quand parfois il arrive qu'une de mes notes me satisfasse un tant soit peu, lorsque je la relis, je me dis : "Est-ce vraiment toi qui a écrit ce texte ? Oh non, c'est impossible. Comment as-tu fait ? Tu serais bien incapable de recommencer, n'est-ce pas ? " Puis, tout de suite après : "Quelle idée vas-tu bien pouvoir dégotter pour ton prochain texte ? Là, Louise, tu es vraiment dans la panade. "
Alors, je cherche, cherche et cherche encore. Quand aucune idée ne me vient à l'esprit, je suis furieuse et inquiète : "Aurais-je déjà épuisé toute mon imagination ? Aurais-je écrit la dernière note de ce blog ?" Parfois, cela m'empêche de dormir une bonne partie de la nuit. Je tourne et me retourne, je cogite et, vers trois heures du matin, une petite idée de rien du tout germe. A cinq heures, tout le texte est écrit dans ma tête. Je me rendors. A sept heures, le réveil sonne, j'ai hélas tout oublié.
Vers dix heures, des bribes se rappellent à mon bon souvenir. Je m'empresse de les noter dans l'éternel cahier à la couverture cartonnée afin de ne pas les oublier à nouveau. Enfin, après le déjeuner, je m'attaque à la rédaction. Je rédige généralement sur mon ordinateur, mais, quand la note exige un travail plus important, j'écris mon texte à la main. Hélas, mon écriture n'a jamais été un modèle de pleins et de déliés. J'écris tellement mal que bien souvent je suis incapable de me relire. Mes feuilles sont criblées de ratures, flêches, croix, traits, petits ronds qui m'aident à organiser mon texte. Les mots sont déplacés, barrés, changés. Je reviendrai plusieurs jours de suite sur le texte afin de l'améliorer encore et encore.
Finalement, le texte que vous lirez n'aura plus grand chose à voir avec celui imaginé à cinq heures du matin.
Et vous, comment en êtes-vous arrivés là ?
07:00 Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, écriture, blog