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21.12.2007
Le dîner de Noël.
En cette période de Noël, les recettes de cuisine fleurissent sur les blogs, dans les magazines, à la télévision. Les livres de cuisine se vendent comme des petits pains de chez Kayser. Hermé s'affiche avec Julie Andrieu (à moins que ce ne soit le contraire), Sophie vend par lots ses best-sellers et toutes les "stars" y vont de leur recette de bûche de Noël à la façon d'un simple Robuchon. Quant à la toute nouvelle trois étoilée du Guide Michelin, Anne-Sophie Pic, elle vous fait croire dans le Journal du Dimanche qu'un dîner Trois Etoiles est à la portée de tous. Certes, les photos de tous ces festins sont magnifiques et très agréables à regarder mais ne rêvez pas, vous n'obtiendrai pas un tel résultat. En effet, un chef ne dévoilera jamais LA vraie recette, il manquera toujours LE petit truc en plus, ce petit truc qui fait que chez le chef ce sera exquis tandis que chez vous ce sera ... bof !
Commençons par l'apéritif : vous avez préparé des cocktails au champagne dans des coupes que vous avez préalablement trempées dans du sirop de couleur et dans du sucre puis mises au congélateur . L'effet est superbe mais ... Et oui, il y a un mais ! Mais l'effet du froid diminue au bout de quelques temps si bien que le sirop se met à dégouliner le long des verres et termine sa descente sur votre kilim. Quant aux amuse-gueule, à force de discuter, ils sont complètement froids. Qu'à cela ne tienne, vous remettez le plat au four mais le champagne commençant à faire son effet, vous oubliez de l'en sortir : tout est brulé !
Il reste quand même tout le dîner ! En entrée, vous avez voulu innover et suivre les diktats de la mode culinaire. Point de dîner réussi sans verrine, vous savez ces petits verres dans lesquels on empile des couches de différentes couleurs et de différentes textures. Vous vous êtes offert pour l'ocasion l'un des nombreux livres de cuisine qui traitent de ce type de plat. Pas de chance, vous n'avez pas acheté le bon : "les recettes ne sont pas bonnes !" c'est d'ailleurs ce que vous donnez comme excuse à vos invités pour expliquer le ratage complet que sont ces verrines au crabe et à l'avocat. Il semblerait que les feuilles de gélatine n'aient pas pris si bien que la mousse d'avocat brunâtre (vous avez oublié bien sur de citronner l'avocat pour qu'il ne noircisse pas !) s'écoule lamentablement sur le crabe et se décompose d'une façon étrange et ragoutante. La prochaine fois, contentez-vous de toasts au foie gras, à condition de ne pas laisser les tranches de pain de mie trop longtemps dans le grille-pain.
Vos invités, qui jusque là n'ont hélas pas mangé grand chose, vont vouloir se rattrapper avec le plat de résistance. Vous avez longtemps hésité entre le traditionnel gigot du dimanche mais, comme cette année, Noël tombe un lundi soir, vous vous êtes rabattue sur le Chapon farci au foie gras et arrosé d'une sauce au champagne. Noël n'ayant lieu qu'une fois par an, vous vous êtes dit : "Cette année, on ne va rien se refuser, on va mettre les petits plats dans les grands et je vais préparer le plus délicieux chapon qui soit à mes invités. Ils en reparleront encore dans dix ans." Pour bien faire, vous avez commandé, un mois à l'avance, votre chapon pour huit personnes chez le meilleur volailler du coin. Jamais il n'avait été aussi aimable avec vous que ce jour là. Et pour cause, quand un mois plus tard vous êtes allée chercher votre commande vous avez manqué vous étrangler tant la note était salée. Et oui, un chapon fermier AOC ça coute bonbons, façon de parler puisque le chapon lui, les bonbons il n'en a plus ! Prévenez votre banquier avant de finir vos courses car il vous reste encore le champagne et le foie gras à acheter. Finalement vous avez tous les ingrédients nécessaires , vous pouvez donc attaquer la recette. Vous préparez tout méticuleusement, mais ... au moment d'enfourner ce pXXXXX de chapon, vous vous rappelez que vous n'avez qu'un four compact, par conséquent, le chapon n'entre pas dans la hauteur ! Votre mari choisit ce moment pour faire un tour dans la cuisine, lui qui n'y passe qu'une fois tous les six moi, et vous assène ses encouragements les plus sincères : "Mais à quoi t'as pensé le jour ou tu as choisi de faire un chapon ? Tu sais pourtant qu'on a un four compact !" Puis, sans vous laisser le temps de répondre et en évitant bien sur de vous secourrir, il retourne voir vos invités et s'empresse de leur raconter vos malheurs, ce qui les amuse beaucoup mais les inquiète aussi quant à la suite de leur dîner. Il ne vous reste qu'une solution : couper le chapon en deux et surveiller la cuisson sans oublier d'arroser la bête, ou plutôt les deux moitiés de bête, de champagne tous les quarts d'heure. Pour la farce au foie gras, ce sera plus difficile : vous moulez deux boules de farce que vous glissez délicatement sous les deux demi-carcasses et vous priez pour que ce soit mangeable. Enfin, le chapon tant attendu est servi à l'assiette (le service au plat est prohibé étant donné l'air pitoyable du chapon scié par le milieu). Vos invités mangent de bon coeur et félicitent la cuisinière : "Fameux ton poulet !" Vous avez le doit de vous rendre dans la cuisine, d'ouvrir la fenêtre et de crier, ça vous détendra. Il vous reste encore le dessert pour vous rattrapper.
Vous avez préparé, avec l'aide de vos enfants, une multitude de desserts différents : bûche roulée à la confiture de fraise, mousse au chocolat, tartelettes aux amandes, soufflés à l'orange et sablés en forme d'étoile ou de lune. Vous avez également acheté une bûche glacée chez Picard et des mini macarons chez Ladurée. Tous ces desserts sont présentés sur la table ou chacun se sert à loisir, tout en buvant une coupe de champagne. Une fois vos invités repus, vous étudiez les restes et constatez que seuls les desserts achetés ont eu du succès, tous les autres sont intacts dans leur plat. Las, vous vous affalez dans votre canapé et vous retenez de ne pas pleurer.
