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31.10.2007

Arcimboldo pour de vrai.

Vous connaissez tous Arcimboldo. Le nom ne vous dit rien mais vous avez tous vu ses oeuvres. C'est ce peintre de la Renaissance qui a peint des personnages avec des fruits, des légumes ou encore des animaux. Ses plus célèbres oeuvres sont Le Printemps, L'Eté, L'Automne et L'Hiver. Rappelez-vous, toute votre enfance on vous a montré ses toiles. Même dans la classe de mon fils, qui n'est pourtant qu'en moyenne section de maternelle, les quatre saisons sont affichées.

Cet automne, le Musée du Luxembourg propose une exposition des oeuvres d'Arcimboldo. J'ai donc pris Henri sous mon bras et l'ai enmené découvrir ces toiles "pour de vrai", comme il dit.

Cela fait toujours un drôle d'effet quand on voit "pour de vrai" les toiles qu'on a découvertes plus jeune dans les manuels d'histoire et de littérature. Allez voir le Sacre de Napoléon par David au Louvre, vous comprendrez exactement ce qu'on peut ressentir. On est tout petit, on admire et on n'oublie pas de fermer la bouche.

Alors, "pour de vrai", j'ai vu les quatre saisons, les éléments (La Terre, Le Feu, L'Air, L'Eau), Flore, les tableaux vice et versa du Maître et je n'ai pas été déçue. Ils ont la taille à laquelle on s'attend. (Pas comme La Joconde qui semble à tous minuscule la première fois qu' on l'admire ).

Je me suis rappelée mes cours de dessin sur ce thème avec Madame S. qui avait eu l'idée à cette occasion de composer des "oeuvres" à la manière d'Arcimboldo mais en collant sur un grand carton des bonbons à l'aide de caramel. Nous avions mangé davantage de bonbons que nous en avions collés, bien évidemment.

Henri a beaucoup aimé La Mer avec ses multiples poissons et crustacés. Nous avons également découvert une ravissante tortue faîte à partir d'une véritable carapace et d'argent et issue du cabinet de curiosités des Habsbourg.

En sortant, j'ai acheté une brochure sur l'exposition qu'Henri s'est empressé de montrer à sa maîtresse. Il était fier de raconter à ses camarades que les quatre saisons, lui, les avait vues "pour de vrai".

 

Arcimboldo, Musée du Luxembourg. Il est préférable d'acheter vos billets en avance ou de réserver si vous vouleez éviter les trois heures de queue. Avec des enfants, allez-y une demi-heure avant l'ouverture, vous éviterez la cohue. Les poussettes sont interdites.

30.10.2007

Le rat.

Alex a un cousin, Raphaël, du même âge que nous. Plus jeunes, nous faisions partie de la même bande. Etant tous étudiants, nous ne roulions pas sur l'or. Lorsqu'on organisait une petite fête, nous faisions une collecte puis allions faire les courses tous ensemble. Les pâtes étaient bien sûr la base de notre alimentation lors de ces soirées de grande libation.

Un soir, la fête avait lieu dans l'appartement de Raphaël. Nous avons déposé nos courses chez lui vers seize heures puis sommes rentrés chacun chez nous afin de nous préparer. Rendez-vous était pris à vingt heures.

Dans notre bande, c'étaient les garçons qui préparaient les pâtes. A vingt et une heure, après un premier apéritif, Alex et un ami décidèrent de s'attaquer aux spaghettis. Ils mirent l'eau à bouillir. Au moment de sortir les pâtes, quelle ne fût pas leur surprise de constater que les Barilla s'étaient évaporées. Point de boîtes bleues mais des sachets de pâtes Premier Prix. Alex, naïvement, se tourna vers l'assistance :

" La caissière s'est trompée, elle a échangé nos Barilla contre ces trucs dégueulasses." dit-il en désignant du doigt les sacs de courses.

Raphaël affirma qu'on s'en moquait, "Barilla ou Premier Prix, ce sont toujours des pâtes."

