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27.07.2008

Vue sur mer.

images.jpgLe penty au toit pentu avec ses deux lucarnes était légèrement en retrait par rapport à la route. De l’autre côté  se trouvait un vaste terrain ceint d’un mur de pierres plates comme on en trouve sur les chemins douaniers de cette région de Bretagne, serpent de granit sur la lande. Douze genets vigoureux dont les couleurs criardes se détachaient violemment sur le tapis de bruyères aux camaïeux de violets  étaient plantés de ci de là, donnant l’impression que le terrain vague était entretenu. 

Chaque jour, quel que soit le temps, Anne-Yvonne Le Moal encore alerte malgré ses quatre-vingt six ans, quittait la maison qui l’avait vue naître, traversait la rue qui la séparait du terrain, s’accoudait sur une pierre du muret, toujours la même, et regardait la mer. Elle admirait pendant des heures les voiliers qui sortaient du port d’Audierne pariant mentalement sur celui qui finirait sa course dans les rochers ou sur le banc de sable et devrait alors attendre la marée suivante pour réussir à dépasser le môle. Elle connaissait tous les bateaux de pêche par leur nom, le Roz An Dour du patron pêcheur Quéméner ou encore le Ty Coz de ce soulard de Laurent Le Borgne. Elle savait quelle heure il était à la simple vue dans le chenal de l’Enez Sun, la vedette qui reliait l’Ile de Sein au continent. Les voisins l’apercevant sur son muret lui criaient : « Encore à rêver d’horizons lointains, Anne-Yvonne ? »  et la vieille dame souriante de leur répondre toujours la même phrase : « Sans ma vue sur mer, je serais au cimetière depuis belle lurette ! »

A force de voir Anne-Yvonne appuyée au petit mur, les gens avaient fini par penser que le terrain lui appartenait. En vérité, il appartenait à l’une de ses cousines, plus âgée, qui vivait dorénavant dans une maison de retraite à Pont-Croix, un bourg non loin de là. Elle lui avait confié la gestion de ce bout de terre, connaissant l’amour de sa parente pour ce jardin en friche. Toutes deux portant le même nom de famille, les formalités administratives s’en trouvaient grandement facilitées.

Mais un jour, cette vue disparaîtrait. Les promoteurs chassaient le moindre bout de terre avec vue. Ils posaient les billets sur la table et attiraient les maires comme des mouches avec la promesse de nouveaux revenus pour la commune grâce à leurs constructions qui, disaient-ils, seraient vendues, avant même d’être construites, à de futurs propriétaires qui jamais ne mettraient les pieds dans ce ravissant port de pêche du Finistère Sud et seraient bien incapables de le situer sur une carte de France, se contentant de louer leur studio à des touristes. Des associations de riverains se formaient pour tenter de contrer telle ou telle construction, mais hélas, la loi littorale ne pouvait pas toujours être invoquée et de banales constructions néo-bretonnes sans aucun charme remplissaient finalement les trous encore vacants. La côte se bétonnait doucement aux dépends de la lande et des amoureux du coin.

Cela faisait des années maintenant que les promoteurs s’intéressaient au jardin de la cousine Le Moal, il n’y avait pas encore de jeunets à cette époque, que de la bruyère. La première fois, un homme d’une quarantaine d’année, un cartable en nylon noir à la main, était monté sur le muret, là même où Anne-Yvonne aimait à regarder le panorama, et avait commencé à photographier le paysage. Nombreux étaient les touristes à immortaliser cette vue, mais cet homme, la vieille dame l’avait compris tout de suite en l’apercevant depuis la fenêtre de sa cuisine, n’avait rien d’un estivant.  Elle avait ressenti un sentiment d’antipathie dès qu’il lui avait adressé la parole, après avoir sonné à sa porte :

-          Bonjour Madame Le Moal dit-il avec un grand sourire. Je viens sur les conseils de Monsieur Le Maire qui d’ailleurs ne m’a fait que des éloges à votre sujet. Une Audiernaise exemplaire, une femme délicieuse qui sera très certainement intéressée par vos propositions, m’a-t-il dit.

-          Entrez et asseyez-vous donc près de la cheminée, Monsieur.

L’homme  posa son cartable à ses pieds et s’assit sur le fauteuil qu’Anne-Yvonne lui avait désigné de la main. La cheminée ne fonctionnait pas mais le bois était rangé dans un panier près du siège de la vieille dame en prévision d’une froide journée.