L'année prochaine, c'est décidé : soit vous vous ferez inviter, soit vous commanderez des pizzas !
JOYEUX NOËL A TOUS !!! et bon appétit ...
07:05 Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, dîner, Noël, cuisine
19.12.2007
Alerte à la bombe : ma mère risque d'exploser !
Hier soir, j'ai téléphoné à mes parents. Le ton de ma mère m'a semblé totalement légèrement paniqué. Un évènement incroyable va bouleverser leur vie ce vendredi 21 décembre. Le Père Noël serait-il en avance cette année ? Paco Rabanne aurait-il prédit la fin du monde, ainsi qu'il le fait chaque année ? Ma mère serait-elle à nouveau enceinte ? (bah, avec les nouvelles techniques scientifiques, tout est possible ...) J'attends, le souffle court.
Vendredi, aura lieu le désamorçage d'une bombe retrouvée dans un terrain proche de chez mes parents. Et c'est un évènement ça ma p'tite dame ! Surtout pour ma mère, ce qui explique cette anxiété dans sa voix.
Ma mère a toujours été une anxieuse, mais une anxieuse à la limite de la scizophrénie (c'est peut-être pour cette raison que je ne suis pas très saine d'esprit : les gênes sans doute) et, hélas, avec le temps, cela ne s'arrange pas. Vous me direz, c'est valable pour tous (bon enfin un peu plus pour ma mère quand même !). Avec l'âge, tout devient compliqué et difficile à faire. Tout prend plus de temps : le matin, les retraités vont doucement sur les pattes arrières, il leur faut deux heures pour se préparer quand ils faisaient la même chose en demi heure quelques années auparavant, puis ils font tout en freinant des deux pieds. Ils laissent de moins en moins de place à la spontanéité : ils partent quelques mois dans leur maison de vacances, ils savent six mois à l'avance qu'ils en repartiront le 17 septembre par le train de 7h58 et pas le lendemain et pas par un autre train. Ils pourraient très bien rester en vacances jusqu'à ce qu'ils en aient assez et décider alors ce jour là de partir, mais "non ce serait trop compliqué ! Nous avons vraiment besoin de nous organiser, tu sais."
Vous commencez maintenant à comprendre pourquoi le désamorçage d'une bombe est un évènement majeur !
- La guéguerre qui nous oppose aux Anglais n'est pas terminée : après avoir brûlé la Pucelle à Rouen il y a quelques siècles, il a fallu qu'ils bombardent le Havre, ils trouvaient que les Allemands ne nous en avaient pas encore assez mis plein la gueule. On pensait que c'était fini (quoique certains indices, comme leur refus de l'Euro, auraient quand même dû nous mettre la puce à l'oreille) mais voilà qu'une bombe britannique est retrouvée. Mes parents, habitant sur la falaise, face à la mer, se sentent alors menacés et imaginent leur maison transformée en Blockhaus dans les semaines à venir. Pas rassurant tout ça !
- Les personnes vivant dans le périmètre de sécurité (800 mètres autour de la bombe) doivent avoir vidé les lieux à sept heures du matin. Là, nous abordons deux points qui posent problèmes !
- Le premier est la zone des 800 mètres : si vous habitez à 801 mètres, vous restez chez vous et vous avez le droit de sauter dans le cas ou le désamorçage connaitrait quelques soucis. En même temps, 800 mètres de maisons ça fait beaucoup même pour une grosse bombe de la Seconde Guerre Mondiale : surtout qu'une falaise vient couper la zone des 800 mètres. Pour être touché, il faudrait que l'éclat d'obus passe par dessus une vingtaine de rangées de maisons, deux immeubles et une falaise : ce n'est plus Le Havre, c'est Hiroshima !!! Mais avec Maman, tout est possible, puisqu'elle vous le dit. (Avant, les démineurs faisaient moins de chichis et régulièrement j'assistais à des explosions de bombes au large de la maison qui vibrait un peu et puis c'était fini.)
- Le deuxième problème est l'évacuation à sept heures du matin : et pourquoi pas à minuit pendant qu'on y est. Sept heures, c'est vraiment tôt : le démineur va bosser de nuit ? Ou vont aller les gens à sept heures du matin ? Tout ça ressemble étrangement à l'Exode de 1940 ! Les plus contents sont les enfants qui n'auront pas classe ce vendredi et gagneront ainsi une journée de vacances, mais aussi les personnes agées vivant seules et ayant quelques difficultés à se déplacer : les pompiers les prennent dans leurs bras pour les déposer ensuite dans un car qui les conduit jusqu'à un gymnase ou elles patientent en attendant que le démineur se tue ; elles sont ravies (pas que le démineur se tue, hein, mais que les jeunes pompiers les tiennent dans leurs bras, sur que si elles avaient quelques années de moins ... ), cela met un peu de sel dans leurs vie monotone. Les mécontents sont ceux (ma mère) qui vont devoir se lever encore plus tôt que d'habitude et ceux (encore ma mère) qui craignent que leur maison ne soit pillée, brûlée et mise à sac (c'est bien des méthodes de Saxons ça, ils en parlaient déjà dans La Légende du Roi Arthur !)
Vendredi auront donc lieu une évacuation type Exode de Juin 1940, un désamorçage qui se transformera fatalement en une explosion type Hiroshima, la reprise d'une guerre qui, bien que les manuels d'histoire affirment le contraire, dure depuis bien plus que Cent Ans et des pillages de maisons, le tout à sept heures du matin. Ca fait quand même beaucoup pour Maman tout ça. Mais moi, quand j'entends le ton paniqué de ma mère au téléphone, je n'ai qu'une chose à dire : "Tous aux abris !!!"
08:00 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, bombe
18.12.2007
Comme il est mignon !
Nathalie et Stéphane
ont l'immense joie de vous annoncer
la naissance de leur fille
JULIE
le 18 décembre 2007.