Mais Alex, qui venait de recouvrer toutes ses facultés mentales, ouvrit la porte du placard de la cuisine ou nous découvrîmes les paquets de Barilla parfaitement rangés. Raphaël était tellement rat qu'il avait eu l'idée d'échanger ses pâtes à bas prix contre les Barilla qu'avaient achetées ses amis. Il n'y a pas de petit profit.

29.10.2007

Le dermatologue.

Cet été, Alex et moi avions chacun un grain de beauté à faire enlever, lui à l'arrière de la tête, moi au bas du ventre. Nous avons pris nos rendez-vous pour le même jour et sommes donc allés ensemble à nos consultations respectives. Dans la salle d'attente pleine, que des patients de plus de quatre vingt ans. Nous nous demandons si nous ne nous sommes pas trompés de cabinet, cela ressemble davantage à un service de gériatrie. Nous prenons un journal et attendons patiemment notre tour.

Au bout d'une demi-heure, le docteur vient nous chercher. Nous entrons dans son cabinet. Le médecin a dépassé l'âge légal de la retraite. On nous a prévenus, l'homme n'est ni bavard, ni rigolo, plutôt austère.

Alex passe en premier, il suit le toubib dans une petite pièce contiguë au bureau. L'opération ne prend qu'un quart d'heure, le médecin n'a pas ouvert la bouche.

Vient mon tour. Je lui expose la raison de ma visite. Il me demande de soulever mon pull. Je m'exécute. Il regarde le bouton à enlever et se montre perplexe. " Déshabillez-vous complètement" me dit-il, je vais examiner vos autres grains de beauté. Et tandis qu'il m'examine, le voilà qui se met à parler, parler, parler. On a l'impression qu'il revient d'un tour du monde à la voile en solitaire. Et puis, il commence à blaguer et à rire. On est copains comme cochons. Dans la pièce voisine, Alex qui peut l'entendre par la porte entrebaillée n'en revient pas. Ce n'est plus le même homme. L'assistante du toubib est médusée. L'examen va durer vingt cinq minutes. Le docteur fait du zèle.

Finalement, il accepte d'oter le bouton indésirable. Je reste encore allongée vingt minutes. Pendant l'opération, il s'arrète un moment et me regarde : "ouh la la, qu'est-ce-qu'il fait chaud aujourd'hui, vous ne trouvez pas ?" et joint à la parole un geste de la main imitant le mouvement d'un éventail. Je lui réponds : " Docteur, ça fait quarante cinq minutes que je suis allongée toute nue sur votre table et il fait dix sept degrés à tout casser dans cette pièce. Non, je n'ai pas vraiment chaud."

J'entends Alex pouffer de l'autre côté de la cloison. Le docteur termine de recoudre sans que sa conversation tarisse.

Je me rhabille et nous rejoignons Alex. Le dermatologue semble transformé, c'est un homme neuf. Il nous fait ses recommandations et nous donne deux nouveaux rendez-vous afin de vérifier la cicatrisation puis d'enlever les fils.

Il nous raccompagne jusqu'à la porte de sortie toujours en plaisantant. L'assistante et la secrétaire ont l'air héberlué. Le docteur nous dit au revoir et retourne à son cabinet soigner ses petites mamies qui patientent depuis maintenant une heure trente. C'est fini, il ne reparlera plus ... jusqu'à lundi, date de mon prochain rendez-vous.

28.10.2007

Le retour de bâton.

Bien que parisienne, certaines manies de mes congénères m'insupportent lorsque je me rends en Province.