-          Je suis allé au cadastre et j’ai vu que ce petit terrain vous appartenait.  Je vais être d’une très grande franchise Madame Le Moal : Je serais très intéressé pour vous acheter ce jardin : une somme rondelette vous serait bien sûr versée, dit-il avec un ton mielleux.

« Un renard, voilà à quoi il me fait penser, se dit Anne-Yvonne en le regardant, un renard. Croyez-vous, parce que je suis une vieille femme, que je ne devine pas vos intentions ? Plutôt mourir que perdre ma vue ! »

-          Que voulez-vous que je fasse d’argent à mon âge ?

 

-          Vous pourriez partir en voyage, léguer un bel héritage à vos petits-enfants, que sais-je encore ?

-           J’ai ma maison et ma vue, que puis-je demander de plus ?

-          Vous pourriez faire quelques travaux dans votre maison.

-          A  86 ans, vous croyez ?

Voyant que ses propositions n’avaient aucun effet sur la vielle dame, le promoteur décidât de frapper plus fort.

-          Vous savez, la société que je représente serait extrêmement généreuse si  vous acceptiez de traiter avec elle. Une telle offre ne se refuse pas.

-          Et bien moi, Monsieur, je la refuse. Maintenant, veuillez sortir de chez moi et ne remettez jamais les pieds dans cette maison ni sur mon muret !

L’homme, vexé de se faire congédier de la sorte par une femme qu’il pensait sénile et furieux de ne pas avoir obtenu la vente de la parcelle, sortit ses dernières cartes.

-          Que vous le vouliez ou non, cet emplacement, je l’aurai. Votre vie va devenir un enfer. Jamais personne ne nous a résisté, vous plierez comme les autres et votre terrain, nous le posséderons. D’ici quelques mois se dresseront des appartements de vacances, que vous le vouliez ou non. Ce n’est pas une vieille folle comme vous qui nous arrêtera. Vous feriez mieux de signer tout de suite si vous tenez à votre tranquillité.

Tandis que le promoteur se penchait pour ramasser son cartable qui reposait à ses pieds, la vieille dame se saisit d’une bûche et en asséna un violent coup sur la nuque qui se présentait à elle. L’homme s’affala sur le tapis dans un bruit sourd.

Peu de temps après cet incident, Anne-Yvonne planta son premier genet. 

Pendant plusieurs mois, Anne-Yvonne ne fût plus dérangée par les promoteurs. Elle eut cependant la visite d’un jeune policier, venu tout spécialement de Quimper, qui s’interrogeait sur la disparition d’un employé d’une société immobilière. Le Maire avait dit au lieutenant qu’il devait rencontrer la vieille dame. Elle répondit que jamais elle n’avait reçu la visite de ce monsieur et l’affaire s’en tint là. Mais, l’été venant, à nouveau les promoteurs sonnèrent à la porte du petit penty, sans plus de succès. Aucun acte de vente sur les onze proposés ne fut signé. Les Audiernais commençaient à parler du terrain d’Anne-Yvonne comme du dernier village gaulois ayant résisté à l’invasion romaine. On se félicitait qu’une vieille dame tienne tête aux promoteurs et ne se laisse pas amadouer par un gros chèque.

Quant au terrain d’Anne-Yvonne, il était de plus en plus planté de genets. Les plants semblaient s’être parfaitement acclimatés. Les passants s’extasiaient sur leur vigueur et leur force. Certains s’arrêtaient pour demander le secret d’Anne-Yvonne, quelle terre elle utilisait, si elle leur donnait de l’engrais. Jamais on n’avait vu plus beaux genets dans tout le Cap Sizun.

Un soir, alors qu’Anne-Yvonne admirait une fois de plus le soleil couchant sur la mer, elle s’endormit. Une voisine la retrouva, la tête gisant sur une pierre plate ; elle était morte l’air paisible et heureux, face à sa vue qu’elle aimait tant. Elle était morte avant qu’on ait réussi à lui prendre sa vue. On enterra la vieille dame au cimetière d’Audierne, au côté de ses parents.