Combien de fois avez-vous reçu ce type de faire-part et combien de fois vous êtes-vous rendue à la maternité avec un joli cadeau de naissance pour le nouveau-né, mais sans fleurs car les fleurs c'est mauvais pour les bébés (c'est écrit dans le manuel du savoir-vivre à la maternité) ? Des tas de fois n'est-ce pas ? Réjouissez-vous, vous allez y retourner aujourd'hui, je vous y enmène.
Ca ne vous arrange pas aujourd'hui ? Votre patron vous a surchargée de travail et la nounou vous a appelée en catastrophe au bureau car vos enfants sont malades ? Oui, mais il n'y a qu'aujourd'hui que c'est possible car demain, mercredi, votre copine rentrera déjà chez elle et comme vous aviez promis d'aller la voir à la maternité ... Pour ne rien arranger, vous n'avez pas pu acheter le cadeau en avance car votre amie a eu l'idée lumineuse d'attendre le jour de la naissance pour apprendre au monde entier le sexe de l'enfant. Remarquez, il y avait une chance sur deux pour que ce soit une fille.
Il ne vous reste donc plus qu'à courrir les magasins ce midi tout en avalant un infâme sandwich. Vous appelez aussi votre mari en urgence pour qu'il récupère les enfants chez la nourrice et les enmène en catastrophe chez le pédiatre. Votre époux vous fait une scène au téléphone car il est en plein rendez-vous professionnel : "Elle n'aurait pas pu accouché un autre jour ta copine ? Je fais comment moi ? " A dix sept heures, vous vous eclipsez discrètement du bureau. Direction la maternité qui, bien évidemment se trouve à l'autre bout de Paris et n'est pas sur la ligne de métro : vous avez trois changements à faire plus un quart d'heure de marche.
Vous arrivez à 17h45, épuisée, frappez et entrez dans la chambre de votre meilleure amie. Son teint oscille entre le gris et le orange pour cause d'anémie, mais cela ne vous empêche absolument pas de vous écrier : "Valérie, comme tu es radieuse ! Tu as l'air fraîche comme une rose. On sent la jeune Maman parfaitement épanouie. Tu me donneras ta recette pour paraître aussi fringante après un accouchement !" Malgré vos compliments d'une sincérité touchante, votre amie s'écroule en larmes dans vos bras. Sur ce, son mari Stéphane, que vous n'avez jamais supporté et réciproquement, s'empresse de vous jeter des regards lourds de reproches au lieu de s'en prendre aux transformations hormonales post naissance. Finalement, Valérie cesse de sangloter et de se moucher bruyamment dans votre chemisier en soie sauvage et vous présente son bébé.
Une règle, ou plutôt LA REGLE : toujours, toujours, toujours s'extasier. "Comme il est mignon ! Il est choux ! Je n'ai jamais vu un bébé aussi beau !" Et ce, même si la boule de chair vagissante qu'on dépose dans vos bras est rouge voire bleue, toute plissée et baveuse. Si vous voulez en profiter pour vous accorder un petit plaisir, vous avez le droit de dire avec un grand sourire : "Comme il est beau, il a l'air tellement intelligent ! C'est tout le portrait de son Papa ! " Le Papa en question ne comprendra pas l'allusion et vous gratifiera en prime d'un sourire reconnaissant. Jubilatoire.
Maintenant, il est temps de remettre votre présent à la Maman qui n'en a cure tant elle est épuisée. Elle dépose la ravissante robe en organdi blanc de chez Bonpoint qui vous a couté la peau des fesses sur le plateau repas graisseux puis vous regarde d'un air las, vous signifiant ainsi qu'il est grand temps de la laisser seule avec son époux et son mari. Mari qui, au passage, vous dira : "Mais quelle idée tu as eu aussi de passer si tard. Tu sais pourtant bien que les visites ne sont plus autorisées à partir de dix huit heures." Alors, ce cher Stéphane vous met de dehors en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.
Vous retournez chez vous, à l'autre bout de Paris. Les trois changements vous font perdre un temps précieux. Quand vous ouvrez la porte de votre appartement, vous êtes bonne à coucher. Aujourd'hui, vous avez donc bossé comme une dingue pour terminer vos dossiers au plus vite, mangé un sandwich dégoutant, dépensé une fortune dans une robe taille trois mois que la petite Julie ne portera que deux fois et passé une heure trente dans le métro afin de voir votre amie qui, finalement, n'avait aucune envie de vous voir tant elle était fatiguée.
L'amitié, c'est beau comme un nouveau-né !
08:00 Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, famille, bébé, maternité, naissance
13.12.2007
C'est l'amour au bureau, waouh, tcha tcha tcha.
Ne jamais mélanger "amour", ou du moins sexe, et boulot.
Sortez avec un collègue : si ça ne marche pas, vous serez immédiatement cataloguée, que ce soit en bien ou en mal, et votre vie professionnelle deviendra alors un calvaire. J'ai toujours scrupuleusement appliqué cette règle et ce dès le lycée puisque je préférais chasser en dehors de l'établissement. Plus tard, j'ai évité de sortir avec mon responsable bien que celui ci rêvat de me voir à quatre pattes sous son bureau, ce qui expliquait certainement mes cinq convocations hebdomadaires. Je n'ai évidemment pas couché avec mon patron, trop vieux, trop moche, trop marié. Je ne suis pas vénale. Et cela m'a évité bien des soucis, excepté avec mon responsable : j'ai perdu mon boulot car je l'ai menacé de révéler à sa femme son comportement à mon égard afin qu'il me fiche la paix.
Vous voulez quand même tenter le coup ? Deux solutions s'offrent alors à vous :
- Ca fonctionne. Vous roucoulez, vous vous mariez ou vous vous pacsez, vous faites deux beaux enfants, c'est le bonheur, les oiseaux gasouillent. Sauf que maintenant, en plus de bosser avec votre conjoint, vous partagez vos nuits, vos week end, vos RTT et vos vacances. C'est devenu l'horreur d'être ensemble vingt quatre heures sur vingt quatre. Il ne vous reste plus qu'à demander le divorce tellement la vie commune est devenue insupportable et comme maintenant il est pénible de bosser avec son ex, vous êtes obligée de démissionner ! Quand je vous dis que ça ne marche pas .