  • Le Parisien sait tout sur tout. Il fait un exposé grandiloquent aux pêcheurs de bar du Raz de Sein, leur expliquant comment mettre l'appât et lequel. Il donne un cours sur la chasse au sanglier aux Solognots. Bref, il emmerde tout le monde et démontre par A + B qu'il n'y connait vraiment rien.
  • Le Parisien a le droit parce qu'il paie. Bonjour, merci, au revoir ? Il ne connait pas.
  • Le Parisien en vacances s'habille comme un parisien en vacances. S'il va sur la côte atlantique, il est tout de jaune (ciré Guy Cotten rutilant) et bleu marine vétu (bottes Aigles scintillantes et pull Armor Lux rayé qui gratte). Une vraie panoplie de marin du dimanche. Ca sentirait presque la naphtaline. S'il va en Sologne, tenue intégrale Barbour. Parfois, la parisienne oublie qu'elle est en province et affiche un look qui, s'il ne dépare pas outre mesure rue des Saint-Pères, la fait passer pour un indien quand elle se promène le samedi matin au marché de Ploubahinec. Maryvonne Lequerrou ne sait pas apprécier à leur juste valeur les nouveaux codes vestimentaires parisiens. Enfin, tout le bourg en parlera encore dans dix ans.
  • Avertissement aux Parisiens du très clinquant, m'as-tu-vu, parvenu VIIIème arrondissement de Paris : pitié, ne quittez pas les enclaves que sont Deauville et Courchevel  quand vous  partez en vacances en province. Je n'ai aucune envie de voir vos immondes manteaux en renard bleu et vos vingt bagues (deux pour chaque doigt) de quarante carat chacune, dans mon petit port de pêche finistérien. Et après, on s'étonne que les provinciaux ne nous aiment pas.

27.10.2007

A la une !

J'ai découvert le site http://www.ladiesroom.fr/ .

C'est un magazine féminin sur le net. Le principe est simple : ce sont des bloggeuses et uniquement elles qui en écrivent les articles. Les messieurs ne sont autorisés qu'à le lire ... c'est déjà pas mal. On y parle de tout avec légèreté.

Le concept me séduisant, j'ai tenté ma chance en leur envoyant la note qui vous a tant plu : "Manuel de survie à l'attention de mes futurs invités". J'ai posté mon article jeudi matin vers 11 heures et il est paru l'après-midi même et à la une s'il vous plait, une qu'il n'a pas quittée depuis. A défaut d'être le début de la gloire, ça fait vraiment plaisir.

Alors, si vous ausi voulez partager vos notes, foncez. Commentaires et lecteurs vous y attendent.

Dépêchez-vous d'aller voir, mon article ne va pas rester en une éternellement !

Provinciaux, bande de ploucs !

Depuis que je suis devenue parisienne, des petites choses m'agacent lorsque je viens passer quelques jours chez vous, en Province.

  • Vous n'aimez pas les parisiens. Aux inévitables "Parisien tête de chien, parigot tête de veau " que vous vous sentez obligés de nous ressortir à chaque fois que l'on vous dit "j'habite Paris", je répondrai que les parisiens sont essentiellement des provinciaux reconvertis.  Nous sommes tous frères, yé !
  • Evitez de rayer ma voiture quand je rends visite à ma famille en Bretagne, simplement parce qu'on peut lire le chiffre 75 sur la plaque d'immatriculation. S'il vous plait les Corses, ne vous sentez pas non plus obligés d'y mettre quelques bombes. (Je rigole ! Vous n'allez pas faire sauter mon blog pour si peu, hein ?)
  • Ne me tapez pas dessus quand je vais assister aux Gras à Douarnenez.
  • Dans les boulangeries, faîtes en sorte qu'on puisse acheter du pain au delâ de dix heures.
  • Dans les restaurants, laissez-nous déjeuner même passé 13 heures et dîner même passé 21 heures.
  • Ne mélangez pas tout : ce point s'adresse tout particulièrement aux anciens banlieusards qui sont partis s'installer en province et qui me disent toujours : "moi aussi j'ai habité Paris."  "Ah bon, ou ça dans Paris. " "A Aulnay-Sous-Bois." LE parisien habite dans le 75 ! et non dans le 93, le 94 ou le 92 !!!! Il y a une grande différence entre un parisien intra-muros et un habitant de Plaisir ou de Compiègne. Le premier habite Paris, le second en banlieue parisienne et le troisième vit, comme vous, en province. Alors quand vous dîtes "la qualité de vie à Paris, quelle horreur !" Le parisien vous répondra : "je n'ai pas besoin de voiture, j'ai absolument tout dans un rayon de 250 mètres autour de chez moi (commerces, parcs, médecins, administrations, musées, spectacles), je fais tout à pieds. Le RER ? Connais pas ! " 
  • Arrêtez de nous prendre pour des imbéciles incapables de compendre quoi que ce soit. Les Marseillais, pas de "couillon " intempestif s'il vous plait, c'est vexant à la fin.
  • Arrêtez d'augmenter vos prix sous prétexte que nous sommes parisiens. A Honfleur, le macaron est deux fois plus cher que chez Ladurée mais deux fois moins bon.
  • A force de vouloir vendre vos maisons aux riches parisiens, vous videz votre Ile de Ré de sa population d'origine. Vos enfants ne vous diront pas merci quand ils voudront s'installer sur votre île ou dans vos belles régions françaises. Les prix au Shopi de La Couarde ont tellement augmenté pour cause de parisiens en vacances (ne mettez pas tout sur le dos du prix du passage du pont), que vous êtes obligés de passer ce fameux pont et de faire trente kilomères pour vous ravitailler à un prix correct au Carrefour de La Rochelle. Est-ce bien le meilleur calcul ?