Le terrain fût l’objet de la convoitise d’un nouveau promoteur immobilier. Après s’être renseigné au cadastre sur le propriétaire du lieu, le promoteur se rendit à la maison de retraite de Pont-Croix où il arriva sans aucun mal à faire signer l’acte de vente à la vieille cousine d’Anne-Yvonne Le Moal. Peu de temps après, les travaux débutèrent. Les pelleteuses arrivèrent pour creuser le sol. Mais ils furent immédiatement arrêtés quand, après avoir déterré le premier genet, on découvrit un corps. Le terrain devint une scène de crime et, finalement, le projet immobilier fut abandonné : on ne construit pas sur le lieu d’un crime.

Les policiers déterrèrent autant de corps que de genets, c’est-à-dire douze, comme les douze promoteurs qui avaient voulu acheter la vue sur mer d’Anne-Yvonne. 

17.07.2008

Un clocher, une place, des platanes ... et des Français.

 Voici une nouvelle commande du magazine Ladies Room pour cette journée " Ma France à moi" du 17 juillet.

 

images.jpgLa France que j’aime est celle des petits chemins de traverse empruntés par Yves Montand à bicyclette, celle des places d’églises avec terrasses ombragées pour marchés multicolores et concours de Pétanque, celle des Fêtes du 14 juillet avec flons-flons, bals des Pompiers et feux d’artifices, celle des apéritifs qui s’éternisent entre amis, entre voisins, entre cousins, celle des accents régionaux pleins de gaité et de chaleur, celle des spécialités locales avec un petit vin de pays pour accompagner, celle des fromages aux odeurs puissantes et des escargots à l’ail et au persil, celle des pains sortant tout chaud du fournil et dont la mie nous brûle les doigts quand notre gourmandise se fait trop pressante, celle qu’on nous envie dans le monde entier : une carte postale pour Américains ou Japonais, un rêve pour Anglais,  Allemands ou Néerlandais en mal de chaleur, de bonne table et de vieille pierre.

Oui, osons être chauvins car notre herbe tendre n’est pas moins verte que le gazon anglais ! On comprend mieux pourquoi notre si belle terre de France attire tant de touristes étrangers.

     Premièrement, nous, Français, savons accueillir comme il se doit les nouveaux venus : nous ne donnons jamais moins de deux baisers. On peut aller jusqu’à quatre bises dans certaines régions, ce qui démontre que nous ne sommes pas avares de notre temps, car il en faut du temps pour embrasser tout le monde. Pfff ! Si les étrangers sont parfois surpris en découvrant cette coutume bien de chez nous, certains y prennent vite goût, n’hésitant pas à s’entraîner au french kiss avec zèle auprès de nos compatriotes. « Ah, les Français(es) !!! », disent-ils alors avec un air rêveur, faisant ainsi de nous les meilleurs amants au monde ... Nous n’en sommes pas peu fiers.

    Deuxièmement, de telles embrassades nécessitent bien évidemment un petit remontant. Il n’y a alors que l’embarras du choix : chaque région possède sa spécialité. Bières, cidres, vins, pastis, calvados, chouchen, kir, mixtures secrètes : tout est bon dans le cochon ! Notre aptitude à servir ces divins nectars et plus encore à les boire ne peut en aucun cas être remise en doute : l’accueil français se doit d’être chaleureux et quand on a chaud, forcément, on a soif ! CQFD.

   Troisièmement, place à un bon repas ; que dis-je, au banquet. Pantagruel, Vatel et autre Brillat-Savarin étaient français, ce n’est pas pour rien ; on n’a jamais vu faire ripaille de façon pantagruélique en Angleterre, ça se saurait.

A nouveau une multitude de possibilités s’offre à nous, tant au niveau de la cuisine traditionnelle que des établissements gastronomiques. On commence par une sole à la dieppoise, on continue avec un aligot saucisse, on poursuit avec un confit de canard, une choucroute, une piperade, on enchaîne avec une bouillabaisse, on déguste un plateau qui a visiblement remporté toutes les étapes du Tour de France des fromages et l’on termine par une galette charentaise, quelques calissons, des bêtises de Cambrai et des fruits confits.

Alors vous, les Etrangers, vous trouvez que c’est trop ?

Rassurez-vous, on étale la dégustation dans le temps. Ici on sait à quelle heure on passe à table mais pas quand on en sort. Tout ce qu’on peut préciser, c’est qu’une fois le festin terminé sonne l’heure de la sieste au clocher de l’église. Un point c’est tout.