- Ca ne colle pas du tout entre vous. Vous avez couché avec votre charmant collègue du service recouvrement hier soir mais ce matin, lui ou vous, prenez conscience que ce n'est décidément pas le bon numéro que vous avez tiré (façon de parler !). Votre tranquillité est d'ores et déjà foutue. Toute la boite sait que vous êtes une fille facile qui couche dès le premier soir, Gérard s'en est vanté à la machine à café. Vos collègues féminines cessent de parler l'air gêné quand vous prenez place à leur table à la cafétéria. Quant à vos collègues masculins, ils vous voient comme si vous portiez autour du cou un grand écriteau sur lequel serait inscrit, au choix : "grosse chaude, grosse froide, grosse bonnasse, grosse frigide, grosse salope, grosse coincée." Pour les hommes nous sommes toujours une grosse quelque chose. Une fois j'ai même entendu une "grosse maigre". Si, si.
Vous êtes toujours tentée après cette petite démonstration ? Alors soit vous êtes le chef et vous pouvez vous débarrasser de vos amants quand bon vous semble, soit vous avez envie de vous taper le nouveau petit stagiaire . Dans les deux cas, rien à craindre, si ce n'est une accusation pour harcèlement sexuel ! En revanche, ce sont eux qui devraient avoir peur de vous ...
P.S. qui n'a rien à voir avec cette note : mon troisième article pour Ladiesroom est en une. C'est simple, si ça ne va pas en une, je n'envoie rien. Yes, yes, yes !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
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12.12.2007
Good canary.
Hier soir je suis allée au théâtre avec une amie. Je dois reconnaître que cela m'a fait vraiment fait plaisir car
- J'étais invitée ce qui veut dire que bien sûr les places étaient gratuites (avantage non négligeable, surtout pour mon porte-monnaie) et que nous étions très bien placées : en orchestre, oui mais pas trop près, oui mais pas trop loin, oui, vraiment bien.
- Cela faisait un bail que je n'étais pas allée au théâtre.
Quant à la pièce, c'était ..., enfin c'était ... Disons que c'était dérangeant. Si vous êtes déprimé et / ou suicidaire, un conseil : surtout n'y allez pas car, en rentrant chez vous, vous êtes sûr de vous jeter par la fenêtre. La pièce Good Canary, avec Christiana Reali et Vincent Elbaz, mise en scène de John Malkovitch, n'est pas franchement drôle : cela traite d'anorexie, de drogue et d'écrivain, le tout agrémenté d'une bonne dose de suicide. Il y a plus joyeux. Le langage est particulier : "putain, fait chier, ta gueule" rythment tout le texte, ce qui m'a gonflé car je ne vais pas au théâtre pour entendre le langage de la rue. Ca m'a empêché d'entrer véritablement dans la pièce malgré tout le talent de Christiana Réali, sublime de justesse, impressionnante, excellente. Vincent Elbaz, très bon, est malgré tout écrasé par la présence de sa partenaire. Une mention spéciale à Ariel Wiesman, que je n'apprécie d'habitude pas plus que ça : il est juste et semble super content de jouer le rôle du dealer, ce qui me l'a rendu fort sympathique, je dois le reconnaître.
La mise en scène est à l'image de John Malkovitch : bizarre mais néanmoins brillante. C'est ultra moderne et cela réveille le théâtre qu'on a l'habitude de voir, un peu de dépoussiérage fait toujours du bien.
Malgré tout ces talents réunis et les nombreuses pointes d'humour qui ponctuent le texte, la noirceur du sujet est vraiment, pour moi, rhédibitoire. J'aime aller au théâtre pour me distraire et m'amuser et cette pièce n'est vraiment pas faite pour ça. L'affiche, aux couleurs d'Andy Warhol, est un peu trompeuse quand on n'a pas lu comme moi le scénario avant d'y aller : on croit que c'est joyeux alors que ce ne sont que les délires d'une junkie. Faites gaffe, ça défonce ...
09:15 Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, théâtre
11.12.2007
J'ai reçu un prix littéraire !
L'automne est LA saison des prix littéraires : Goncourt, Académie Française, Goncourt des lycéens, Fémina, etc ... Tout le monde y va de son petit prognostic et tout le monde essaie de gagner même si les moyens mis en place sont parfois contestables. Je pense à Amélie Nothomb pour le Goncourt ! Mais ce qui rassure, c'est qu'elle et son éditeur ne l'ont pas emporté au paradis. Cessons, je ne suis pas là pour discuter de la légitimité ou non de tel ou tel auteur primé.
Je suis là pour vous annoncer que moi aussi je suis un auteur au talent reconnu par la profession. Je ne sais pas d'ou je tiens mon talent. Peut-être de l'immeuble ou j'habite.
Vous n'êtes pas sans savoir que j'habite dans le Vème arrondissement de Paris, celui des intellos, celui des sciences, celui de la culture, celui des grandes écoles, celui des grandes facultés, celui des grandes librairies, celui de la recherche. Je m'arrète là, vous avez compris. Cette concentration du savoir attire les intellectuels de toute la planète, d'ou un brassage important de gens venus de tous horizons. Ainsi, mon immeuble est tout à fait représentatif de la population du Vème. Au premier étage, deux chiliens professeurs chercheurs à l'UFR d'espagnol. Le deuxième étage est l'exception qui confirme la règle : pas un seul cerveau au dessus de la moyenne nationale (pfff !) puisque nous avons un représentant du monde de la comptabilité et un spécimen issu du merchandising (un mot à vomir). Au troisième : un médecin chercheur spécialisé dans le virus du Sida. Au quatrième (mon étage !), à ma droite un chercheur en géophysique collègue d'Allègre et à ma gauche un couple de chercheurs en philosophie médiévale allemande (si, si, ç'est possible ! Pour vous situer le niveau, lui vient de remporter le grand prix de philosophie de l'Académie Française, prix remis une fois tous les quatre ans, pour son ouvrage : "Le partage des idées. Etudes sur la forme des philosophies". Ne me demandez pas si je l'ai lu !). Entre les deux, il y a nous, Alex et moi même, un peu perdus mais nous amusant follement quand ma voisine géophysicienne vient me dire d'un air entendu que "les recherches de notre voisin philosophe sont d'un compliqué ! " C'est sur que la géophysique c'est beaucoup plus simple !!!!! Au cinquième étage, des mathématiciens ouzbeks et des chimistes uruguayens, mais pas du mathématicien ou du chimiste de base, du chercheur, du vrai. Au sixième étage, un architecte : on se demande vraiment ce qu'il fait là lui. Tout cela pour vous dire que ma petite famille baigne dans un océan de connaissance qui influe certainement sur nous.