Je concluerai pas cette citation de mon cru :

"L'appât du gain est plus fort que la haine du Parisien."

 

26.10.2007

Aujourd'hui, je divorce.

Avez-vous lu ces derniers temps une information concernant le mariage en Allemagne. Les Allemands, afin de faciliter les procédures de divorce ou plutôt d'en supprimer tout simplement un bon nombre, voudraient mettre en place un mariage d'une durée limitée à sept ans, reconductible. Il s'agirait d'un MDD : Mariage à Durée Déterminée.

N'étant pas concernée par ce MDD car résidant en France et mariée depuis plus de sept ans, donc sous le régime de la Durée Indéterminée, je me demandais s'il ne serait pas possible de créer un DDD, c'est-à-dire un Divorce à Durée Déterminée.

Je vous expose mon problème : Alex et moi nous sommes disputés aujourd'hui, il est parti fâché au travail tandis que je boudais (c'est un fait dans les relations homme-femme, les hommes se fâchent toujours, les femmes boudent). Mais ma bouderie a pris des proportions inhabituelles. J'ai ruminé, j'ai ressassé. Tous les défauts d'Alex me sont apparus en plein jour. J'ai fait la liste de ses tares. J'ai même songé à découper ses pulls, crever les pneux de sa voiture et jeter ses sous-vêtements par la fenêtre. J'en suis arrivée finalement au point de non-retour. Une seule solution s'offre alors à moi : demander le divorce.Je sais que ma bouderie ne durera pas éternellement. Je demande donc à divorcer pour une durée déterminée.

Avant d'engager une telle procédure, il faut évaluer la durée qui m'intéresse. Réflêchissons : demain c'est dimanche, les magasins seront fermés, je serais mieux avec ma petite famille. Allons-y pour un divorce de vingt quatre heures. Je me rends à la Poste (cette procédure se fait à la Poste, plus besoin de se rendre dans les tribunaux engorgés, plus besoin d'avocat). Je remplis un formulaire rose (bleu pour les messieurs) et demande au guichetier de le tamponner. Découvrant une toute fraîche et toute nouvelle célibataire sur les rangs, il en profite pour me draguer tout en vérifiant que j'ai bien répondu à toutes les questions qui m'ont été posées. Il s'arrête :

"Avez-vous des enfants, Mademoiselle ?" (en m'appelant ainsi, il souligne mon nouveau statut.)

"Oui, deux."

"Alors, il faut que vous précisiez qui de vous ou de votre mari va en avoir la garde."

Je réflêchis à la douloureuse question. Les enfants sont toujours brisés par le divorce de leurs parents. Nous ne manquerons pas de les enmener à la consultation hebdomadaire chez le pédopsychiatre qui nous confirmera la destructuration psychologique de nos deux fils suite aux multiples disputes de leurs parents. Henri va développer des tocs, Franz sera couvert d'eczema purulent. Afin d'épargner ce calvaire à mes deux fils, je choisis de me sacrifier et préfère confier leur garde à leur père. Je coche donc la case : "Le Papa" à la question : "Qui élèvera les enfants ?" Ayant opté pour le divorce à la journée, le problème des week-end et des vacances ne se pose pas.

Voilà, c'est fait, je suis divorcée jusqu'à ce soir et comme j'ai refilé les enfants à mon ex (il me faut l'appeler ainsi dorénavant), je vais en profiter pour dépenser ma pension alimentaire au Bon Marché, puis j'arroserai ma nouvelle vie avec les copines.