 Car en France, on ne se contente pas de manger bêtement, on fait autre chose que remplir simplement son estomac.  On déguste puis on boit, on savoure puis on parle, on goûte puis on rit, on ravit ses papilles puis on cause autour de grandes tablées, on se délecte de tant de plaisirs gustatifs puis on boit à nouveau. Cette convivialité et ce rituel typically french prennent des heures. J’ai pu remarquer que les nouveaux venus dans notre beau pays s’adaptaient avec grand plaisir à ces petites manies gourmandes.

    Je ne suis pas non plus la seule à aimer le protocole qui suit ces déjeuners à l’ombre des platanes. De fait, la sieste que j’ai évoquée précédemment est inévitable. Une chaise longue à l’abri d’un vieux mur de pierres, une couverture étendue sous une tonnelle, un coussin déposé au pied d’un arbre sont parfaits pour se la couler douce en été et, accessoirement, digérer. Les enfants vont pêcher des écrevisses ou attraper des reinettes dans la rivière toute proche, quelques hommes font un concours de pétanque sur le parvis de l’Eglise, des adolescents s’éclaboussent à la fontaine de la place du marché, leurs cris brisant le silence de cette chaude après-midi à la Pagnol.

    Puis, doucement, le village français à nouveau se réveille. L’heure est aux préparatifs de la Fête Nationale. Tout le village se mobilise pour dresser les tables sur la Grand Place. Dans les arbres, on accroche des guirlandes électriques multicolores. La fanfare répète une dernière fois et les majorettes ajoutent un peu de rouge sur leurs joues.

Le maire peut enfin commencer son discours qu’on se dépêche d’applaudir afin de pouvoir filer plus rapidement en direction de la buvette. La fête bat son plein, on félicite les majorettes qu’on a suivies religieusement tout le long de la Grand Rue et l’orchestre s’installe pour le bal des pompiers. On danse toute la nuit, on rit. Les enfants sont libres de s’amuser : les plus grands s’embrassent derrière un platane sous les regards curieux et moqueurs des plus jeunes qui se coucheront beaucoup plus tard que d’habitude. Tout le monde sourit. Les touristes mitraillent ces petits coins de paradis, espérant presque voir, au détour d’une ruelle tortueuse, un Fernandel à la faconde riante, et se disent : « Pour mes vieux jours, je viendrai m’installer dans le coin ! »

Comment ne pas aimer le Paradis ? Comment ne pas aimer la France ?

Tirez le feu d’artifice !

10.07.2008

CIAO !

es.jpgJe pars demain pour un mois et demi de vacances : trois semaines "seule" ( + les quatre grands-parents, mais chacun dans sa maison, sinon ce n'est pas vivable !) à Audierne avec mes deux enfants, puis une semaine de camping en Bretagne nord avec mes trois hommes, de nouveau Audierne et enfin, une semaine en Ardèche. Voilà pour le programme.

Qu'en est-il de mon blog alors ?

Sachez que j'enmène mon portable car j'ai un petit boulot à terminer (vous en saurez davantage à la rentrée de septembre !) mais je ne sais pas si je vais réussir à me greffer à une ligne Internet là-bas. Si j'y parviens, vous aurez le droit à des notes : pendant que mes enfants dormiront ...

Si non, je vous dis à la rentrée et vous souhaite de passer d'excellentes vacances ensoleillées et reposantes et agréables et .....

Si je vous manque trop, vous pouvez relire mes 190 notes !

 

je vous embrasse !!! 

 

PS : pour la manif organisée par Charlemagnet, merci de ne pas défiler sous mes fenêtres : je dors !!!

08.07.2008

A cran.

Marre qu'Internet soit si long en ce moment, marre de passer mon temps à attendre que la page de mon choix apparaisse, marre d'écrire des commentaires qui finalement s'effacent.

 

 

07.07.2008

Mon fonds de commerce.

images.jpgEn ce moment, j'ai des soucis.

Hé ho, parlez plus bas, j'entends vos commentaires désobligeants :

- Pauvre petite Louise, elle n'a pas été invitée à boire le champagne dans un établissement parisien depuis au moins deux semaines ?

- Ses escarpins Céline ont été rayés par inadvertance ?

 

Certes, ça aussi ce sont des gros soucis, mais le problème n'est pas là. Ce qui me préoccupe, c'est la répertorisation de mon blog. Vous comprenez maintenant le stress qui m'habite !!!

 

Dans quelle catégorie le ranger ?

 

Un blog de fille, un blog de mode ?