Dans notre appartement (quatrième étage, porte face), point de chercheurs, si ce n'est en pièces de Légo coincées entre deux lattes de parquet. Ici vit, à priori, une famille lambda. Mais parfois les apparences sont trompeuses car derrière cette façade anodine se cache une intellectuelle aux talents reconnus depuis belle lurette, un écrivain, une poêtesse. J'ai nommé : Louise !!! Et oui, moi aussi j'ai eu un prix (y a pas de raison !) et pas n'importe lequel. J'ai reçu un premier prix de poésie.
Ce prix m'a été descerné il y a bien longtemps. Parce que vous croyez que le talent vient comme ça du jour au lendemain, à trente cinq ans, vous ? Non, le talent on l'a ou on ne l'a pas. Le talent, on nait avec. Puis on le travaille, sinon il disparait . De fait, j'ai commencé à écrire toute petite : au CP pour être précise. (ah bon, vous aussi ? ) J'ai travaillé, travaillé. Et un jour, un évènement majeur a révélé mon don. (Ca se passe toujours ainsi.) J'avais huit ans et comme chaque mercredi, ma mère nous enmenait mon frère et moi à la bibliothèque municipale du Havre. Au moment d'enregistrer les livres que nous avions choisis pour la semaine, Maman vit une petite affiche : "Grand concours de Poésie pour les enfants." Une fois rentrés à la maison, nous nous attelâmes à la tâche et rédigeames un poême. J'écrivis un texte qui parlait du printemps. Je me souviens encore de certaines phrases : "Les jonquilles font éclore leur bouton parmi l'herbe tendre et odorante." "Les fleurs renaissent en choeur." La semaine suivante, nous déposames nos oeuvres à la bibliothèque. Les résultats seraient connus d'ici un mois. Le mois se passa, nous oubliames le concours. Mais un matin, un courrier dans la boite aux lettres m'informa que j'avais remporté le concours dans ma catégorie. Je reçus pour récompense le livre "La poésie égyptienne sous l'Antiquité " et un petit diplôme. (et oui, c'est le genre de cadeau que reçoivent les intellectuels de huit ans, vous ne pouvez pas comprendre !) J'étais très fière de moi et j'ai conservé ce poème.
Même Amélie Nothomb n'a pas eu de prix à huit ans ! Alors je ne désespère pas un jour d'en gagner un autre. N'importe lequel, je ne suis pas bégueule. Qu'ils me décernent le prix du meilleur roman de gare me conviendrait tout à fait. Ou alors le prix Harlequin. Ecrire comme Barbara Cartland me satisferait pleinement, surtout au vu du compte en banque de la rose dame de son vivant.
Et vous, quel prix me décerneriez-vous donc ? (Le prix de la mégalomanie, je l'ai déjà reçu !)
PS : quand je retournerai chez mes parents, je chercherai ce poême pour vous le faire lire surr mon blog ensuite.
08:00 Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, prix littéraire, journal intime
10.12.2007
Le bibliothécaire.
Chaque jour la même chose pour Georges Mureau. Il a revêtu un vieux pantalon en velours marron, son éternel gilet en jacquard dont le bas des manches commence à s'effilocher et une chemise en pilou au col toujours boutonné. Il n'a jamais porté autre chose que du pilou car c'est doux et ça tient chaud. Il a chaussé ses chaussures à lacets Méphisto ; il en achète chaque année une paire chez Tavernier, le chausseur de la rue Mouffetard. Juste avant de quitter le petit appartement de la rue de la Clef, il enfile l'imperméable qui avait appartenu à son père onze ans plus tôt.
A huit heures cinquante précises, il passe le porche de son immeuble. S'il lui arrive de croiser un voisin, il se contente de lui adresser un simple bonjour en baissant le regard. Sa mère le lui a répété à maintes et maintes reprises depuis sa naissance : "Georges, ne regarde pas les gens dans les yeux. Soutenir le regard est impoli." Et Georges Mureau, qui a cinquante neuf ans maintenant, n'a pas oublié la leçon et ne regarde jamais les gens quand il lui arrive de parler.
Pour se rendre à son travail, Georges marche pendant sept minutes, pas plus, pas moins. A huit heures cinquante sept, il passe la porte de la bibliothèque de la rue Mouffetard. Il salue rapidement ses collègues, ne s'attarde pas et ne boit jamais de café avec eux. Ses collègues, habitués, n'insistent plus depuis bien longtemps. Ils le laissent seul dans son bureau situé au premier étage. Un petit bureau terne qui lui ressemble, un bureau sans fenêtre et sans âme. C'est là qu'il passe toutes ses journées. Il n'en sort jamais, même pas pour aller aux toilettes. Georges ne va pas à la rencontre du public qui fréquente les lieux, il n'aime pas ça. Il préfère rester enfermé dans la salle grise à répertorier les livres. Il préfère la solitude. Jamais aucun collègue ne vient le déranger pour lui demander un renseignement ou discuter, ils ont fini par ne plus le voir et même l'oublier. Pour son départ à la retraite l'année prochaine, il n'y aura sans doute pas de petite fête comme on en fait habituellement. Qui se soucie de Georges Mureau ? Un nom insignifiant, un homme insignifiant.
