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02.07.2008
Le souvenir.
La soirée battait son plein. Elle connaissait tous les invités, parlait à droite, à gauche, dans le grand salon débarrassé de ses meubles afin de laisser place aux jeunes danseurs.
Elle venait tout juste d'avoir seize ans. Elle était ravissante dans sa robe noire ornée d'un joli noeud en moire changeante. Rapidement, quelques jeunes garçons entourèrent la jeune fille aux joues rosissantes de plaisir. Elle dût danser avec tous. Elle s'amusait beaucoup à passer ainsi de cavalier en cavalier. Certains eurent aimé qu'elle restât dans leurs bras un peu plus longtemps que ne l'exigeait la danse, mais elle était assez fine pour savoir s'esquiver à temps sans toutefois les vexer. Ils la quittaient alors avec un sourire complice et attendri, se promettant de tenter leur chance un peu plus tard dans la soirée.
Fatiguée d'avoir trop dansé, elle s'adossa contre le chambranle de la porte du salon et considéra les jeunes garçons et filles qui gesticulaient en riant. De l'autre côté de la piste improvisée elle l'aperçut. Elle ne l'avait jamais vu auparavant. C'était le seul garçon de la soirée qu'elle ne connaissait pas. Il devait avoir trois ou quatre ans de plus qu'elle. Il était grand et mince et avait des cheveux brun coupés court. Il était accoudé au manteau de la cheminée. Elle aimât son allure, sa finesse, sa prestance, son attitude. Bien qu'elle le fixât intensément, il ne prêtait pas la moindre attention à elle. Peut -être qu'il ne la voyait tout simplement pas à travers la pénombre.
Soudain, il quitta son refuge et se dirigea vers la porte du salon. Comme elle gênait le passage, il lui demanda pardon et accompagna la jeune fille dans son mouvement en posant la main dans son dos. A cet instant, elle sut qu'elle était tombée amoureuse, amoureuse pour la première fois de sa vie. Bien que novice en amour, elle comprit que l'instant était rare et précieux et, pour ne pas le gâter, se garda bien d'aller parler au jeune homme. Elle ne voulut pas le connaître, elle préféra qu'il se transforme en souvenir, le souvenir d'un visage, d'une silhouette et la sensation d'une main dans son dos, le souvenir de son premier amour.
06:00 Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : amour, soirée
Commentaires
Voilà au moins un amour qui ne fera pas trop souffrir ! ;-)
Ecrit par : Cigale | 02.07.2008
On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans
Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
On va sous les tilleuls verts de la promenade.
(A.R.)
Chapeau bas pour l'imparfait du subjonctif ! :-)
Ecrit par : Jean-Pierre | 02.07.2008
> Cigale : oui, cela évite bien des soucis !
> jean-Pierre : Je vais vous avouer une chose; à la lecture de votre commentaire, je suis retournée lire mon texte afin de trouver ce foutu imparfait du subjonctif !
voilà que je maîtrise l'imparfait du subjonctif sans en faire exprès, sans même m'en rendre compte. c'est devenu inné ! Mazette !!!
Ecrit par : Louise | 02.07.2008
Et moi qui croyais reconnaître Alex dans les traits de ce charmant brun ténébreux.. ;)
Ecrit par : Oopsgal | 02.07.2008
< Oopsgal : il râle depuis !
Ecrit par : Louise | 02.07.2008
Pff c'est tristoune t'as oublié : ils se marrièrent et eurent beaucoup d'enfants !!!
Ecrit par : risette | 02.07.2008
C'est beauuuuuuu !!!
Mais ce n'est pas crédible.
On ne tombe pas amoureux d'une allure ou d'une attitude. Sans même que les regards se croisent ni qu'une parole soit échangée. Sinon, je tomberais amoureux cinq fois par jour.
C'est étonnant comme la mémoire humaine est capable d'enjoliver et de broder des histoires à partir de trois fois rien. Ceci dit, tu racontes bien.
Ecrit par : monsieur plus | 02.07.2008
Moi aussi je vais citer de la poésie...
A une passante - C. Baudelaire
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !
La version masculine de ton texte.
Amis poètes, bonsoir.
Ecrit par : Gwen | 02.07.2008
On remarquera l'imparfait du subjonctif !
Ecrit par : Gwen | 02.07.2008
"L'instand était rare et précieux pour ne pas le gâter "
Cette phrase résume si bien ce sentiment , il ne faut pas jouer avec le feu , garder le souvenir parfois , j'adore cette déscription, il y dégage quelque chose qui me touche beaucoup ,ces premières attirances , amoureuse , allumée par une braise , souvent le souvenir suffit pour que la flamme dure ..
belle plume Louise
Ecrit par : Jeanne | 02.07.2008
> risette : comment veux-tu qu'ils aient eu des enfants sans se connaître charnellement ? Elle ne s'appelle pas marie cette fille, voyons, risette !!!