Au fait, j'y pense, a-t-on le droit de draguer quand on est en DDD ? Car j'ai repéré un petit mignon au rayon Balthazar qui m'a l'air d'être lui aussi un tout nouveau célibataire à Durée Déterminée. C'était certainement écrit dans les petites lignes à la fin du fascicule mais j'ai omis de les lire. Je verrai ça lors de mon prochain divorce.

25.10.2007

J'aurais envie.

Il est huit heures, je me réveille et je réfléchis. J'aurais envie de

  • faire la grasse matinée.
  • lire une pile de magazines confortablement installée dans mon canapé.
  • prendre un grand bain.
  • lire une journée entière dans mon lit tout en buvant du bon thé chaud.
  • regarder des émissions idiotes à la télévision.
  • révasser.
  • paraisser.
  • traîner en pyjama dans la maison.
  • ne rien faire.
  • m'ennuyer.

Mais Henri et Franz se réveillent à leur tour.

"Maman, qu'est-ce-qu'on fait aujourd'hui ?"

La journée ne fait que commencer mais déjà c'est rapé.

24.10.2007

Chérie, je vais mourir !

Huit heures du matin. Le réveil sonne, je me lève et commence à préparer le petit déjeuner. D'habitude, Alex me rejoins et m'aide à installer la table mais aujourd'hui, rien. Je retourne alors dans notre chambre et, tandis que j'allume la lumière, j'entends des vagissements. Oui, oui, ce sont bien des vagissements que j'entends. Et au milieu, des bribes de phrases :

"Pas bien... malade... température... hyper mal ".

Ca y est, c'est reparti. Alex va mourir une fois de plus.

"Touche mon front, je crois que je suis brûlant."

C'est moi qui bous à l'intérieur mais c'est lui qui a chaud, allez comprendre. Je dépose ma main sur son front.

"Je n'en sais rien, prends ta température".

Je vais lui chercher le thermomètre et le lui tends.

Alex : "Tu ne m'as pas apporté celui des enfants, qu'on met dans l'oreille ?"

Louise : "Les piles sont usées".

A : "Mais moi, je fais comment ?"

L : "Bah, tu fais comme tout le monde Alex, tu baisses ton pantalon, tu le mets dans tes fesses et tu attends une minute."

A dépité : "Ah. Tu ne voudrais pas aller acheter des piles Louise ?"

L radieuse : "Franprix est fermé à cette heure là, c'est tout à fait impossible".

Une minute plus tard, le thermomètre affiche 38°5.

A : "Je te l'avais dit Louise que je n'allais pas bien du tout".

L : "C'est sûr que passé 38°4, on est à l'article de la mort".

Alex a été particulièrement pénible pendant deux jours :

" Donne-moi mes médicaments. Apporte-moi mon journal. Chut, fais moins de bruit, ça résonne dans ma tête. La soupe est trop chaude, je vais encore avoir une suée. Touche mon front, je crois que la température ne tombe pas malgré les trente doliprane que j'ai ingurgités. Tu t'en fous que je meurre. "

Finalement, Alex a lutté "courageusement" pendant deux jours. L'Ankou a repris sa faux et est reparti les mains vides.

 

Une autre fois, il a fallu appeler de toute urgence S0S Médecin parce qu'Alex avait du sang dans les urines. Il a alors fait pipi dans un verre et c'est vrai que c'était tout rouge. Sans doute les symptômes d'un cancer de la prostate.

Le médecin a fait un test pour vérifier que c'était bien du sang. Négatif. Alex avait simplement mangé des betteraves le midi !

23.10.2007

Manuel de survie à l'attention de mes futurs invités.

Tandis que je lis, avec quelques difficultés, il me faut l'avouer (mon unique année de philosophie est hélas loin derrière moi), Le Manuel de survie dans les dîners en ville (ne vous fiez pas au titre, c'est ardu) des brillants philosophes Sven Ortoli et Michel Eltchaninoff, sur les conseils avisés d'un de mes lecteurs, une idée de note me vient à l'esprit : écrire en quelques lignes un manuel de survie à l'attention de mes futurs invités.