Le soir, Georges range méticuleusement stylos, livres et étiquettes, ferme la porte du bureau et quitte la bibliothèque quelques minutes avant ses collègues afin de ne pas avoir à leur parler. Il redescend la rue Mouffetard en direction du primeur ou il achète deux tomates, un kilo de pommes de terre et quatre poires. Il se rend ensuite chez le boucher qui lui vend deux steacks comme tous les mardis. Le mercredi, il achète deux escalopes de veau, le jeudi des saucisses et le vendredi, jour du poisson, toujours du cabillaud. Les commerçants lui demandent parfois des nouvelles de sa mère qu'ils n'ont jamais revue depuis l'accident qui l'a rendue invalide, et Georges répond :
- Elle souffre toujours autant du dos, pauvre Maman. Et le temps est long maintenant qu'elle est alitée.
- Passez lui le bonjour Monsieur Mureau.
- Je n'y manquerai pas, ça lui fera plaisir.
Voici les seules paroles que Georges prononce, les yeux baissés. Juste avant de rentrer chez lui, il fait un saut au Franprix ou il achète des gros sacs de croquettes pour chat. Il quitte la rue Mouffetard et empreinte la petite rue de l'Epée de Bois. Les enfants qui sortent de l'école du même nom chahutent devant lui inconscients de sa présence. Il ne dit rien et poursuit sa route sans esquisser un sourire ou un geste d'impatience à leur égard. Il se contente de passer dans la rue comme dans la vie des gens. Il n'intéresse personne, il est invisible, il n'existe pas.
A seize heures quarante cinq, il entre chez lui. L'appartement est triste est sombre. Point de canapé douillet mais un vieux fauteuil défoncé et tâché dans un coin. A l'autre bout de la pièce, un poste de télévision tellement vieux qu'on s'attendrait à voir Léon Zitrone jeune apparaître sur l'écran. Entre les deux, une table massive en chêne et ses quatre chaises fatiguées prennent toute la place et empêchent de circuler facilement. Une nappe en toile ciré défraichie protège le plateau. Dessus, un vase contenant des fleurs en soie jaunie et des écuelles remplies de nourriture pour chat. Seize chats vivent dans l'appartement. L'odeur d'urine et d'excrément qui règne dans la maison incommoderait n'importe quel visiteur mais Georges ne la sent plus. Il dépose ses courses dans la cuisine aux murs graisseux et ou s'amoncellent les calendriers de la poste, donne à manger aux félins puis va chercher sa mère restée toute la journée dans sa chambre. Ensemble, ils regardent Question pour un champion. Il gagne souvent. Sa mère, qui suit l'émission à son côté, lui répète : "tu devrais t'inscrire, je suis sûre que tu serais sacré champion." Mais Georges préfère jouer depuis la maison. Après les jeux, il regarde le journal régional sur France 3 suivi de l'édition nationale, avant d'aller préparer le dîner pour lui et sa mère. Depuis la cuisine, il lui raconte sa journée de travail, les nouveaux livres qu'il a enregistrés, ceux qu'il va lire, ceux qui l'ennuient. Il débarasse les gamelles des chats et dresse le couvert : le sien en bout de table, celui de sa mère à sa droite, face à la télé.
A la mort de son père, dix ans auparavant, Georges s'est occupé de sa Maman grabataire. Le fils n'avait jamais quitté ses parents, pourquoi cela aurait-il changé au décès de son Papa ? Sa mère a toujours refusé qu'une infirmière s'occupe d'elle et aucune femme censée n'aurait d'ailleurs accepté de le faire, la vieille femme étant beaucoup trop autoritaire et pleine de méchanceté. La mort de son mari n'a rien arrangé. Avant, feu Monsieur Mureau réussissait à tempérer le comportement sadique de son épouse. Mais une fois le mari disparu, la veuve n'eut plus de garde-fou. Georges en fit les frais. Il subit de plus en plus de vexations et se renferma davantage, étouffant doucement mais surement. Le harcèlement dont il était l'objet devint quotidien. Rien de ce qu'il faisait ou disait ne trouvait grâce à ses yeux.
Le soir de ses cinquante quatre ans, Georges s'arréta chez le pâtissier rue Monge, face à la place du marché, pour acheter deux gâteaux. Il choisit deux éclairs au chocolat, les préférés de sa Maman. A son retour à la maison, la vieille femme, d'une humeur exécrable une fois de plus, prit les gâteaux et les écrasa dans l'une des gamelles des chats tout en riant méchamment. Georges n'en put plus. Alors, il alla à la cuisine, se saisit du hachoir à viande et asséna à sa mère dix huit coups sur tout le corps. Il décida ensuite de se débarasser des chairs en les découpant en petits morceaux qu'il donna à manger aux chats. Il décapa les os à l'eau de javel puis les entreposa dans une caisse au fond de l'armoire à linge. Quant à la tête, il choisit de la conserver dans un bocal hermétique rempli d'alcool qu'il acheta dans les différentes pharmacies du quartier. La tête trouva tout naturellement place sur la cheminée de la chambre de la défunte, entre un vieux bouquet de mariée sous cloche et une régule. Jamais il ne voulut s'en débarasser car cette mère pourtant peu aimante avait été la seule personne avec laquelle il pouvait discuter.
Sa vie ne changea en rien. Personne ne s'aperçut de la disparition de Madame Mureau. Jamais l'administration ne se posa la question de savoir si la vieille dame était toujours en vie puisque c'était le fils qui depuis des années s'occupait des formalités administratives, ce qu'il continua à faire après le décès. Le médecin, trop content de n'être plus appelé au chevet de l'horrible patiente, ne chercha pas plus à savoir ce qu'il était réellement advenu d'elle. Le fils venait dorénavant en consultation au cabinet afin de récupérer les ordonnances. C'est ainsi que Georges put conserver la même vie sans être inquiété le moins du monde.
Chaque soir, en revenant de son travail à la bibliothèque, Georges Mureau continue à faire ses courses rue Mouffetard. Il achète toujours deux tranches de viande chez le boucher mais un peu moins de croquettes chez Franprix. Il dépose ses achats dans la cuisine puis va chercher le bocal qu'il dépose doucement sur la chaise, face à la télévision. Il regarde Question pour un champion et la tête lui dit qu'il devrait tenté sa chance un de ces jours, les seules paroles gentilles que sa mère ait jamais dites. Après le journal télévisé, Georges prépare le dîner pour lui et sa Maman, mais cette dernière n'a plus très faim et ce sont souvent les chats qui terminent l'assiette. Vers 21h30, il range la tête sur la cheminée, embrasse le bocal et va se coucher. Il lit un livre qu'il a rapporté de la bibliothèque puis éteint la lumière à 22h30. Demain, il quittera à nouveau l'appartement à 8h50 précises pour être à son travail à 8h57. Si vous traînez dans le coin à cette heure là, vous l'avez sans doute déjà croisé, sans le voir. Si vous voulez faire sa connaissance, demandez donc Georges Mureau à l'accueil de la bibliothèque de la rue Mouffetard ...