Je ne suis pas une fille, je suis une femme de trente-cinq ans (même si j'en parais vingt !!! et que je suis restée hyper jeune dans ma tête) avec un mari et deux enfants. La mode  et la beauté ? Certes j'en parle, mais ce n'est pas mon fonds de commerce. De plus, j'ai pratiquement autant de lecteurs que de lectrices.

 

Mais alors, c'est quoi mon fonds de commerce au juste ?

Du sérieux ? A doser quand même le sérieux, sinon vous allez tous ficher le camp chez des blogueurs plus amusants. Une nouvelle de temps à autre, un peu d'Histoire de France à ma sauce, une promenade par ci par là, quelques contes. Ho la, ça suffit comme ça pour le sérieux.

Des histoires de famille, de couple, de copines ? Seulement à la condition qu'elles soient déculpabilisantes : pas de mère parfaite ici, pas d'enfants super sages et pas de mari employé de banque qui rentre à la maison tous les soirs à 17h30 et puis regarde son match de foot en se curant le nez. Ici, c'est un mari proxénète, des enfants habitués aux urgences de Trousseau, Saint-Vincent de Paul et Necker, et enfin, une Maman qui parfois pète un cable parce qu'elle n'en peut plus de ses monstres, de ses copines alcooliques et des strip-teaseuses de son mari. Bref, une famille tout ce qu'il ya de plus normal : consternante de banalité.

Quelques conseils ? Comment divorcer pour une durée déterminée, comment tromper son mari grâce à Alibila ou à Meetic, comment gérer son mariage, comment gérer ses charmants enfants, comment gérer la garderie ou l'école, comment préparer un bon dîner de Noël, comment gérer sa mère ET sa belle-mère, etc ... Je tiens à préciser aux nouveaux venus, que tous ces conseils ne doivent absolument pas être suivis au pied de la lettre, sous peine de divorcer, voir vos enfants partir pour la DASS, empoisonner vos invités ou encore être assassinée par belle-maman.

Quelques textes qui je l'espère sont drôles ? Ici, mes lecteurs fidèles semblent les apprécier. Publiés sur d'autres sites, il arrive fréquemment qu'ils m'attirent des menaces de mort. On a voulu plusieurs fois me décapiter. Si vous n'aimez pas les sales petites bourgeoises, merci de quitter ce site avant tout geste qui pourrait se révéler fatal.

Un faible pour la petite noblesse  et la bourgeoisie de Province ? Familles Cyrillus, je vous aime !!! J'avoue, j'aurais quelques difficultés à parler du 93 ...  en plus, je n'en ai aucune envie. C'est dit. Et comme je serais l'image de la décadence de la noblesse française (?) ...

Ma vie ? Encore une qui parle de sa vie, dites-vous. Hé oui, parce que ma vie je la trouve formidable, sympa et qu'elle me plait. Pas comme la vôtre ...

Quelques affabulations ? Evidemment, vous êtes sur un blog là, pas à confesse !

Paris, Le Havre, Audierne ? Paris parce que j'y vis et plus précisément dans le Vème arrondissement( nous ne pensiez tout de même pas que je me serais abaissée à vivre Rive Droite ?), le Havre-Sainte-Adresse parce que j'y ai passé mon enfance et mon adolescence, Audierne parce que j'y passe mes vacances depuis que je suis née. Une vraie parisienne de province !!!

Des bêtises ?  Oh, si peu.

 

Si l'on additionne tous ces critères, je ne vois qu'une catégorie possible : "Le blog de Louise, inclassable !" ou alors peut-être dans "j'ai les chevilles qui enflent" ?

04.07.2008

40 = 10 + 2.

MYPCA5XCASNCA9LRBSMCA9X6I0VCAWKKVXJCAY7VFV4CA7XLGWNCAXD99GPCAOBO16VCAVTYGSZCA0HVXB5CA50C470CAZUHUDKCAMJUHODCAMRPJQVCAWBEEQ2CARQ3PPYCALR9UTXCAQ8RK5TCAQY7Y24.jpgNon, il n'y a pas d'erreur de calcul. Risette m'a taguée : "40 contradictions qui vous caractérisent." Comme elle n'a trouvé dans son cas que 10 contradictions, vous vous doutez bien que je ne vais pas me casser les fesses à en trouver 40 alors que je n'aime pas trop les tags. Mais celui ci m'amusant, je me suis attelée à la tâche. 