Le propos est évidemment moins philosophique (moi, à part la philosophie de comptoir ... Il n'est point question ici de chien situationniste (?) ou de principe de Popper, depuis mon 3/20 lors d'un exposé sur L'Existentialisme, j'ai compris que la philosophie n'était vraiment pas pour moi) mais peut-être plus humoristique. Ne vous méprenez pas, je ne remets aucunement en question le côté drôle du manuel original, je me délecte au contraire de leur second degré. Je conçois seulement un bref manuel que tous mes invités se devront d'apprendre par coeur si :

  1. ils veulent rentrer vivants chez eux.
  2. ils veulent être réinvités à la maison.

 

  • La première chose quand vous êtes invité chez moi, c'est d'arriver à l'heure. Bonnemine, que vous connaissez tous maintenant et qui a la facheuse habitude d'arriver la gueule enfarinée avec deux heures de retard, est interdite de séjour. C'est pour l'exemple.
  • Merci de m'offrir un bouquet de fleurs (j'adore les pivoines), cela va de soi. C'est moi qui cuisine (Alex risquerait de vous empoisonner), il est donc normal de me remercier. Pas de palmier qui font la taille du salon, ni de cactus, je les ai en horreur. Si vous amenez du vin à Alex, choisissez un bon Bordeaux plutôt qu'un vulgaire rosé, cela nous évitera le mal de crâne. Sachez que j'apprécie toujours autant le champagne.
  • Quelques règles de base qu'il est toujours utile de rappeler : pensez à manger la bouche fermée. / N'accaparez pas la conversation, laissez les autres s'exprimer. / Cessez de dire : "Et bien moi je , selon moi je, moi je ". Mais oui, tout le monde sait que vous, c'est toujours mieux.
  • Ne ramenez pas vos photos de vacances : Jean-Claude et sa bedaine en Tunisie, Jean-Claude et sa bedaine dans un souk, Jean-Claude et sa bedaine sur un dromadaire, Jean-Claude et sa bedaine par dessus son maillote de bain. C'est long, c'est pénible et la bedaine de Jean-Claude coupe l'appétit à tous les invités.
  • Ne parlez pas de vos enfants : des enfants, j'en ai deux, ça me suffit amplement et ce sont les seuls que je supporte. Je me fous complètement de vos gosses, de leurs beaux dessins, de leurs magnifiques vélos et de leurs extraordinaires cacas.
  • Evitez les discussions santé : vous avez un cancer, certes je suis ravie pour vous, mais la description en long, en large et en profondeur de votre colonoscopie m'empêche de bien digérer mon saumon à l'oseille.
  • Epargnez-nous la liste de toutes les catastrophes et horreurs que vous avez vues au journal télévisé cette semaine : non, on ne parle pas du petit Etienne agé de six mois, atteint de mucoviscidose, abandonné par sa mère dans une benne à ordure, battu par son père alcoolique, violé à la DASS et écrasé par un camion.
  • Vous souhaitez parler culture, alors évitez de me dire d'un ton pédant : "Le Requiem de Fauré est mon Requiem favori." car je vous demanderai alors : "Quels sont les autres requiems que vous aimez ?" Ce à quoi vous répondrez : "Bah, heu, j'sais pas, j'en connais pas d'autre ".  Un petit conseil : quand tu passes pour un con, passes vite.
  • Vous avez le droit de putasser : tous les invités adoreront. Sauf si, étant la toute nouvelle femme du copain d'Alex, vous putassez sur l'ancienne épouse qui se trouve être mon amie. Dommage.
  • Le bon dîner et les bons vins font leur effet, les esprits s'échauffent. Vous allez parler sexe : qui couche avec qui, qui saute qui. Comme les putasseries, le sexe est un sujet qui fédère. Mais essayez d'être léger, d'en parler finement et avec un minimum d'humour. Les grossièretés et les lourdeurs sont prohibées. (Elles sont tolérées uniquement dans un contexte décalé).

 

  • Enfin, si vous me voyez bailler, après le digestif, partez, j'ai envie de dormir. 

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