07:44 Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : texte bref, nouvelles, Paris, Mouffetard
09.12.2007
L'avenir me le dira.
Ca y est, je suis maintenant plus près des quarante ans que des trente cinq. Je ne fais plus partie des 25-35 mais des 35-40.
Qu'est-ce-que ça fait ? Rien du tout. Je dois dire que vieillir ne me pose pas plus de problèmes que ça. Peut-être est-ce du au fait que je parais moins que mon âge ? On me dit toujours : "tu fais huit ans de moins." Pas sept, pas neuf. Non, huit. Allez comprendre ! Vieillir ne m'embête pas, je préfère être vieille que morte. Quant aux rides, qui doucement mais surement apparaissent sur mon front, on fait amies-amies. J'ai toujours trouvé belles les femmes âgées avec des tas de rides. Certainement parce qu'elles me rappellent mon arrière-grand-mère. Celle ci était toute menue et portait ses longs cheveux blancs relevés en chignon. C'est comme ça que j'aimerais être plus tard : toujours mince, vêtue d'une jolie robe bien coupée dans un beau crêpe de Chine noir, une broche pour seul accessoire et des cheveux surtout pas teints élégamment retenus par quelques épingles.
Vous croyez que j'aurais du succès à la maison de retraite ?
08:00 Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, journal intime
07.12.2007
L'origine de l'homme, l'origine de Louise.
L'homme s'est toujours interrogé sur ses origines. Je ne fais pas exception à la règle. Pour moi, trois théories se complètent. J'affirme que :
- la théorie de l'évolution de Darwin est tout à fait fondée.
- nous sommes tous issus d'Adam et Eve.
- la théorie du chaos s'adapte aussi à l'être humain.
Logiquement, vous argumenterez que si l'on croit à l'évolution des espèces on nie forcément la légende du Jardin d'Eden. Je ne peux que m'incliner devant un tel raisonnement. Pourtant, je vais démontrer que ces deux conceptions sont loin de s'annuler l'une l'autre et qu'elles peuvent même être complémentaires. Une telle démonstration exige un développement dans la plus pure tardition scientifique. Vous qui me connaissez maintenant savez à quel point mon esprit est carthésien, je vais au passage vous en donner la preuve une fois de plus.
I- Louise et le Darwinisme :
J'ai entrepris des recherches généalogiques poussées afin de connaître mes ancêtres. J'ai réussi, en feuilletant les archives de ma mairie à remonter à la première Louise de l'histoire familiale : Mamie Australouipithèque (aucune trace antérieure, puisque qu'avant, c'était encore l'ère du singe !). Dans sa fiche d'état civil, figure même une photo. Je n'y ai décelé aucune ressemblance flagrante : elle a la machoire beaucoup plus saillante que moi, est velue comme un singe (elle n'allait pas souvent chez l'esthéticienne Mamie) et est un peu voutée, si bien que ses membres supérieurs, plus longs que les miens, ont tendance à toucher terre. Mamie Australouipithèque a eu plein d'enfants. Je vous signale qu'elle avait en charge de fonder l'humanité à elle toute seule et qu'en plus la pillule n'existait pas encore. Résultat, je peux vous dire que ça y allait dans les fourrés, elle n'avait pas froid aux yeux ma grand-mère, ni aux fesses d'ailleurs avec tous ces poils ...
Les enfants de Mamie Australouipithèque se sont appelés Homo Habilouis. Ils ont fabriqué des bricoles pour se faciliter la vie : un couteau électrique pour découper la viande de mammouth ou encore un chauffage au gaz pour se réchauffer dans la grotte les soirs d'hiver. Dans ma famille, on a toujours su se débrouiller : avec des babioles, on fait des merveilles.
Au fil du temps, la famille s'est agrandie et ses membres se sont transformés. Ils ont réglé peu à peu leurs problèmes de dos : un bon kiné, deux trois manipulations et nous nous sommes progressivement redressés. C'est l'âge d'or de Mamie Louiserectus.
Sa fille, Cromalouise, s'est exilée quelques temps du côté de Lasco. Une âme d'artiste ma grand-mère Cromalouise. Elle peignait des fresques tandis que son mari chassait.
Ensuite, mes ancêtres ont poursuivi leur petit bonhomme de chemin jusqu'à nos jours. Je suis donc bien le dernier produit de l'évolution selon Darwin.
II- Louise au Jardin d'Eden :
Imaginez vos parents faire l'amour. Beurk ! Oui, ça nous fait tous ça. Impossible d'y penser sans dégoût. Et pourtant, ils l'ont bien fait, sinon nous ne serions pas là. Mes parents l'ont fait deux fois dans leur vie : une fois pour mon frère et une fois pour moi. Oui, c'est tout, puisque je vous le dis.
Le 7 mars 1972, Papa a croqué la pomme. La pomme, façon de parler, car il en faut un peu plus pour faire craquer un homme en cette période post-soixante-huitarde. Maman avait tout prévu : elle était allée faire un peu de shopping ce jour-là. Elle a ramené une guêpière. (Imaginer sa mère copuler est déjà pénible mais l'imaginer en guêpière est tout simplement traumatisant). Le soir venu, deux trois battements de cil de Maman et Papa croquait la fameuse guêpière. Neuf mois, plus tard, le 7 décembre 1972, Maman enfantait dans la douleur (la péridurale n'existait pas encore et au Jardin d'Eden on l'avait mise en garde à ce propos).
Adam et Eve n'ont pas eu trois fils, Caïn, Abel et Seth, mais une fille, moi, Louise. Comment ça vous ne le saviez pas ?