1- Je suis snob mais je ne supporte pas ceux qui le sont. / De plus, je suis snob mais je n'ai pas de goûts de luxe. (enfin pas vraiment )            Là, je me comprends, c'est l'essentiel.

2- J'ai toujours raison même si je sais pertinemment que j'ai tord. Je campe tant et si bien sur mes positions que les autres sont obligés d'abandonner la partie. Une fois qu'ils s'avouent vaincus, je peux parfois dire "c'était peut-être toi qui avait raison en fait ?" avec un  grand sourire.  J'adore voir la tête de mon interlocuteur à ce moment là. Oui, je suis une vraie peste d'une totale mauvaise foi, mais ça, ce n'est pas contradictoire !!!

3- Je suis très fière quand je réussis quelque chose mais rougis comme une adolescente prépubère si l'on me complimente. Et si j'ai l'air sûre de moi, je bafouille comme une gourdasse si un beau mâle vient me parler. C'est très, très énervant.

4- J'ai trente cinq ans mais je suis parfois une vraie gamine : blagues à 2 balles, jeux de mots complètement foireux, films à 2 balles (j'ai vu TOUS les films de Schwarzie, même Hercule à New York, et plusieurs fois, c'est vous dire) : je suis super bon public !!!

5- Je ne veux pas savoir tout ce que fait Alex dans son boulot, mais je ne peux pas m'empêcher de le lui demander et dans les détails. "Et Angélique Seins d'acier, tu l'as vue cette nuit ?" Complètement maso cette pauvre Louise ! Finalement, je prétends que je ne suis pas jalouse alors que c'est tout le contraire, mais dans les limites du raisonnable.

6- J'adore la langue sauce piquante mais je refuse catégoriquement de la cuisiner : je trouve ça ragoûtant. Bon sang ce que c'est bon : je sauce le plat à chaque fois.

7- Je me décarcasse pour que la famille mange équilibré mais je grignote entre les repas. Je cache même des paquets de biscuits apéritif au fromage dans les placards ...oui, ceux qui donnent une haleine de poney. Plus les biscuits sentent mauvais, plus je les aime. Qui veut un bisou ?    ...   Nan, personne ? Vous êtes sûrs ?

8- Je suis contente si je plais à quelqu'un d'intelligent mais je m'en moque si un con me prend pour une imbécile, je suis alors capable d'entrer dans le "jeu" du con, m'en fous.

9- J'adore faire une grosse fiesta mais dès 2-3 heures du matin j'ai envie de rentrer me coucher. Louise, t'es qu'une grosse mémère !

10- J'ai un grand nez et plein de grains de beauté sur le visage mais je les adore. Un jour, une caissière du Monop' du Havre m'a même dit : "Mon Dieu, je n'ai jamais vu quelqu'un avec autant de grains de beauté sur le visage !" On a l'impression que j'ai été peinte à coup de pochoir. Par contre, j'ai la peau des fesses toute lisse : pas le moindre petit bouton !

 

J'en rajoute deux dernières, pour la route :

  • Je "parle" beaucoup sur mon blog, mais pas trop dans la vraie vie : je ne supporte pas les grandes gueules qui accaparent la conversation et ne laissent pas les autres s'exprimer. Ca me fatigue.
  • J'ai l'air à peu près normale comme ça,  mais depuis que j'ai un blog je fais un dédoublement de personnalité. L'autre jour j'ai rencontré une blogueuse en chair et en os et au lieu de lui dire mon vrai prénom lorsque nous nous sommes présentées, c'est spontanément mon pseudo de blogeuse qui est sorti de ma bouche. C'est grave docteur ?

 

Je tague  ... qui veut !!!

 

Don't cry for me Argentina, le retour.

 

Comme promis je mets enfin les photos de mes bottes, tu les attendais depuis si longtemps Oopsgal !

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Ensuite, je vous montre l'intérieur de la botte : ils rajoutent une pièce de cuir, ainsi, la cheville est protégée des coups de maillets de polo par une épaisseur de cuir d'environ 1cm et demi !!!
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Enfin, une photo de dos car j'adore le bombé des bottes sur l'extérieur des mollets et la coupe légèrement biseautée tout en haut.
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Le problème est que je n'ai toujours pas trouvé le moyen de les assouplir. Ca fait un mal de chien, pire que des chaussures de ski trop petites !
Où il est le cheval, hein ?