> Monsieur+ : une nouvelle, ce n'est pas un souvenir. une nouvelle n'a pas besoin d'être réelle. C'est juste une petite histoire en quelques mots, c'est tout.
En revanche, je crois qu'à 16 ans on est capable de tomber amoureux sans rien connaître de la personne ... Tu n'as jamais été amoureux quand tu étais adolescent ?
> Gwen : tu crois que j'ai l'âme d'un poête, hein, dis ?
Comme il est beau ton imparfait du subjonctif !!!
Ecrit par : Louise | 02.07.2008
> jeanne : heu, je ne sais pas quoi te répondre. Juste merci.
Ecrit par : Louise | 02.07.2008
C'était vraiment un soirée pénible emplie de jeunes ados pré-pubères dansant comme des écervelés sur une musique pseudo branchée techno de daube.
Les garçons et les filles riaient comme des mouettes en rut et la musique était pitoyable.
Je pensais noyer mon ennui dans l'alcool ou dans la bouffe mais il n'y avait rien à boir à part du Cacolac et des Curly ...
Je trouvais vraiment le temps long accoudé à un manteau de cheminée rococo quand soudain j'aperçu la sortie : la porte du salon qui avait été camouflé par une petite brunette essouflée et un éclairage passablement exécrable ...
Je me faufilais discrètement et m'excusais auprès de la jeune fille qui semblait tellement épuisée d'avoir danser, qu'elle ne daigna même pas bouger au moment de mon passage.
Je la retenais de la main croyant qu'elle allait s'évanouir sur place !
Promis juré, c'était la dernière fois que j'accompagnais mon petit frère dans ces fêtes de gamins !
Ecrit par : Ultimo | 02.07.2008
Comme quoi, suivant le point de vue, l'histoire est romantique ou affreusement banale. Bel exercice Ultimo.
Ecrit par : monsieur plus | 02.07.2008
< Ultimo : impossible que ce soit toi, il avait des cheveux lui !
excellent !!!!
Ecrit par : Louise | 02.07.2008
ils sont courts en ce moment mes cheveux c'est plus rapide en sortant de la douche...mais je les ai eu jusqu'aux coudes à un moment donné ... peut-être un jour des photos si vous êtes sages !!!!
En fait, des ex-ami(e)s ( nan j'rigole mais je vous aurai au tournant quand même ) en ont balancé plein sur Fessesbook mais vu que c'est sur mon vrai nom ... je ne le balancerai pas ... enfin pas tout de suite ...
Ecrit par : Ultimo | 02.07.2008
< ultimo : maintenant, tu es obligé de mettre des photos avant ET après sur ton blog !!!! on veut voir nous, parce qu'on le vaut bien ...
Ecrit par : Louise | 02.07.2008
Si l'histoire est autobiographique, je comprends pourquoi Alex fait la tête !!!
Ecrit par : Ju' | 02.07.2008
< Ju' : si c'était autobiographique, il y aurait quand même prescription au bout de vingt ans, non ?
Et puis j'ai échangé mes miasmes avec tous mes amoureux !!!
Ecrit par : Louise | 02.07.2008
"une nouvelle, ce n'est pas un souvenir. une nouvelle n'a pas besoin d'être réelle. C'est juste une petite histoire en quelques mots, c'est tout.": Ca c'est ce que tu réponds dans un comment, alors pourquoi moi tu me dis qu'il ne peut pas y avoir une fin : ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants ???
Sniff, c'était ça mes contes à moi... marie+Joseph=jésus...
Mais depuis que j'ai lu la réponse d'Ultimo, je comprends mieux, Louise la fin de cette terrible histoire...
ceci-dit, un peu de sérieux, je rejoins Jeanne, très belle plume entre ton érudition d'hier et ta plume d'aujourd'hui, sincérement : chapeau !
Ecrit par : risette | 02.07.2008
< risette : heu merci beaucoup.
En fait ce blog me sert à écrire des conneries ... mais pas que !
J'écris ce qui me fait plaisir. Et comme j'aime écrire des textes parfois plus sérieux ...
Sauf qu'ultimo vient foutre le merdier chez moi avec ses c******** !!!!!! Et de quoi j'ai l'air moi après, hein ?
Ecrit par : Louise | 02.07.2008
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