III- Louise et la théorie du chaos :
La théorie du chaos affirme que le battement d'aile d'un papillon au Chili peut provoquer un tsunami à Hawaï.
Il a suffi d'un battement de cil de ma mère le 7 mars 1972 pour qu'un raz de marée surnommé Louise déferle sur la blogosphère trente cinq ans plus tard.
Q E D.
08:00 Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, journal intime, anniversaire
06.12.2007
Classique un brin déjantée.
Classique un brin déjantée, peut-être est-ce la définition qui me correspond le mieux en fin de compte.
Classique dans ma façon d'écrire. Classique dans la forme, puisque j'essaie d'organiser mes textes ainsi qu'on me l'a appris : une introduction qui pose la problématique, un développement structuré et une conclusion qui, dans la mesure du possible, ouvre de nouvelles perspectives. On n'a rien inventé depuis. Mais légèrement déjantée dans le choix de mes sujets, n'hésitant pas à me mettre à la place d'un banc ou d'un enfant en bas âge.
Le choix de mes tenues reflète cette ambivalence. Depuis mes quinze ans, je porte à peu de choses près les mêmes vêtements : manteau droit s'arrêtant au dessus du genou, pantalon cigarette en hiver, large et fluide comme volant au vent en été, pull près du corps col roulé en hiver, encolure bateau en été, escarpins à talons en toute saison, bottes cavalières en hiver, sandales à talons ou mocassins style Tod's en été. Je sais que cela correspond parfaitement à ma silhouette (l'avantage de vieillir est qu'on sait ce qui nous convient, ce doit être cela la maturité), pourquoi changer ? Au niveau des couleurs, le même classicisme est de rigueur : j'aime le noir, le bleu marine, les beiges, les gris, les marron, le blanc cassé en hiver, le blanc pur en été. De temps à autre une tâche de rouge par le biais de chaussures ou d'un sac. Pas d'imprimé ni d'écossais. Les seuls motifs que je tolère sont les rayures, j'ai un faible pour les pulls marinière, mais davantage Sonia Rykiel que Leminor. Et pourtant, derrrière ce style classique sportswear plutôt sophistiqué, se cache parfois un grain de folie.
Il y a une dizaine d'années, je flânais dans le déjà fabuleux rayon chaussures des Galeries Lafayette. Au détour d'une allée, j'aperçus une paire de boots à talons Free Lance. Qui dit Free Lance dit chaussures souvent délirantes, couleurs flashy, talons avant-garde et je dois reconnaître qu'habituellement ce n'est pas trop ma tasse de thé. Sauf que là, ça a été le coup de foudre immédiat entre ces magnifiques bottines et moi. Qu'avaient-elles donc de plus que les centaines d'autres paires de chaussures voisines ? Elles étaient en python beige et, à l'époque, du python biege il n'y en avait pas beaucoup et très peu de clientes osaient les porter. Je les ai regardées admiratives. Je les ai retournées pour en connaître le prix : 2100 francs, ça m'a brulé les doigts, j'ai dû les reposer. C'était extrèmement cher à l'époque, parmi les paires les plus couteuses du magasin. Allons Louise, ne rêve pas, elles ne sont pas faites pour toi. C'est avec un pincement au coeur que je suis rentrée à la maison.
Je n'ai plus alors pensé qu'à ces bottines, pendant une semaine. N'y tenant plus, je suis finalement retournée les chercher. Jamais je n'avais acheté de chausssures aussi chères de toute ma vie. La nuit suivant l'achat, j'ai très mal dormi, c'était bien au delà de mon budget, j'avais quelques remords. Même Alex a du me réconforter. Il m'a remonté le moral en me disant que j'avais bien fait et qu'elles étaient superbes.
Pas du tout le style santiag en python à la Dick Rivers ! Une ligne superbe, un coup de pied splendide, une hauteur parfaite, un bout pointu juste comme il faut, un cuir somptueux, rock'n roll mais classe, sexy mais pas pouffe. Elles et moi, après nous être apprivoisées mutuellement, ne nous sommes plus quittées. De telles chaussures exigeaient une tenue sobre, stricte et impeccable. Dans la rue, les passants les regardaient d'abord surpris puis dodelinaient de la tête comme pour dire : "excentriques mais superbes". Les jeunes femmes que je croisais tiraient sur la manche de leur petit ami puis désignaient mes bottes d'un regard envieux, envieux de mes bottines mais aussi de mon audace. En effet, la plupart de mes amies reconnaissaient : " c'est vrai qu'elles sont belles, mais moi je n'oserais pas. En tout cas, elles te vont bien." Elles m'allaient tellement bien que je trottais partout avec. La hauteur du talon n'était pas un obstacle à mes promenades parisiennes. Mais ça c'est le propre des chaussures de luxe. Essayez de marcher avec des chaussures à talons bon marché, vous n'irez pas loin. Vous aurez très rapidement mal aux mollets, au dos et bien sûr aux pieds. Vous n'aurez qu'une envie, les quitter au plus vite pour enfiler des Charentaises. Au contraire, chaussez des escarpins de très bonne qualités, vous volerez. C'est ce qui s'est passé avec mes boots. J'en ai parcouru des kilomètres avec eux, jusqu'à les user, jusqu'à les tuer.
Un jour, au bout de six longues années de bons et loyaux services, le talon gauche m'a lachée. J'ai tenté de faire mettre un nouveau talon par le cordonnier, mais le résultat fut catastrophique. Alors j'ai téléphoné à toutes les boutiques Free Lance de France et de Navarre pour savoir s'il ne leur en restait pas une paire au fond d'une réserve. Peine perdue. J'ai même appelé l'usine de Fougères. Résultat nul. C'en était bien fini. Depuis, je pense à elles régulièrement et tous les automnes je retourne voir chez Free Lance rue du Four si par le plus grand des hasards ils n'auraient pas eu l'idée de réediter ce modèle. En vain. Mais je ne désespère pas : peut-être en 2008 ? Pas un peu timbrée Louise ? Oh, juste un poil déjantée.
08:00 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, journal intime, bottes, mode