03.07.2008

Cyndi, je t'aime !!! Amanda, moins.

images.jpgAujourd'hui, une petite note décousue.

1) Nous allons être invités au concert de Cindy Lauper le 20 octobre au Bataclan. Alors bien sûr je fais des bonds dans la maison car Cyndi Lauper me rappelle mes années de collège.

  • 6ème : encore les fêtes d'anniversaires entre filles. Notre grand jeu consistait à s'allonger sur la pelouse du jardin, jardin qui prenait fin avec la falaise : on avait la tête dans le vide, à 100m de haut. (du grang n'importe quoi quand j'y repense !) On n'écoutait pas encore Cyndi mais Julien Clerc : on dansait sur "Coeur de rocker oh oh oh oh , Coeur de Rocker ... " Quant aux garçons, on n'en avait rien à secouer. "Pfff, que des crétins !"
  • 5ème : première boum dans la salle de jeux d'une copine, débarassée pour l'occasion de sa maison de poupées Barbie (oui, à cette époque on jouait encore à la barbie à 12 ans, et même à 14 ans mais on ne le disait pas, même pas aux copines qui pourtant faisaient de même ! ) et qu'est-ce-qu'on écoutait comme musique sur le radio-cassette ? Cyndi Lauper à fond !!!!!!!!!!!! Après, un slow, puis Cyndi, puis Madonna, puis Cyndi ... Première expérience : le slow avec une tomate tenue par les fronts des danseurs : follement érotique.
  • 4ème : re boum le samedi après midi. Le curé prêtait la salle du presbytère de l'Eglise de Sainte-Adresse pour que les grands (les 3ème) fassent leurs boums. Comme dans notre bande nous avions toujours un frère ou une soeur plus âgé, c'était facile d'entrer même si les aînés faisaient la gueule parce que leurs cadets s'incrustaient. "Tu viens pas sinon j' le dis à maman !" "Si tu le dis à maman, moi j'lui dirais qu't'a embrassé Antoine sur la bouche, et avec la langue en plus !" Voilà comment on entrait au presbytère, en cachette de nos parents. Mes copines et moi on était amoureuses de Pierre-Antoine C., rebaptisé PACman par nos soins., mais PACman il s'en fichait des gamines de 5ème B, même qu'il galochait une certaine Julia, une vieille de 14 ans ! Alors on se contentait d'ecouter Cyndi toujours mais aussi A-Ha : j'ai d'ailleurs acheté l'album de l'époque en CD il y a quelques temps et je l'écoute encore. (un jour, j'ai aperçu PACman au Havre : comme il avait grossi ... le pauvre !)
  • 3ème : la boum d'après BEPC. J'avais dit à mes copines que j'avais déjà embrassé un garçon mais c'était même pas vrai d'abord. Comme elles commençaient à sérieusement en douter, il a bien fallu que je m'y mette ! Je ne peux pas vous dire quelle musique est passée ce jour là sur le radio-cassette ... sans doute Cyndi Lauper. 

 

2) Il y a quelques temps, la rédaction de Ladies Room m'avait commandé un article pour la journée des râleuses. Cet article, "Bouclez-là" avait engendré plus de cent cinquante commentaires loin d'être tous flatteurs. Depuis, les commentaires continuent même sur mes autres articles, à la limite de l'insulte, voire au delà de la limite. Il y en a qui ont vraiment du temps à perdre !

 

3) Il pleut des trombes d'eau et je vais devoir aller chercher mon fils à l'école à pied. J'aime bien l'odeur de la pluie sur le sol chaud et j'adore être trempée par une grosse averse.

 

4) Hier soir, je vais au Huit à Huit faire quelques courses. Je fais la queue en caisse. Derrière moi, une créature blonde : 1m80, cheveux platine, talons aiguilles, robe en jersey moulante rose fushia laissant deviner un string noir. Derrière l'engin se trouve un homme venu acheter un paquet de beurre. La blonde  lui dit :

- Passez devant si vous n'avez que cela à acheter.

L'homme lui répond :

- Non, je préfère attendre, comme cela je vous admire !

Je ris sous cape.

La blonde retourne chercher un article qu'elle avait oublié. Le dragueur fou s'adresse au caissier :

- Elle est magnifique, vous ne trouvez pas ?

Alors, je me tourne vers lui.

- Il faut aimer les hommes ! , lui dis-je avec mon plus beau sourire.

Au début, il semble ne pas comprendre puis se fige et blêmit.

Je paie mon dû et m'en vais, morte de rire. 

 

5) Je me suis vraiment bien amusée en lisant le post de Ju'. Si vous voulez vous marrer un bon coup, allez lire sa note : http://sijavaissu.hautetfort.com/archive/2008/07/02/haut-...

 

6) J'ai enfin reçu mes bottes La Martina. (je vous promets que je les mettrai en photos demain !!!) Oui, je sais, 10 mois cela fait long mais c'est normal car elles viennent d'Argentine. Pour les nouveaux sur mon blog, sachez que j'en avais déjà parlé là http://mesamoursmesenmerdes.hautetfort.com/archive/2007/0...: Mais l'ami qui devait me les rapporter a eu un enfant malade cet hiver ... Enfin, ça y est, je les ai. Sauf que ... si elles sont magnifiques, c'est aussi un vrai carcan ( silence, je vous entends rire d'ici ! ) : je n'ai jamais vu de bottes avec un cuir aussi épais  (6 millimètres d'épaisseur !!! et je peux vous certifier que je n'exagère pas ) et je ne sais pas du tout comment on peut marcher avec, ce qui est quand même embêtant pour des bottes. Certes, on n'est pas censé marcher avec puisqu'elles servent aux joueurs de polo ... Il ne me reste donc plus qu'à me dégotter un cheval ... Mais où vais-je le garer ? Que faire du canasson le temps d'aller dans la classe récupérer mon fils ?  Il va falloir que j'étudie le problème sérieusement. En attendant, quelqu'un aurait-il une idée pour que je réussisse à assouplir le cuir ?

 

7) C'est fou le nombre de points d'exclamation que j'arrive à mettre dans mes posts !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

02.07.2008

Le souvenir.

J2ZCAWGZ2ZCCA2336QPCAYA3VURCAQ1V0WGCA40732ACA02WYH0CAQLUPSGCAY0XCBXCAPR71ULCAX2LTBWCAEVWH04CALAW6R3CA3OI1CVCA636RXCCABQXVXSCAV29A78CA09YIW1CA2LGTMQCAFP678R.jpgLa soirée battait son plein. Elle connaissait tous les invités, parlait à droite, à gauche, dans le grand salon débarrassé de ses meubles afin de laisser place aux jeunes danseurs.

Elle venait tout juste d'avoir seize ans. Elle était ravissante dans sa robe noire ornée d'un joli noeud en moire changeante. Rapidement, quelques jeunes garçons entourèrent la jeune fille aux joues rosissantes de plaisir. Elle dût danser avec tous. Elle s'amusait beaucoup à passer ainsi de cavalier en cavalier. Certains eurent aimé qu'elle restât dans leurs bras un peu plus longtemps que ne l'exigeait la danse, mais elle était assez fine pour savoir s'esquiver à temps sans toutefois les vexer. Ils la quittaient alors avec un sourire complice et attendri, se promettant de tenter leur chance un peu plus tard dans la soirée.

Fatiguée d'avoir trop dansé, elle s'adossa contre le chambranle de la porte du salon et considéra les jeunes garçons et filles qui gesticulaient en riant. De l'autre côté de la piste improvisée elle l'aperçut. Elle ne l'avait jamais vu auparavant. C'était le seul garçon de la soirée qu'elle ne connaissait pas. Il devait avoir trois ou quatre ans de plus qu'elle. Il était grand et mince et avait des cheveux brun coupés court. Il était accoudé au manteau de la cheminée. Elle aimât son allure, sa finesse, sa prestance, son attitude. Bien qu'elle le fixât intensément, il ne prêtait pas la moindre attention à elle. Peut -être qu'il ne la voyait tout simplement pas à travers la pénombre.

Soudain, il quitta son refuge et se dirigea vers la porte du salon. Comme elle gênait le passage, il lui demanda pardon et accompagna la jeune fille dans son mouvement en posant la main dans son dos. A cet instant, elle sut qu'elle était tombée amoureuse, amoureuse pour la première fois de sa vie. Bien que novice en amour, elle comprit que l'instant était rare et précieux et, pour ne pas le gâter, se garda bien d'aller parler au jeune homme. Elle ne voulut pas le connaître, elle préféra qu'il se transforme en souvenir, le souvenir d'un visage, d'une silhouette et la sensation d'une main dans son dos, le souvenir de son premier amour.

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